La Nation Bénin...
La menstruation est un
phénomène biologique mensuel qui concerne toutes les femmes. Les sportives
n’échappent pas à cette réalité naturelle. Mais comment parviennent-elles à
concilier cette période parfois délicate avec les entraînements et les
compétitions ?
Les menstruations ne se
manifestent pas de la même manière chez toutes les femmes. Certaines les vivent
dans la douleur tandis que d’autres ne ressentent que peu ou pas de
désagrément. Chez les sportives, la situation varie également.« Les périodes
menstruelles sont souvent un peu délicates pour certaines athlètes. Il y en a
qui, une semaine avant les règles ressentent déjà des malaises et des douleurs
au bas-ventre ou une sensation de gonflement de la poitrine. Chacune de nous
vit ses menstruations à sa manière »témoigne Milca Kinnou,handballeuse
professionnelle à ASPAC HBC de Cotonou. Elle ajoute « Parfois, on se sent
beaucoup plus lourde que d’habitude. Ces douleurs peuvent être telles qu’on est
obligée de demander une permission de deux ou trois jours afin de mieux gérer les
premiers jours des menstruations.» Cette pause peut constituer une alternative
pour éviter de se retrouver chez le kinésithérapeute afin de calmer des
douleurs au cours d’un match ou d’une séance d’entraînement. Cependant, la
handballeuse explique que lorsqu’il s’agit de rencontres importantes, plusieurs
joueuses hésitent à abandonner leurs coéquipières. Elles sont alors parfois
tentées de prendre des calmants pour tenir sur le terrain quitte à ressentir
davantage de douleurs après la rencontre.
De son côté, Kpovihouede
Sébastienne, footballeuse à Tambou FC, affirme « Naturellement, lorsqu’on est
en période de menstruation on se rend aux entraînements. Cela dépend des
personnes. Certaines ont des maux de ventre et demandent une permission». Elle
précise pour sa part, qu’elle ne sollicite pas d’absence ni pour les matchs ni
pour les entraînements durant cette période.
Une influence sur les performances
Pour Milca Kinnou, l’impact
des menstruations sur les performances est réel « Quand on a des crampes au
bas-ventre ou que l’abdomen tire, il est difficile de donner le meilleur de
soi-même. Ce n’est pas évident».
Selon elle, les joueuses sont
parfois contraintes de fournir un effort partiel de l’ordre de 50 %, en
fonction de leur état de santé. « Parfois, on est obligée de rester sur le banc
et de laisser une coéquipière en meilleure forme entrer sur le terrain pour
contribuer à la victoire de l’équipe », confie-t-elle. Les menstruations
influencent donc parfois négativement les performances des sportives. Cornie
Cakpo, volleyeuse à Atomique VBC de Bohicon confirme ce constat de la
handballeuse. « Le premier jour de mes règles, je n’arrive pas forcément à bien
jouer. Il peut m’arriver d’avoir mal au ventre. Ce qui affecte mes
performances. »
Des précautions
Face à cette réalité,
certaines structures sportives adaptent leurs séances d’entraînement. Hermann
Atinmakan, entraîneur d’Atomique VBC de Bohicon explique « nous organisons des
séances adaptées pour les joueuses qui sont en période menstruelle».
Il précise « Lorsqu’une jeune
fille est en période de menstruation ,nous ajustons l’entraînement à son état
de santé car on ne peut pas lui imposer la même charge de travail que
lorsqu’elle est en pleine forme».
L’entraîneur de volley-ball
souligne également que les athlètes prennent de leur côté diverses dispositions
pour mieux vivre cette période. « À certains moments, je remarque qu’elles sont
en menstrues mais elles prennent des précautions pour ne pas être gênées lors des
entraînements et des compétitions. Elles s’adaptent» avoue-t-il.
Océane Aligbonon, volleyeuse à
Atomique VBC fait savoir quant à elle sa méthode pour éviter les désagréments
pendant les matchs . « Lorsque je dois jouer pendant mes menstruations, je mets
une serviette hygiénique, puis plusieurs slips, un collant, avant d’enfiler mon
maillot». D’autres de ces coéquipières affirment garder des serviettes
hygiéniques et des sous-vêtements de rechange au cas où elles seraient touchées
par le sang menstruel. À la fin du match, elles se dépêchent de rentrer pour
prendre un bain, se changer et mieux se reposer.
Santé menstruelle et sport