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L'Agence des systèmes d'information et du numérique (Asin) a lancé une nouvelle session de formation certifiante au profit de 25 Responsables de sécurité des systèmes d'information (Rssi), ce lundi 3 août à Cotonou.
La sécurisation du cyberespace national passe désormais par des compétences hautement qualifiées. C'est dans cette logique que l'Agence des systèmes d'information et du numérique (Asin) a lancé une nouvelle session de formation certifiante destinée à vingt-cinq Responsables de sécurité des systèmes d'information (Rssi). Issus des administrations publiques, des collectivités territoriales, des entreprises publiques ainsi que du secteur privé, les bénéficiaires suivront pendant quatre semaines un parcours intensif articulé autour de deux certifications internationales: Certified Ethical Hacker (Ceh), axée sur la sécurité opérationnelle, et ISO 27001, consacrée à la gouvernance des risques et à la conformité des systèmes d'information. Au-delà de la montée en compétences, cette initiative s'inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de sécurité numérique et de la Politique de sécurité des systèmes d'information de l'État (Pssie), deux instruments appelés à renforcer la résilience numérique du Bénin face aux cyberattaques. A l'ouverture de la formation, les participants ont été entretenus sur les différents parcours de certification, les méthodes pédagogiques et les critères d'évaluation. Ils alterneront enseignements théoriques, exercices pratiques et immersion au Cyber Range, le centre national dédié aux simulations de cyberdéfense et de cyberattaque.
Former les acteurs clés de la cybersécurité
Pour Sabin Sogan, responsable du département Confiance et Conformité à l'Asin, le rôle du Rssi a profondément évolué avec la transformation numérique du pays. « Il y a quelques années encore, cette fonction était peu connue et souvent réduite à la gestion des antivirus ou des pare-feux. Aujourd'hui, avec la digitalisation des services publics et l'interconnexion croissante des plateformes, le Rssi est devenu un véritable conseiller stratégique », a-t-il expliqué. Pour lui, ces professionnels sont désormais appelés à anticiper les risques, éclairer les décideurs, coordonner la prévention et organiser la réponse aux incidents de sécurité numérique. La sélection des vingt-cinq participants témoigne d'ailleurs du niveau d'exigence du programme. Plus de deux cents candidatures ont été examinées avant de retenir cette nouvelle promotion.
« Vous êtes ici par mérite. Le processus de sélection a été particulièrement rigoureux», a insisté Sabin Sogan devant les futurs certifiés. L'objectif poursuivi par l'Asin est de disposer, d'ici à la fin de l'année 2026, d'un réseau de cent Rssi qualifiés, capables d'accompagner efficacement les organisations publiques et privées dans la sécurisation de leurs systèmes d'information. Avec cette nouvelle cohorte, le Bénin comptera près de quatre-vingt-cinq professionnels déjà formés. Sabin Sogan a également mis en avant l'ouverture progressive du programme. Initialement destiné aux seules structures de l'État, il accueille désormais des représentants des collectivités territoriales, des entreprises publiques, du secteur privé ainsi que des professionnels appelés à exercer prochainement cette fonction. « Cette diversité est une richesse. Elle permettra de diffuser une véritable culture de la cybersécurité dans l'ensemble de l'écosystème numérique béninois », a-t-il souligné. A l’en croire, les enjeux dépassent largement le cadre technique. « Les services publics se digitalisent, les plateformes se multiplient, les données deviennent un actif stratégique et l'intelligence artificielle ouvre de nouveaux risques. Le Rssi doit être capable d'accompagner les dirigeants dans l'évaluation des risques et la mise en œuvre des politiques de sécurité », a-t-il expliqué.
L’écosystème numérique, une force de proposition
Il s'est également réjoui des avancées institutionnelles enregistrées ces derniers mois, notamment l'institution, par décret, de cellules de sécurité des systèmes d'information au sein des ministères, preuve selon lui de l'engagement des autorités en faveur de la cybersécurité nationale. Ouanilo Jérôme Medegan, directeur du Pôle des services numériques à l'Asin, a rappelé que l'Agence ne peut assurer seule la sécurité de l'ensemble des institutions. « Nous avons besoin de partenaires bien formés qui seront, dans leurs institutions respectives, les architectes de la sécurité numérique », a-t-il affirmé. Pour lui, chaque structure doit désormais disposer d'un « champion dédié» entièrement consacré à la cybersécurité. « Si le Rssi continue de gérer les câbles réseau, les imprimantes ou les tâches informatiques ordinaires, la dynamique échouera. Il doit être exclusivement concentré sur la sécurité des systèmes d'information », a-t-il insisté.
Le directeur du Pôle des services numériques a également invité les participants à faire preuve d'engagement tout au long de leur parcours de formation. Au-delà des connaissances techniques, il les a exhortés à développer un esprit d'initiative et à ne pas craindre les examens de certification. « Je préfère voir des candidats qui tentent la certification, même au risque d'échouer, plutôt que des professionnels qui n'osent jamais se confronter à l'évaluation », a-t-il déclaré. Les nouveaux certifiés rejoindront une communauté nationale de Rssi appelée à devenir une véritable force de proposition pour l'écosystème numérique. Pour l'Asin, cette communauté devra contribuer non seulement à la protection des infrastructures critiques, mais également à l'élaboration de solutions innovantes permettant de renforcer durablement la résilience du cyberespace national face à des menaces en constante évolution.
Les responsables de sécurité des systèmes d'information mieux outillés