La Nation Bénin...
L’OMS estime que six mesures
pourraient éviter 1,6 million de décès par an dans le monde. Au Bénin, où une
grande majorité des ménages cuisine encore au bois et au charbon, leur
application soulève des enjeux très concrets.
Publié le 4 novembre 2026, à
quelques jours de la COP31, un rapport de l’OMS estime que six mesures
sanitaires et énergétiques pourraient éviter 1,6 million de décès par an dans
le monde. La tarification des combustibles fossiles représenterait l’essentiel
de ce résultat. Au Bénin, la cuisson au bois et au charbon, ainsi que les
difficultés d’accès à l’eau et à l’assainissement, donnent une dimension
concrète à ces recommandations.
La cuisson propre, un chantier
déjà engagé
La cuisson au bois et au charbon expose particulièrement les femmes et les enfants aux fumées domestiques, tout en accentuant la pression sur les ressources forestières. Des alternatives commencent néanmoins à se développer. Depuis 2012, 13 832 foyers améliorés « Wanrou » ont été distribués dans dix communes du nord du pays, touchant plus de 5 600 ménages.
Plus récemment, le PNUD a accompagné la sélection de quatre entreprises chargées de commercialiser 5 000 réchauds et fours améliorés en 2026. Le mécanisme prévoit une subvention de 50 % sur certains équipements.
Le coût reste toutefois
déterminant. La recharge d’une bouteille de gaz de 6 kg est fixée à 4 500 FCFA.
Pour les ménages aux revenus modestes, l’accès à une solution plus propre
dépend donc aussi de leur capacité à financer l’équipement et son approvisionnement
régulier.
Eau et assainissement, des
besoins persistants
Les écarts restent importants dans les services essentiels. Selon la fiche pays 2024 de PS-Eau, les données de 2022 indiquent un accès à l’eau potable de 79,4 % en milieu rural et de 74 % en milieu urbain. Pour l’assainissement de base, les taux sont respectivement de 10 % et 30 %. La défécation à l’air libre concernerait encore 65 % des ruraux et 31 % des citadins.
Ces indicateurs ne mesurent
pas exactement les mêmes réalités. Ils révèlent néanmoins l’ampleur des besoins
en infrastructures, en hygiène et en services d’assainissement.
La chaleur et la fiscalité,
deux autres défis
Le rapport insiste aussi sur les systèmes d’alerte sanitaire en cas de fortes chaleurs. Au Bénin, les dispositifs documentés concernent notamment les inondations, la sécheresse et les vents violents. L’existence d’un mécanisme spécifiquement consacré aux risques sanitaires liés à la chaleur reste à confirmer auprès des autorités compétentes.
Enfin, la réforme de la
tarification des énergies fossiles constitue le volet le plus sensible. L’OMS
associe cette mesure à la suppression de subventions jugées inefficaces et à
une taxation mieux adaptée. Elle ne se résume donc pas à une hausse mécanique
des prix à la pompe. Ses conséquences sur le pouvoir d’achat doivent aussi être
prises en compte.
Cuisson propre, eau potable, chaleur