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Santé menstruelle et sport: entre contraintes intimes et stratégies d’adaptation

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Santé menstruelle et sport Santé menstruelle et sport

La menstruation est un phénomène biologique mensuel qui concerne toutes les femmes. Les sportives n’échappent pas à cette réalité naturelle. Mais comment parviennent-elles à concilier cette période parfois délicate avec les entraînements et les compétitions ?

Par   Christelle DJOMAMOU (Coll.), le 09 sept. 2026 à 05h57 Durée 4 min.
#Santé menstruelle et sport

Les menstruations ne se manifestent pas de la même manière chez toutes les femmes. Certaines les vivent dans la douleur tandis que d’autres ne ressentent que peu ou pas de désagrément. Chez les sportives, la situation varie également.« Les périodes menstruelles sont souvent un peu délicates pour certaines athlètes. Il y en a qui, une semaine avant les règles ressentent déjà des malaises et des douleurs au bas-ventre ou une sensation de gonflement de la poitrine. Chacune de nous vit ses menstruations à sa manière »témoigne Milca Kinnou,handballeuse professionnelle à ASPAC HBC de Cotonou. Elle ajoute « Parfois, on se sent beaucoup plus lourde que d’habitude. Ces douleurs peuvent être telles qu’on est obligée de demander une permission de deux ou trois jours afin de mieux gérer les premiers jours des menstruations.» Cette pause peut constituer une alternative pour éviter de se retrouver chez le kinésithérapeute afin de calmer des douleurs au cours d’un match ou d’une séance d’entraînement. Cependant, la handballeuse explique que lorsqu’il s’agit de rencontres importantes, plusieurs joueuses hésitent à abandonner leurs coéquipières. Elles sont alors parfois tentées de prendre des calmants pour tenir sur le terrain quitte à ressentir davantage de douleurs après la rencontre.

De son côté, Kpovihouede Sébastienne, footballeuse à Tambou FC, affirme « Naturellement, lorsqu’on est en période de menstruation on se rend aux entraînements. Cela dépend des personnes. Certaines ont des maux de ventre et demandent une permission». Elle précise pour sa part, qu’elle ne sollicite pas d’absence ni pour les matchs ni pour les entraînements durant cette période.

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Une influence sur les performances


Pour Milca Kinnou, l’impact des menstruations sur les performances est réel « Quand on a des crampes au bas-ventre ou que l’abdomen tire, il est difficile de donner le meilleur de soi-même. Ce n’est pas évident».

Selon elle, les joueuses sont parfois contraintes de fournir un effort partiel de l’ordre de 50 %, en fonction de leur état de santé. « Parfois, on est obligée de rester sur le banc et de laisser une coéquipière en meilleure forme entrer sur le terrain pour contribuer à la victoire de l’équipe », confie-t-elle. Les menstruations influencent donc parfois négativement les performances des sportives. Cornie Cakpo, volleyeuse à Atomique VBC de Bohicon confirme ce constat de la handballeuse. « Le premier jour de mes règles, je n’arrive pas forcément à bien jouer. Il peut m’arriver d’avoir mal au ventre. Ce qui affecte mes performances. »

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Des précautions


Face à cette réalité, certaines structures sportives adaptent leurs séances d’entraînement. Hermann Atinmakan, entraîneur d’Atomique VBC de Bohicon explique « nous organisons des séances adaptées pour les joueuses qui sont en période menstruelle».

Il précise « Lorsqu’une jeune fille est en période de menstruation ,nous ajustons l’entraînement à son état de santé car on ne peut pas lui imposer la même charge de travail que lorsqu’elle est en pleine forme».

L’entraîneur de volley-ball souligne également que les athlètes prennent de leur côté diverses dispositions pour mieux vivre cette période. « À certains moments, je remarque qu’elles sont en menstrues mais elles prennent des précautions pour ne pas être gênées lors des entraînements et des compétitions. Elles s’adaptent» avoue-t-il.

Océane Aligbonon, volleyeuse à Atomique VBC fait savoir quant à elle sa méthode pour éviter les désagréments pendant les matchs . « Lorsque je dois jouer pendant mes menstruations, je mets une serviette hygiénique, puis plusieurs slips, un collant, avant d’enfiler mon maillot». D’autres de ces coéquipières affirment garder des serviettes hygiéniques et des sous-vêtements de rechange au cas où elles seraient touchées par le sang menstruel. À la fin du match, elles se dépêchent de rentrer pour prendre un bain, se changer et mieux se reposer.

 

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