La Nation Bénin...
Réunis depuis ce jeudi 26 mars dans la ville de Ouidah, auditeurs internes et contrôleurs participent à une session de formation initiée par l’Institut national des auditeurs et contrôleurs du Bénin (Inac). Axée sur l’approche par les risques pour mieux prévenir et détecter la fraude au sein des organisations publiques et privées, la session dure deux jours.
Dans un contexte où la fraude grève silencieusement les performances des entreprises, les professionnels de l’audit interne au Bénin affûtent leurs outils pour mieux anticiper, détecter et contenir les risques. Placée sous le thème «Optimiser l’audit et le contrôle internes par une approche par les risques pour mieux prévenir et détecter la fraude », cette formation de deux jours se veut à la fois pratique et stratégique. Elle intervient dans un contexte où la fraude constitue un risque permanent, aussi bien dans les organisations publiques que privées.
À l’ouverture des travaux, les participants ont été rapidement plongés dans les enjeux liés à la fraude, considérée comme un phénomène récurrent aux conséquences souvent lourdes pour les entreprises. Selon les données évoquées au cours de la session, près de 5 % du chiffre d’affaires des organisations seraient perdus à cause de pratiques frauduleuses. Pour Moussa Diakité, participant à la formation, cette initiative arrive à point nommé. « La fraude est un risque presque permanent dans toutes les entreprises. Cette formation vise à doter les professionnels des outils nécessaires pour prévenir et détecter ces pratiques », a-t-il souligné. Il a également insisté sur l’importance des référentiels internationaux tels que le Coso, mobilisés pour renforcer les capacités des participants, ainsi que sur la nécessité de mettre en place de véritables politiques antifraude au sein des organisations.
Au terme de cette session, les participants devraient être en mesure de mieux comprendre les mécanismes et les typologies de fraude, d’identifier les signaux d’alerte et les vulnérabilités des systèmes, mais aussi de maîtriser les cadres normatifs de l’audit interne, notamment ceux de l’Iia, du Coso et de l’Intosai. L’objectif est également de leur permettre de mettre en œuvre des procédures de contrôle interne efficaces, de conduire des investigations en cas de soupçons de fraude et de produire des rapports de détection pertinents et exploitables. Pour Sarra Moussa, également participante, la qualité de la formation est déjà perceptible dès les premières heures. «Nous venons de terminer une première partie qui s’est avérée très intéressante, tant par la maîtrise du formateur que par la pertinence du thème. Nous avons hâte de poursuivre et d’acquérir davantage de connaissances », a-t-elle confié.
Valeur ajoutée
La présidente de l’Inac, Conchita Miassi, a rappelé le contexte de création de l’institution. Elle a réaffirmé l’ambition de l’organisation qui est de promouvoir la profession d’auditeur interne au Bénin et renforcer les capacités de ses membres afin d’apporter une réelle valeur ajoutée aux entreprises. « Il n’y a pas d’entreprise sans risque. Toute action, comme toute inaction, comporte un risque. Le rôle de l’auditeur interne est justement d’anticiper ces risques et de contribuer à leur prévention», a-t-elle expliqué. Selon elle, la formation constitue le premier rempart contre les risques. «Se former permet de mieux comprendre ce qu’est le risque, de savoir l’identifier, l’évaluer et de formuler des recommandations pertinentes pour limiter son impact », a-t-elle ajouté. Axée sur le lien étroit entre risque et fraude, cette session vise in fine à outiller les participants pour une détection rapide des pratiques frauduleuses. Il s’agit notamment de leur permettre de mettre en place des mécanismes d’alerte efficaces, capables de signaler les anomalies et d’anticiper les dérives. Pour l’Inac, cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large de professionnalisation et de modernisation des fonctions d’audit et de contrôle internes au Bénin. Face à des environnements de plus en plus complexes et exposés, les organisations doivent en effet renforcer leurs dispositifs de gouvernance pour se prémunir contre les pertes financières et les atteintes à leur réputation.
Cette session vise in fine à outiller les participants pour une détection rapide des pratiques frauduleuses