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Santé sexuelle et reproductive: L'Afrique harmonise ses politiques à Cotonou

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Les participants échangent sur l’harmonisation des politiques et mécanismes de  financement en santé sexuelle et reproductive en Afrique Les participants échangent sur l’harmonisation des politiques et mécanismes de financement en santé sexuelle et reproductive en Afrique

Experts, responsables de santé publique et partenaires techniques de trente pays africains sont réunis à Cotonou du 29 au 31 juillet pour valider l'évaluation continentale des politiques, stratégies et mécanismes de financement en santé sexuelle et reproductive.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 30 juil. 2026 à 07h24 Durée 3 min.
#Santé sexuelle et reproductive

Disposer de données fiables afin d'orienter les décisions politiques et les investissements destinés à améliorer la santé des femmes, des enfants et des adolescents en Afrique. Tel est l’objectif du rendez-vous continental consacré à la santé sexuelle et reproductive, qui se tient du 29 au 31 juillet à Cotonou. Organisée avec l'appui des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa Cdc), de la Commission de l'Union africaine, de l'Organisation mondiale de la Santé (Oms), de l'Unicef et de l'Unfpa, cette réunion régionale vise à valider et diffuser les résultats d'une évaluation rapide menée dans les États membres de l'Union africaine sur les politiques, stratégies et cadres de financement consacrés à la santé sexuelle et reproductive. A l’ouverture des travaux, Enagnon Pétas Akogbéto, directeur de cabinet représentant le ministre de la Santé, a indiqué que la fragmentation des systèmes de santé, l'insuffisance des mécanismes de financement durable et le déficit de coordination entre les acteurs demeurent des obstacles majeurs à l'amélioration des performances sanitaires sur le continent. Il a rappelé que le Bénin a inscrit la santé sexuelle et reproductive, le financement de la santé et le renforcement du système sanitaire parmi les priorités de son Plan national de développement sanitaire 2026-2030. Pour Enagnon Pétas

Akogbéto, l'exercice engagé à Cotonou devra permettre d'examiner les politiques nationales de 53 des 55 États membres de l'Union africaine, d'évaluer leur niveau d'alignement avec les engagements continentaux, d'analyser les dispositifs de financement existants et d'identifier les principales lacunes ainsi que les bonnes pratiques. Les recommandations attendues serviront à orienter les futurs dialogues politiques et les investissements en faveur de la santé sexuelle et reproductive sur le continent.

La stratégie dite des « Trois Zéros »

Dr Ahmad Makuwani, représentant de la Présidente de la République Unie de Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, désignée Championne de l'Union africaine pour la santé de la mère et de l'enfant, a rappelé que son action repose sur la stratégie dite des « Trois Zéros » à savoir zéro accouchement à domicile non assisté, zéro décès maternel et néonatal évitable et zéro enfant non vacciné. Pour le représentant de la Championne de l'Union africaine, les données produites au cours de cette évaluation devront permettre de mesurer les progrès accomplis et d'orienter les interventions vers les domaines où les besoins demeurent les plus importants. Il a salué les avancées déjà enregistrées depuis les premiers ateliers organisés à Nairobi, précisant que 53 des 55 États membres participent désormais au processus d'évaluation continentale. En Afrique de l'Ouest et centrale, douze des seize pays concernés ont déjà validé leurs bases de données, tandis que plusieurs autres finalisent actuellement leurs travaux. Dr Ahmad Makuwani a insisté sur la nécessité de renforcer les systèmes nationaux d'information sanitaire afin que les États puissent eux-mêmes assurer le suivi de leurs performances, sans multiplier les mécanismes parallèles de collecte des données. Pour lui, les travaux de Cotonou doivent permettre de finaliser la première évaluation continentale des politiques et mécanismes de financement en matière de santé sexuelle et reproductive. Le rapport qui en découlera sera présenté au sommet de l'Union africaine prévu en février 2027 à Addis-Abeba et servira de référence pour les futures décisions continentales.

Faire de la souveraineté sanitaire une réalité africaine

Dr Kokou Nouwame Alinon, directeur régional Afrique de l'Ouest d'Africa Cdc, a replacé cette rencontre dans le cadre du nouvel agenda africain pour la sécurité et la souveraineté sanitaires adopté par les chefs d'État de l'Union africaine en février dernier à Addis-Abeba. Selon lui, cet agenda marque une évolution majeure en faisant passer le continent d'une logique de dépendance à une dynamique d'appropriation des politiques de santé par les États africains eux-mêmes. Il s'agit désormais de bâtir des systèmes de santé intégrés, résilients et largement financés par les ressources nationales. Dr Kokou Nouwame Alinon a rappelé que l'Afrique subsaharienne concentre encore près de sept décès maternels sur dix enregistrés dans le monde, tandis qu'une proportion importante des décès néonatals survient également sur le continent. Ces statistiques, a-t-il indiqué, illustrent l'urgence de renforcer les investissements dans les soins de santé primaires, la santé communautaire ainsi que la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile. Pour Dr Kokou Nouwame Alinon, la souveraineté sanitaire ne peut être atteinte que si les gouvernements prennent pleinement en charge la planification, le financement et l'évaluation de leurs politiques de santé. Il a ainsi invité les délégations à examiner avec rigueur les résultats de l'évaluation, à partager les expériences nationales et à adopter des recommandations réalistes susceptibles d'améliorer durablement les systèmes sanitaires.

Le directeur régional a également insisté sur l'intérêt économique des investissements dans la santé reproductive. Chaque ressource mobilisée au profit des femmes, des adolescentes et des nouveau-nés, a-t-il rappelé, produit des retombées importantes sur le développement humain, la croissance économique et la résilience des sociétés africaines. Au-delà de la validation technique des données, les participants entendent jeter les bases de politiques publiques davantage fondées sur les preuves, capables de réduire durablement la mortalité maternelle et néonatale et d'améliorer l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive.