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Intelligence artificielle : 150 personnalités appellent au boycott des outils grand public

Société

Un collectif de 150 personnalités issues des milieux artistique, littéraire, scientifique et politique appelle à un boycott de l'intelligence artificielle (IA) générative grand public. Dans une tribune publiée le 18 juin dans le quotidien Le Monde, les signataires dénoncent les conséquences environnementales et sociétales de cette technologie en pleine expansion.

Par   Isidore GOZO, le 19 juin 2026 à 08h52 Durée 2 min.
#Intelligence artificielle

Parmi les auteurs de cet appel figurent notamment les écrivains Annie Ernaux, Hervé Le Tellier, Pierre Michon et Abel Quentin, l'ancienne ministre française de la Culture Françoise Nyssen, les dessinateurs Jul et Enki Bilal, ainsi que le biologiste Marc-André Selosse.

Les signataires estiment que les risques liés à l'IA générative ne relèvent pas d'une crainte marginale, mais constituent une véritable préoccupation de société. Ils dénoncent un modèle technologique qui, selon eux, favorise progressivement la « marginalisation de l'être humain » au profit des machines.

« Sans attendre que le législateur bâtisse des digues, nous appelons au boycott de l'IA générative tous ceux qui ne sont pas contraints à l'utiliser », écrivent-ils dans leur tribune, publiée alors que les questions liées à l'IA ont occupé une place importante lors du sommet du G7 et du salon VivaTech cette semaine.

Le collectif affirme que, malgré l'adoption croissante de ces outils, une partie importante de la population demeure préoccupée par leurs effets. Cette inquiétude est particulièrement forte concernant les jeunes utilisateurs. Les auteurs du texte estiment qu'un usage intensif des agents conversationnels et autres systèmes d'IA pourrait affaiblir certaines capacités cognitives et favoriser des formes de dépendance émotionnelle.

Les signataires s'alarment également des conséquences environnementales de cette révolution technologique. Selon eux, les investissements massifs consacrés à la construction de centres de données nécessaires au fonctionnement de l'IA vont à l'encontre des efforts de lutte contre le changement climatique.

Cet appel intervient alors que l'utilisation des outils d'IA générative connaît une progression rapide en France. D'après un baromètre publié récemment par l'Arcom, le régulateur français du numérique, les services tels que ChatGPT séduisent un nombre croissant d'utilisateurs, en particulier les jeunes âgés de 15 à 24 ans.