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Au cœur de l’anesthésie

Santé
Au cœur de l’anesthésie Au cœur de l’anesthésie

Entre les histoires entendues et les vraies interrogations, l’anesthésie reste l’une des étapes les plus redoutées lors d’une intervention chirurgicale. Que se passe-t-il vraiment une fois le masque posé ? Quels sont les réels risques et comment sont-ils maîtrisés aujourd’hui ? Pour faire la lumière sur cette discipline et répondre en toute transparence aux questions que chacun se pose, nous avons rencontré pour vous le Dr Sinmawu Didito QUENUM, médecin anesthésiste réanimateur formé au Bénin et exerçant au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims, en France.

Par   Marveen Promise AÏNADOU (Coll. Ext.), le 19 sept. 2026 à 11h47 Durée 4 min.
#Au cœur de l’anesthésie

Qu’est-ce que l’anesthésie ?

 

A = privatif et Esthésie = sensation ou sensibilité, donc privation de la sensibilité. Pour l’OMS : L’anesthésie est un ensemble de techniques médicales visant à supprimer ou atténuer la douleur et la sensibilité de façon réversible en vue de la réalisation d’actes chirurgicaux, obstétricaux ou diagnostiques, en garantissant la sécurité des patients selon les normes conjointes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Fédération mondiale des sociétés d’anesthésiologistes (WFSA). Cette abolition de la sensibilité peut se faire avec perte de conscience : anesthésie générale, ou sans perte de connaissance : anesthésie loco-régionale.

Il y a combien de types d’anesthésie ?

 

Globalement, l’anesthésie se divise en deux types :

1 - Anesthésie générale

2 - Anesthésie loco-régionale

 

Toutes les anesthésies loco-régionales peuvent être combinées à une sédation ou une anesthésie générale. Elles peuvent avoir un but anesthésique ou analgésique selon le cas.


On parle souvent du réveil lent après l’anesthésie, qu’est-ce que c’est ?

 

Il s’agit du réveil post-anesthésique dont la rapidité dépend de plusieurs facteurs… Le patient lui-même (la qualité de son foie et de ses reins), le type de produit anesthésique utilisé, la durée totale de l’anesthésie, la quantité totale de produits anesthésiques reçus, etc.

Ils surviennent lorsque l’organisme a quasiment éliminé tous les produits anesthésiques.

Comment apprête-t-on le patient pour l’anesthésie ?

 

La préparation du patient à l’anesthésie commence par une consultation pré-anesthésique pour toute chirurgie programmée. C’est une obligation de sécurité et une obligation légale. Pour les urgences, on fait une évaluation préopératoire dans la mesure du possible. Cela consiste à évaluer l’état du patient sur le plan clinique et le plan biologique afin de pouvoir faire une anesthésie en toute sécurité. C’est également l’occasion d’expliquer les détails de l’anesthésie, les possibilités, les risques, les mesures de sécurité, et également de rassurer le patient. On peut également recourir à des médicaments pour détendre le patient la veille de l’anesthésie et le jour de l’anesthésie.

Que conseillez-vous aux personnes qui ont peur de l’anesthésie ?

 

La bonne chose à faire est de militer pour une anesthésie sécurisée : exiger à voir le médecin anesthésiste en consultation pré-anesthésique, vérifier bien qu’il s’agit d’un « médecin », s’assurer que le jour de l’intervention il y aura bien un médecin anesthésiste et un infirmier anesthésiste pour la réalisation de l’anesthésie. Accepter le principe suivant : « la sécurité passe par du matériel de qualité, un personnel qualifié et tout ça à un coût… Économie = insécurité. »

 

On entend souvent dire que l’anesthésie a été mal dosée et que le patient a rendu l’âme. Est-ce vrai ?

 

Pas exactement.

C’est souvent une expression utilisée à tort.

L’anesthésie peut être encore appelée coma artificiel… Donc le patient perd son autonomie et doit être assisté. C’est parfois le défaut d’une bonne assistance qui conduit au décès du patient. Mais le plus souvent, c’est la maladie pour laquelle le patient est opéré ou des complications d’ordre chirurgical qui conduisent au décès du patient. Exemple : une hémorragie importante comme maladie… Ou comme complication chirurgicale.

Pourquoi avez-vous choisi cette branche de la médecine ?

 

Pour moi, ce fut un choix opérationnel.

J’ai suivi la loi de l’offre et de la demande, car c’est l’une des spécialités les plus demandées. Mais une fois à l’intérieur, j’ai su apprécier le métier.

 

Êtes-vous souvent stressé dans l’exercice de votre métier ?

 

L’anesthésie-réanimation est une spécialité où on flirte au quotidien avec la mort… Aussi bien en réanimation avec les patients en détresse vitale, qu’en anesthésie où l’on met volontairement le patient dans un coma artificiel.

Si vous le souhaitez, je peux aussi  faire une seconde passe strictement journalistique, en conservant intégralement les propos du médecin mais en corrigeant uniquement les formulations manifestement maladroites.