La Nation Bénin...
Experts, décideurs publics et acteurs du transport ont pris part, les 24 et 25 mars à Cotonou, à un atelier régional consacré à la validation des données sur les indicateurs de facilitation du commerce et du transport le long du corridor Abidjan-Lagos. Venus de cinq pays ouest-africains, les participants se sont attelés à transformer les constats de terrain en leviers d’action.
Réunis les 24 et 25 mars à Cotonou, experts, responsables administratifs et acteurs du secteur privé et du transport ont ouvert un chantier déterminant pour l’avenir du commerce régional. L’atelier de validation des données collectées sur les indicateurs de facilitation du commerce et du transport le long du corridor Abidjan-Lagos se présente comme une étape charnière dans l’amélioration de la performance de cet axe vital. A l’ouverture des travaux, la secrétaire exécutive de l'Organisation du Corridor Abidjan–Lagos (Ocal), Dr Hortense Mé a rappelé que ce corridor qui relie cinq pays (la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria) constitue une véritable colonne vertébrale économique pour la région. A l’en croire, pour cet atelier, « il ne s’agit pas seulement de valider un rapport, mais de construire une lecture commune et des solutions concrètes ». Si des progrès ont été enregistrés, les obstacles persistent. Délais prolongés aux frontières, multiplicité des contrôles et pratiques irrégulières demeurent des freins majeurs à la fluidité des échanges. Ces constats sont corroborés par la mission de collecte de données conduite en novembre 2025 par l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos. Les indicateurs recueillis - temps de traversée, nombre de barrages, irrégularités observées - dressent un tableau précis des dysfonctionnements. Pour les participants, l’enjeu est désormais d’en garantir la fiabilité et d’en tirer des recommandations opérationnelles.
Poser les bases
Prenant la parole au nom de la Cedeao, Linda Daraté a replacé les débats dans une perspective régionale. Le corridor, qui concentre près de 75 % du Pib ouest-africain, constitue un pilier de la vision 2050 de l’organisation. « Un corridor fluide et sécurisé est indispensable à l’intégration régionale », a-t-elle souligné, appelant à une mobilisation collective pour lever les entraves persistantes. Même son de cloche du côté des autorités béninoises.
Représentant le ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Joseph Ahissou a insisté sur la nécessité d’une action coordonnée. Il a notamment évoqué les lenteurs aux postes frontaliers, les coûts élevés du transit et le déficit de transparence comme autant de défis à relever. « Les données que vous analyserez doivent déboucher sur un plan d’action concret », a-t-il exhorté. En somme, les participants, en consolidant des données fiables et partagées au cours de cet atelier, entendent poser les bases d’une gouvernance plus efficace pour faire du corridor Abidjan-Lagos un véritable moteur d’intégration et de prospérité pour l’Afrique de l’Ouest.
Plusieurs acteurs du Corridor Abidjan-Lagos réunis à Cotonou pour transformer des constats de terrain en leviers d’action