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Journée mondiale de la population : Les jeunes prennent la parole pour construire leur avenir

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À l'occasion de la Journée mondiale de la population (Jmp), l'Unfpa et le gouvernement béninois ont organisé des échanges à bâtons rompus dénommés "Atchakpodji", un espace de dialogue à cœur ouvert entre jeunes, décideurs et partenaires du développement, ce vendredi 10 juillet à Aplahoué. Emploi, mariage, santé sexuelle et reproductive, violences basées sur le genre ou encore aspirations pour l'avenir étaient au cœur des préoccupations.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 11 juil. 2026 à 14h44 Durée 3 min.
#Journée Mondiale de la population

« Atchakpodji », une séance d'échanges à bâtons rompus organisée en marge des manifestations officielles de la Journée mondiale de la population, a permis à plusieurs dizaines de jeunes de partager leurs rêves, leurs inquiétudes et leurs attentes à la préfecture du département du Couffo, précisément dans la commune d’Aplahoué. Placée sous le thème « Concrétiser les espoirs et les aspirations des jeunes aujourd'hui et pour l'avenir », cette édition 2026 de la Journée mondiale de la population a voulu placer les jeunes au centre des réflexions sur les politiques de développement. Organisée par le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), en collaboration avec la Direction générale des politiques de développement (Dgpd), cette rencontre a permis d'aborder des sujets souvent difficiles mais essentiels, notamment la santé sexuelle et reproductive. Les échanges ont porté sur l'accès à la planification familiale, les méthodes contraceptives, la prévention des grossesses précoces ou non désirées, ainsi que la lutte contre les décès maternels évitables.

 


« Toute famille qui souhaite espacer les naissances doit pouvoir disposer des moyens nécessaires », ont rappelé les responsables de l'Unfpa. S'agissant des jeunes, l'accent a été mis sur l'information et l'accès aux méthodes contraceptives afin de prévenir les grossesses précoces, tout en renforçant la sensibilisation sur les droits sexuels et reproductifs. Les participants ont également été sensibilisés aux violences basées sur le genre et aux pratiques néfastes telles que les mariages d'enfants ou les mutilations génitales féminines, toujours combattues par les pouvoirs publics et leurs partenaires.


Une jeunesse ambitieuse

 

Au-delà des questions de santé, cet Atchakpodji a surtout offert aux jeunes l'occasion d'exprimer leur vision de l'avenir. Pour Honoré Gblégbahoun, accompagnateur d'associations de jeunes en leadership stratégique et gouvernance, cette rencontre répond à une nécessité : celle d’écouter les aspirations réelles de la jeunesse. « Nous avons mobilisé les jeunes à travers les associations. Ceux qui sont ici sont venus volontairement parce qu'ils ont trouvé cette initiative intéressante », explique-t-il. Interrogé sur sa projection dans les dix prochaines années, il affiche de grandes ambitions : « Je me vois dans un jeune couple modèle et je me vois conseiller des chefs d'État. » Même enthousiasme chez Stéphanie Yovoga, étudiante en troisième année d'administration générale et territoriale à l'École nationale d'administration (Ena). Venue participer aux échanges, elle estime que cette initiative répond à un véritable besoin. « Participer à des échanges qui portent sur nos espoirs, nos convictions et nos ambitions est une très bonne expérience », confie-t-elle.

 

Au cours des discussions, elle a évoqué les nombreux obstacles qui freinent encore les projets de mariage des jeunes : les contraintes familiales, les pesanteurs culturelles et les difficultés économiques. Pour Mariamar Conon, chargée de la mobilisation et de l'engagement des jeunes à l'Unfpa-Bénin, ces échanges permettent de dépasser les clichés souvent associés à la jeunesse. « On constate que beaucoup de jeunes souhaitent construire une famille, mais repoussent cette décision en raison du manque d'emploi, des difficultés financières ou encore des contraintes sociales », analyse-t-elle. À l’en croire, les préoccupations exprimées au cours de cette séance constituent une source d'informations précieuse pour adapter les politiques publiques aux réalités vécues par les jeunes. La rencontre s'est achevée par une visite des stands des institutions publiques, des organisations de jeunesse et des partenaires intervenant dans les domaines de la santé sexuelle et reproductive, de l'entrepreneuriat et de l'emploi.