La Nation Bénin...
Gianni Infantino a ouvert des discussions avec des investisseurs pour céder des parts de la FIFA à des sociétés financières. Les fédérations européennes de l’UEFA convoquent une réunion d’urgence cette semaine et évoquent déjà un boycott de la Coupe du monde si le projet va jusqu’au bout.
La FIFA est au bord d’une crise politique majeure suite à l’initiative de son président de vendre des parts de l’institution. Selon plusieurs sources proches du dossier, Gianni Infantino a rencontré ces derniers jours des investisseurs potentiels pour discuter d’un accord relatif à l’entrée au capital de la FIFA de sociétés issues du monde de la finance. L’objectif est de renflouer les caisses et d’accélérer la commercialisation des compétitions. Le montant et le périmètre exacts restent flous, mais l’idée de « vendre des parts de la FIFA » suffit à mettre le feu aux poudres.
Du côté de l’Europe, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les 55 fédérations membres de l’UEFA tiendront une réunion d’urgence cette semaine. Au menu, une seule question : que faire si la FIFA concrétise la vente ? Et la réponse la plus radicale circule déjà dans les couloirs. Il s’agira de boycotter la prochaine Coupe du monde en 2030.
Pour les dirigeants européens, le problème n’est pas seulement financier. Céder des parts à des fonds d’investissement reviendrait, selon eux, à diluer la gouvernance du football mondial et à donner un droit de regard à des acteurs privés sur les décisions sportives et éthiques de l’instance. Plusieurs présidents de fédérations jugent le projet « inacceptable » et « contraire à l’esprit du sport ».
La menace d’un boycott européen pèserait lourd. Sans les sélections du Vieux Continent, la Coupe du monde perdrait une grande partie de son audience, de ses sponsors et de sa légitimité sportive. La FIFA le sait. C’est pourquoi la réunion de l’UEFA est scrutée de près à Zurich.
Infantino, lui, défend depuis son arrivée une FIFA plus rentable et plus globale. Mais cette fois, il heurte de front ses principaux pourvoyeurs de revenus et de prestige. Entre impératif économique et souveraineté du football, le bras de fer ne fait que commencer.
La balle est désormais dans le camp de la FIFA. Si aucun compromis n’est trouvé d’ici la fin de la semaine, l’Europe pourrait passer des mots aux actes et rebattre complètement les cartes du Mondial.