La Nation Bénin...
La cité historique d'Abomey
abrite du 19 au 22 octobre 2026, des réflexions sur la réforme du système de
recrutement des agents de l'État. Cet atelier organisé avec l'appui de la
Banque mondiale et du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud)
vise à dessiner une fonction publique de mérite et de haute performance.
La ville d'Abomey est devenue
depuis hier le centre d'une réflexion stratégique sur le recrutement dans
l'administration publique. Les travaux de quatre jours s'articulent autour de
trois thématiques à savoir le cadre stratégique, juridique et institutionnel ;
la transformation numérique et l'innovation et enfin la dernière thématique
consacrée au financement, à la conduite du changement et à la feuille de route.
Initiative du ministère de l'Économie et des Finances chargé de la Fonction
publique, cette rencontre des cadres de plusieurs ministères sectoriels et des
consultants est organisée par un comité placé sous l'égide de Cossi Eric
Aïnamon, le secrétaire général du Mef. Eric Aïnamon a présenté l'enjeu de
l'atelier comme une exigence républicaine pour optimiser et sécuriser le
système de recrutement en vue de « bâtir une administration moderne,
transparente, équitable et performante ». Selon lui, il est question pour les
participants de diagnostiquer « sans complaisance » le mécanisme existant,
d'identifier les blocages et de proposer des réformes innovantes.
Mérite et haute performance
La cérémonie de lancement des
travaux a enregistré la participation du préfet du Zou. Opérateur économique
dans une vie antérieure, le préfet a justifié sa présence par son intérêt pour
les expériences qui se partageront sur la modernisation de l'administration.
Fustigeant le laxisme et la qualité du personnel constaté sur le terrain après
sa prise de fonction à la tête de la préfecture d'Abomey, il a déploré que
certains agents, une fois l'emploi obtenu, manquent de conscience
professionnelle. Contrairement au privé où seuls comptent les résultats et où
le licenciement peut intervenir à tout moment, dit-il, l'administration
publique tolère trop ces manquements. Il a donc appelé à mettre un accent
particulier, au cours des travaux, sur la qualité des ressources humaines et la
refonte du système de recrutement.
Le top départ des travaux a
été donné, au nom du ministre de l'Économie et des Finances chargé de la
Fonction publique, par Victorin Honvoh, le directeur de cabinet du ministre. A
l'occasion, il a rappelé que le recrutement s'est appuyé pendant des décennies
sur le concours classique, garant des principes d'égalité, de transparence et
de mérite. Mais, il a confirmé par la suite que les mutations de
l'environnement administratif, économique et technologique imposent de repenser
le modèle. Il a fait allusion notamment à la transformation numérique, à
l'émergence de nouvelles compétences, à la concurrence du privé, et au «
vieillissement de certains corps ». Il a poursuivi qu'il faut désormais passer
d'une simple logique de concours à un système intégré de gestion prévisionnelle
pluriannuelle des emplois et des compétences. Un nouveau modèle capable
d'anticiper les besoins réels des administrations, de simplifier les
procédures, de réduire les coûts et les délais. Dans cette logique, il a invité
les participants à formuler des propositions concrètes, audacieuses et
réalistes, sans tabou, pour « dessiner une fonction publique de mérite,
d'équité et de haute performance ».
Recrutement des agents de l'État