La Nation Bénin...
Le Bénin s’est illustré ces dernières années dans le domaine du social en renforçant plusieurs mesures. Des guichets uniques de protection sociale aux salles de classe où les bourses d'études redonnent espoir aux plus démunis, la Rupture a semé les graines d'un nouveau contrat social au Bénin. Le « Hautement social», promis, a conquis les cœurs.
Ce que beaucoup percevaient au début comme un simple slogan politique s’est imposé in fine comme un véritable contrat social avec le peuple béninois. À mesure que les années s’égrènent, ‘’le hautement social’’ laisse des preuves tangibles en matière d’inclusion sociale et d’égalité des chances. Les dernières dynamiques en disent long sur les aspirations du gouvernement à bâtir une société où chaque citoyen, quels que soient son rang ou son statut social, se sente pris en compte dans le développement. De l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), au déploiement du programme Gbéssoké, en passant par le renforcement du microcrédit Alafia, les réformes au sein des Guichets uniques de protection sociale (Gups), les transferts monétaires conditionnels et l'accélération de l’inclusion financière, le "hautement social" laisse des traces indélébiles à travers des réformes structurelles profondes.
Depuis le second quinquennat de Patrice Talon, et davantage ces trois dernières années, le gouvernement a pris en compte les critiques et attentes des populations béninoises en plaçant l’inclusion et la dignité humaine au centre de ses priorités budgétaires. À travers des allocations record dédiées aux filets sociaux dans les lois de finances successives, l’Exécutif est passé d’une logique de secours ponctuel à un véritable système de protection sociale universelle.
L’une des transformations phares est l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Cette mesure impacte plus d’un million de Béninois identifiés comme pauvres extrêmes, en soutenant la prise en charge médicale gratuite à 100 % des bénéficiaires. Destinée essentiellement aux couches les plus démunies des secteurs de l’agriculture, du commerce, du transport, de l’artisanat, de l’art et de la culture, ainsi qu’aux personnes démunies sans activités, elle regroupe quatre paquets de services, à savoir ‘’l’assurance maladie’’, ‘’la formation’’, ‘’le microcrédit’’ et ‘’l’assurance retraite’’.
Gbéssoké, l’autre nom du social
Lancé pour renforcer les capacités de résilience des populations vulnérables, le programme Gbéssoké est devenu la locomotive des transferts monétaires. En injectant directement des liquidités aux ménages les plus pauvres, l'État stimule non seulement la consommation locale, mais permet surtout d'éviter que les familles retirent leurs enfants de l'école ou sacrifient leurs repas quotidiens. En fait, à travers cette mesure sociale, l’État tente de construire un bouclier contre la précarité. « Ces appuis sont bien plus qu’un simple appui financier : ils constituent un levier de relèvement économique pour des milliers de ménages en situation de pauvreté extrême », assure Mélanie Assogba Adjé, directrice départementale des Affaires sociales et de la Microfinance de l’Atlantique.
En plus de la modernisation des services sociaux, Gbéssoké prévoit la transformation de 85 Centres de promotion sociale (Cps) en 120 Guichets uniques de protection sociale (Gups). La phase pilote, étendue à douze communes, à savoir Cotonou, Sô-Ava, Lokossa, Djakotomey, Adjohoun, Pobè, Za-Kpota, Ouessè, Ouaké, Tanguiéta, Parakou et Ségbana, a permis d’impacter vingt mille six cent vingt-et-un (20 621) bénéficiaires directs, dont dix-sept mille six cent neuf (17 609) femmes (˜ 85 %) et trois mille douze
(3 012) hommes, sur un total de 3,96 milliards de Fcfa injectés. À terme, 150 000 ménages pauvres extrêmes seront touchés sur l’ensemble du territoire national, ainsi que 10 000 ménages victimes de chocs covariants, notamment les inondations, avec un focus sur les femmes, en tant que gestionnaires du bien-être familial. Les cent cinquante mille personnes vont recevoir mensuellement et gratuitement la somme de dix mille Fcfa pendant neuf mois. Cette somme couvre uniquement les assurances alimentaires mensuelles. Aux sixième et neuvième mois, la somme de cinquante mille Fcfa sera versée à chacun d’eux en guise de fonds de commerce.
