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La biodiversité est le fondement de la vie sur Terre. Sa préservation est essentielle à la santé de notre planète, à la résilience de nos économies et au bien-être de tous. Elle exige désormais des progrès concrets plutôt que de nouvelles promesses. Dans cette perspective, la Cop17 sur la biodiversité, organisée en Arménie, a abouti, dans la nuit du 30 au 31 octobre 2026, à des accords sur plusieurs textes majeurs, au terme de deux semaines de négociations intenses qui ont également révélé des divergences persistantes.
La Convention des Nations Unies sur la diversité biologique est une convention-cadre dont le contenu dégage des principes généraux sur l’utilisation durable de la biodiversité, sa conservation ainsi que l’accès aux ressources génétiques. Afin d’appliquer la Convention sur cet enjeu transfrontière, global et transversal, les États se réunissent au sein de leur Conférence des Parties pour adopter des plans stratégiques et des actions concertées.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’Accord sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, désigné par son acronyme anglais BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction). Entré en vigueur le 17 janvier 2026, cet instrument juridiquement contraignant constitue une avancée historique pour la protection de la biodiversité des espaces marins situés au-delà des juridictions nationales. La Chine propose d’accueillir son Secrétariat à Xiamen, dans la province du Fujian, ce qui témoigne de la responsabilité d’un grand pays en développement.
Xiamen a acquis une reconnaissance internationale pour ses efforts en faveur de la biodiversité et la promotion d’un modèle urbain respectueux de la nature. La réhabilitation écologique du lac Yundang, autrefois fortement pollué, ainsi que la protection de ses baies, de ses littoraux et de ses écosystèmes marins illustrent cette démarche. Cette expérience constitue un exemple intéressant pour les pays en développement confrontés à la nécessité de concilier croissance économique et préservation de l’environnement.
La Chine possède une civilisation maritime ancienne et profonde. Il y a plus de 600 ans déjà, le navigateur chinois Zheng He a effectué sept longs voyages maritimes vers l’Occident, faisant de l’océan un vecteur de la promotion des relations amicales entre les différents pays. Aujourd’hui, la Chine s’engage à promouvoir une modernisation caractérisée par une coexistence harmonieuse entre l’humanité et la nature, en accordant une importance égale à la protection et à l’exploitation durable des océans, et en œuvrant à la construction d’une communauté de toutes les vies sur la Terre.
La Chine a à la fois la volonté et la capacité d’apporter de nouvelles contributions à la gouvernance marine mondiale. Elle est disposée à collaborer avec toutes les parties pour promouvoir la mise en œuvre intégrale et effective de l’Accord BBNJ et construire ensemble une gouvernance marine mondiale plus juste et plus raisonnable. Il s’agit pour la Chine de valoriser, conserver, restaurer et utiliser avec sagesse la biodiversité, pour encourager la mobilisation de tous les acteurs et toutes les parties prenantes et appuyer l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre mondial de la biodiversité ambitieux et réaliste.
Le 23 septembre 2020, le magazine britannique « Nature » a publié un éditorial déclarant que la Chine jouait un rôle clé dans la gouvernance mondiale de la biodiversité et que les scientifiques chinois avaient une expérience précieuse digne d’être écoutée par le monde. En effet, les scientifiques chinois avaient toujours été au cœur de la protection écologique et du développement économique de la Chine. Les expériences qu’ils ont accumulées au cours des décennies peuvent offrir d’importantes opportunités aux autres pays qui suivront leurs exemples, pour sauvegarder la biodiversité et protéger les écosystèmes.
L’Initiative chinoise « La Ceinture et la Route » comporte également des mesures actives de protection écologique. Le Plan de coopération pour la protection de l’environnement écologique de « La Ceinture et la Route », publié en mai 2017, est un autre exemple de la pratique chinoise du concept de développement vert.
La Chine défend une approche qui vise à concilier l’utilisation des ressources marines et la préservation des écosystèmes. À Xiamen, cette vision s’est traduite par des politiques menées sur plusieurs décennies. Le dauphin blanc de Chine, espèce protégée de première catégorie et indicateur de la qualité du milieu marin, en est l’emblème. Xiamen a été la première ville chinoise à adopter une législation pour sa protection et a pris l’initiative d’élaborer un plan d’action national. Aujourd’hui, sa population locale reste stable, avec une structure d’âge équilibrée, tandis que son habitat s’est amélioré.
Pour accueillir le Secrétariat du BBNJ, la Chine propose d’accueillir le siège dans un bâtiment de bureaux moderne de 15 étages, complété par deux villas premium, tout en facilitant les procédures de visa et en accordant les privilèges diplomatiques nécessaires à l’institution. Sur le plan financier, Pékin s’engage à fournir un appui financier substantiel pour couvrir l’installation du Secrétariat. La Chine met en avant qu’accueillir le Secrétariat en Asie permettra de renforcer la représentation et l’influence des pays en développement et du Sud global dans la gouvernance des océans, en finançant notamment la participation de ces nations aux travaux de l’accord. Cet argument a d’ailleurs reçu le soutien affiché de certains dirigeants africains. Selon la Chine, installer le secrétariat à Xiamen favoriserait un système de gouvernance « plus juste, plus équilibré et plus inclusif », où l’Asie-Pacifique et le Sud global seraient davantage représentés.
La ville de Xiamen met en avant ses atouts : 265 kilomètres de côtes, une réserve naturelle nationale de plus de 70 kilomètres carrés consacrée à des espèces marines rares, près de 5 000 chercheurs dans le domaine maritime et 30 plateformes scientifiques et technologiques liées à l’océan.
Mais l’enjeu ne se limite pas au lieu d’implantation. L’accord BBNJ prévoit le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines, des domaines où de nombreux petits États insulaires et pays les moins avancés manquent encore de moyens. Dans le cadre de sa candidature, la Chine s’est engagée à fournir des locaux et un soutien financier pour faciliter leur participation. L’objectif est de faire de l’équité un principe concret : permettre à tous les pays, y compris ceux disposant de capacités limitées, de contribuer aux décisions et aux évaluations scientifiques.
C’est pourquoi, le 25 mars 2026, Wang Yi, ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, a prononcé une allocution par visioconférence lors de la troisième réunion du comité préparatoire de la Conférence des Parties à l’Accord sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales (Accord BBNJ). Selon M. Wang Yi, l’Accord BBNJ marquait le succès du multilatéralisme et constituait également une étape importante dans la gouvernance marine mondiale. La mise en œuvre intégrale et effective de l’Accord BBNJ revêt une importance vitale pour le bien-être commun de toute l’humanité. La Chine est un fervent partisan, défenseur et bâtisseur des Nations Unies.
Maître de conférences, Agrégé des facultés de droit du CAMES
Doyen de la Faculté de droit et de science politique de l’Université de Parakou, Bénin
À Xiamen, cette vision s’est traduite par des politiques menées sur plusieurs décennies