La Nation Bénin...
Les effets du changement climatique n’épargnent pas les productions agricoles. Il est dès lors conseillé de recourir aux semences résilientes, qui sont des variétés capables de résister aux stress environnementaux.
La saison agricole s’installe progressivement. Les agriculteurs se préparent donc à mettre en terre les semences après l’entretien des terres, qui passe par le défrichage et le labour. Mais le choix des semences importe désormais aux producteurs qui, pour la plupart, n’ignorent pas les effets du changement climatique. Le temps n’est plus à la culture des anciennes semences qui mettent du temps avant la récolte, mais plutôt au choix de nouvelles variétés plus adaptées au contexte climatique actuel.
Ces semences résilientes sont des variétés végétales génétiquement adaptées ou sélectionnées pour survivre et produire des récoltes stables face aux stress environnementaux (sécheresse, inondations, sols pauvres, maladies). Elles sont au cœur des stratégies d’adaptation de l’agriculture africaine, notamment dans les régions du Bénin, afin de renforcer la sécurité alimentaire. Elles garantissent des récoltes même lors des mauvaises saisons, assurant une disponibilité alimentaire rapide grâce à des cycles de production souvent plus courts. Ces semences résistent aux chocs thermiques, aux variations de pluviométrie et aux stress hydriques, ainsi qu’aux maladies. Il a été démontré qu’elles sont moins vulnérables aux attaques de ravageurs et aux maladies phytopathologiques, réduisant ainsi les pertes.
La culture de ces semences améliorées renforce l’autonomie des agriculteurs. Quant aux semences paysannes, elles permettent aux producteurs de s’affranchir des intrants industriels coûteux et de conserver une partie de leur récolte pour les saisons suivantes, afin de pérenniser une agriculture durable. La Cellule communale de l’Agence territoriale de développement agricole du pôle 3 (regroupant principalement l’Atacora Ouest) promeut des semences subventionnées et certifiées axées sur la sécurité alimentaire et les cultures de rente de la région. On y retrouve le soja, avec des variétés très prisées et subventionnées à 50 %, telles que TGX 190-14F et TGX 1448E, ainsi que le maïs, notamment les variétés à haut rendement adaptées aux conditions du Nord. Le riz bénéficie également de semences de riz pluvial et de bas-fond pour booster la production locale. Le manioc et ses variétés améliorées sont souvent subventionnés à
100 % pour le matériel végétal. Les légumineuses et cultures maraîchères, dont certaines variétés sont encouragées dans le cadre des cultures intercalaires ou de diversification, figurent aussi parmi les spéculations promues.
Lutter contre la vulnérabilité
À cette liste s’ajoutent désormais les lentilles et le haricot mungo, deux légumineuses riches en protéines végétales, en fibres et en nutriments. Ces légumineuses sont considérées comme des piliers d’une alimentation équilibrée ou végétarienne. Elles sont promues dans les communes de l’Atacora. Les organisations non gouvernementales appellent les populations à s’adonner à leur culture, car elles sont beaucoup plus résilientes au changement climatique. Selon les explications de Boni Yaourou, expert à l’Ong Potal Men, le haricot mungo résiste fortement à la sécheresse et sa culture est promue à travers le programme Rbt-Wap dans les communes riveraines des parcs Pendjari et W.
Boni Yaourou évoque également la culture du sésame, une spéculation très adaptée au changement climatique. Le sésame est principalement cultivé durant les mois d’août et de septembre. Toutes ces cultures, souligne Boni Yaourou, visent à lutter contre la vulnérabilité et à renforcer le pouvoir économique des populations.
Dans l’Atacora, au nord-ouest du Bénin, la campagne agricole ne compte qu’une seule saison des pluies. Les premiers semis se déroulent généralement entre la fin du mois d’avril et la mi-mai, selon l’installation effective des premières précipitations durables. Le mois d’avril est marqué par la préparation des terres, l’épandage et les premiers travaux de labour. Le début effectif des semis pour les principales cultures (maïs, sorgho, mil, coton, arachide) intervient entre fin avril et mai. Les mois de juillet et août enregistrent une forte pluviométrie ainsi que les travaux d’entretien des cultures, tandis qu’octobre et novembre marquent le début des grandes récoltes.