Gups, au-delà du changement d’appellation
Loin d’être un simple changement d'appellation, les Guichets uniques de protection sociale, autrefois Centres de promotion sociale, sont conçus pour « centraliser toutes les prestations sociales destinées aux populations», explique Mélanie Assogba Adjé, directrice départementale des Affaires sociales et de la Microfinance. Le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance (Masm) la mesure comme un concept de guichet complet. Là où le Centre de promotion sociale (Cps) gérait souvent les urgences sociales au cas par cas, le Gups centralise tous les services : l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), le programme Gbéssoké, les microcrédits et la protection de l'enfant. Avec ces guichets, c’est moins de tracasseries et de casse-tête pour l’usager vulnérable. La finalité, c'est d'avoir tout le paquet de prestations qu'on pourrait offrir à une cible : pièces d’état civil, secours aux victimes de violences basées sur le genre (Vbg), assistance aux démunis…
Anita Aïssi, cheffe Gups d’Allada, considère les Gups comme un complexe qui développe une gamme variée de prestations aux populations. « Outre les missions autrefois dévolues aux Cps, nous offrons aussi l'éducation financière aux femmes », souligne-t-elle. À travers les Gups, le Bénin ne s’est pas seulement contenté d’une réforme technique, il a réhabilité la confiance entre les couches vulnérables et l'administration ‘’sociale’’. Le guichet unique devient le bras armé d'une solidarité qui ne se contente plus d'attendre l'indigent, mais qui va au-devant de ses besoins grâce à une architecture de données intelligentes. En réalité, les Gups permettent de combler les lacunes historiques des Centres de promotion sociale, notamment en trois points. Le premier concerne la digitalisation du ‘’parcours usagers’’, qui sonne le glas des registres papier poussiéreux. L'interconnexion avec le Registre social unique (Rsu) permet à l'agent social de connaître instantanément le profil complet du citoyen. Le 2e volet concerne l'approche intégrée : un seul point d'entrée permet de déclencher plusieurs leviers de protection simultanément, réduisant ainsi les déplacements coûteux pour les populations rurales. Le troisième levier est relatif au monitoring en temps réel. Contrairement aux Cps, les Gups remontent des données en temps réel au niveau central. Cela permet de détecter les zones de rupture (manque de cartes Arch, retards de paiements Gbéssoké) et de faire les réajustements nécessaires.
Quid des cantines scolaires ?
Difficile de passer sous silence le programme des cantines scolaires. Porté par le Programme national d’alimentation scolaire intégré (Pnasi), il est l'un des succès les plus largement reconnus de la politique sociale du gouvernement de la Rupture. Lancé à grande échelle dès 2017 avec l'appui technique du Programme alimentaire mondial (Pam), il a profondément transformé le paysage éducatif et nutritionnel en milieu rural et périurbain. Son objectif est noble : offrir un repas chaud par jour pour retenir les enfants à l'école. Pour le gouvernement, la faim ne doit pas être un frein à la scolarisation des enfants. Ce geste permet de soulager les familles vulnérables. Les évolutions récentes montrent que le taux de couverture des écoles primaires publiques a franchi la barre des 75 %. Le gouvernement projette d’atteindre 100 % en 2026. Plusieurs pays viennent s’inspirer du modèle béninois afin de l’implémenter chez eux. Grâce à la rigueur de gestion, le Bénin est aujourd'hui cité à l'échelle continentale et internationale comme un "pays champion" en matière d'alimentation scolaire, prouvant qu'un investissement massif dans la nutrition des enfants est le levier le plus rentable pour l'avenir du capital humain d'une nation.
Le grand tournant au profit des personnes handicapées
S’agissant du « Hautement social», le grand tournant concernant les personnes handicapées s'est produit en juin 2023 avec l'adoption en Conseil des ministres de cinq décrets d'application clés de la loi de 2017. Cette avancée historique concrétise des droits longtemps restés théoriques. Il s’agit spécifiquement du décret n° 2023-325 relatif à l’emploi et à l’entrepreneuriat. En fait, ce texte prône la discrimination positive à travers des quotas ou des priorités d'embauche instaurés dans les concours de la fonction publique et des incitations prévues pour le secteur privé. Dans le domaine de l’éducation, de la formation et de l’accessibilité, le décret prévoit la prise en charge (totale ou partielle) des frais de scolarité et de formation professionnelle pour les enfants ou adultes handicapés démunis, ainsi que des facilités dans le domaine du transport et des loisirs. Ce registre prend en compte des tarifs préférentiels ou la gratuité dans les transports en commun publics ainsi que dans les centres culturels et de loisirs de l'État. Plusieurs associations de personnes handicapées ont noté avec joie les exonérations douanières et fiscales à travers la suppression des taxes à l'importation, à la fabrication et à la vente des appareillages (fauteuils roulants, prothèses, etc.) et des moyens de transport adaptés au profit des personnes handicapées.
Initiée fin 2024 et largement déployée, la ‘’carte d'égalité des chances’’ permet à ses détenteurs de faire valoir leurs droits et d'accéder prioritairement aux services publics et aux soins. Certains la qualifient de « carte d'identité de la personne handicapée », en ce sens qu’elle permet d'identifier officiellement son titulaire afin de lui ouvrir l'accès à toute une série de mesures de protection et d'avantages préférentiels. La liste des mesures sociales au profit des personnes handicapées n’est pas exhaustive. Au-delà de la scolarisation, les transferts monétaires conditionnels se présentent comme un véritable moyen de rétention des filles à l’école. Promesse faite par le chef de l’État, Patrice Talon, à la faveur de son discours sur l’état de la Nation en décembre 2022, ce dispositif parie sur le maintien des filles dans le système éducatif scolaire et leur achèvement jusqu’en classe de terminale. Grâce à ce mécanisme, la disponibilité de l’argent de poche cesse d’être une question aléatoire. Le véritable défi pour le prochain gouvernement réside dans la pérennisation des financements et le maintien des acquis.
Les actions phares dans le domaine du social ont égayé le cœur des couches vulnérables