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Perspectives climatiques en Afrique: Cotonou abrite un forum continental

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Georges Alé, ministre en charge du Cadre de vie et des Transports a présidé l’ouverture des travaux Georges Alé, ministre en charge du Cadre de vie et des Transports a présidé l’ouverture des travaux

Réunis à Cotonou dans le cadre de plusieurs rencontres consacrées au climat et aux services météorologiques, experts, décideurs et utilisateurs des données climatiques réfléchissent aux moyens de rendre les prévisions plus accessibles et surtout plus utiles à la prise de décision.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 11 sept. 2026 à 07h49 Durée 3 min.
#Perspectives climatiques

La communauté météorologique africaine est réunie à Cotonou autour d’un même impératif à savoir, mieux anticiper les effets des phénomènes climatiques extrêmes. Du 8 au 11 septembre 2026, la capitale économique accueille notamment la 22e édition du Forum continental africain sur les perspectives climatiques (Accof 22), ainsi que des travaux liés à l’Acmad et au programme ClimSA. Georges Alé, ministre en charge du Cadre de vie et des Transports, a présidé l’ouverture des travaux, ce jeudi 10 septembre. Au cœur des échanges figure la nécessité de passer d’une gestion essentiellement réactive des catastrophes à une démarche fondée sur l’anticipation. Le thème retenu pour l’Accof 22 porte ainsi sur le renforcement des plateformes d’interface avec les utilisateurs, afin d’améliorer la préparation face au phénomène El Niño annoncé pour 2026-2027. Pour les participants, la qualité d’une prévision ne se mesure plus uniquement à sa performance scientifique, mais aussi à sa capacité à parvenir à temps à ceux qui doivent agir.

Des prévisions pour décider

Pour le ministre Georges Alé, les données météorologiques et climatiques sont désormais étroitement liées aux politiques de développement. Agriculture, gestion de l’eau, santé, transports, infrastructures et protection civile sont directement concernés par l’évolution du climat et la multiplication des événements extrêmes. Sécheresses, inondations, vagues de chaleur, pluies intenses ou encore érosion côtière imposent aux Etats africains de renforcer leur capacité d’anticipation. L’enjeu consiste donc à rapprocher les producteurs de données de leurs utilisateurs. Les agriculteurs ont besoin de savoir quand programmer leurs activités, les gestionnaires de l’eau doivent pouvoir anticiper les périodes de déficit hydrique et les services de protection civile disposer d’informations suffisamment précises pour renforcer les dispositifs d’alerte. La même exigence vaut pour les secteurs de la santé, de l’énergie et des infrastructures. A en croire Dr Ousmane Ndiaye, directeur général de l’Acmad, les prévisions doivent être présentées dans un langage compréhensible et diffusées par des canaux accessibles. Il ne suffit plus d’annoncer un risque météorologique; il faut également indiquer les mesures à prendre pour en limiter les conséquences. Les travaux de Cotonou réunissent ainsi prévisionnistes, chercheurs, représentants des secteurs utilisateurs et médias autour de cette problématique.

Météo-Bénin mise sur l’accessibilité

Le Bénin entend tirer profit de ces échanges pour améliorer davantage la diffusion de l’information météorologique. Didier Kakpa, directeur général de Météo-Bénin, annonce notamment une réflexion sur l’élaboration de lexiques permettant de rendre les prévisions accessibles dans les principales langues parlées au Bénin. Une phase pilote devrait permettre d’identifier les langues prioritaires. Cette orientation répond à une difficulté bien identifiée. Une information techniquement exacte peut perdre une grande partie de son utilité si elle n’est pas comprise par ceux auxquels elle est destinée. Météo-Bénin travaille également à renforcer son dispositif numérique afin que les prévisions concernant les différentes localités du pays soient mieux accessibles aux populations. Le partenariat avec les radios communautaires constitue un autre levier pour rapprocher l’information climatique des usagers.

Au-delà de l’Accof 22, les travaux de Cotonou intéressent directement l’avenir de l’Acmad. Dr Aïssata Sita, présidente par intérim de son Conseil d’administration, a appelé à renforcer la gouvernance, la soutenabilité financière et les capacités scientifiques et technologiques du centre. Elle a notamment évoqué les possibilités offertes par l’intelligence artificielle, le big data, le calcul de haute performance, l’observation satellitaire et les nouveaux modèles numériques de prévision. L’objectif affiché est de faire de l’Acmad un véritable pôle africain d’excellence capable de transformer les données météorologiques en informations exploitables, puis en décisions. Cela suppose aussi de renforcer les compétences dans des domaines tels que la climatologie, la science des données, l’intelligence artificielle, la télédétection, l’hydrologie et les services climatiques.

La rencontre de Cotonou apparaît ainsi comme une étape dans la construction d’une capacité africaine plus intégrée d’anticipation des risques climatiques. Les phénomènes extrêmes ne connaissant pas de frontières, les participants plaident pour davantage de partage des données, d’harmonisation des prévisions et de coopération entre les services météorologiques nationaux, l’Acmad, les centres climatiques régionaux, l’Organisation météorologique mondiale et la Commission de l’Union africaine.

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