La Nation Bénin...
Cardiologie, cancérologie, neurochirurgie sont des soins parfois difficiles d’accès sur le continent. Faute de mieux, des patients africains vont se faire soigner ailleurs, au prix fort.
Chaque année, les Africains consacrent entre 6 et 10 milliards de dollars aux soins médicaux réalisés hors du continent, selon des estimations reprises par Afreximbank. Au Nigeria, la facture atteindrait environ 1,1 milliard de dollars par an.
Des soins qui ne sont pas disponibles partout
Le phénomène concerne notamment les prises en charge complexes en cardiologie, cancérologie, neurochirurgie, transplantation ou chirurgie spécialisée. Leur développement nécessite des médecins spécialistes, des équipements de pointe et des infrastructures capables d’assurer toute la chaîne de soins.
L’Inde et la Turquie captent une partie importante de cette demande. L’Europe et les États-Unis restent également recherchés par les patients qui disposent de moyens financiers plus importants.
Une question de confiance
Certaines prises en charge spécialisées existent pourtant déjà au Maroc, en Tunisie, en Afrique du Sud ou dans des établissements privés d’Afrique de l’Ouest. Mais la réputation des équipes, les délais de diagnostic, la disponibilité des équipements et la perception de la qualité des soins peuvent également peser dans la décision de partir.
À Abuja, l’African Medical Centre of Excellence (AMCE), développé par Afreximbank avec King’s College Hospital London, a ouvert en juin 2025. L’établissement, dont l’investissement initial atteint 300 millions de dollars, propose notamment des soins spécialisés en oncologie, hématologie et cardiologie.
Au Bénin, le pari du CHIC
Le Bénin cherche lui aussi à limiter les évacuations sanitaires vers l’étranger avec le Centre hospitalier international de Calavi (CHIC). Ouvert progressivement depuis juin 2025, l’établissement propose notamment des consultations en cardiologie, oncologie médicale, néphrologie et ophtalmologie, ainsi que la dialyse et l’imagerie médicale.
Son plateau technique continue de s’élargir. Ce mois-ci, le CHIC a accueilli une première mission de cardiologie interventionnelle coronaire. Une première coronarographie par voie fémorale a notamment été réalisée avec succès le 18 septembre par une équipe de spécialistes béninois.
Cette intervention illustre concrètement l’ambition de l’établissement, qui est de développer au Bénin des prises en charge spécialisées qui peuvent encore conduire certains patients à chercher des soins à l’étranger.