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Invité de France 24 ce mardi, le chercheur franco-américain Yann Le Cun, figure mondiale de l’intelligence artificielle (IA) et fondateur de la start-up AMI Labs, a estimé que l’IA modifiera profondément le monde du travail sans pour autant remplacer les humains.
Selon lui, les systèmes actuels d’IA ne peuvent automatiser que certaines tâches effectuées par les travailleurs. « Le but n’est jamais de remplacer complètement les humains », a-t-il affirmé. Comme lors des précédentes révolutions technologiques, de nouveaux métiers émergeront tandis que d’autres disparaîtront. L’inquiétude actuelle provient surtout de la difficulté à imaginer les professions de demain.
Interrogé sur l’investissement supplémentaire de 600 millions d’euros annoncé par la France pour l’IA, Yann Le Cun a jugé cette initiative utile pour accélérer l’adoption de ces technologies dans l’administration publique. Toutefois, il considère que ce montant reste insuffisant pour combler l’écart technologique avec les États-Unis et la Chine.
Le chercheur estime néanmoins que l’Europe n’a pas perdu la bataille de l’intelligence artificielle. Selon lui, les grands modèles de langage comme ChatGPT, Claude ou Gemini ne représentent qu’une étape. La prochaine révolution concernera des systèmes capables de mieux comprendre le monde physique et d’assister les humains dans leurs activités quotidiennes.
Pour permettre à l’Europe de rester compétitive, Yann Le Cun appelle à renforcer les investissements dans la recherche publique, à faciliter l’accès aux capacités de calcul indispensables au développement de l’IA et à promouvoir des modèles ouverts et accessibles.
Il a également mis en garde contre une dépendance excessive à quelques grandes entreprises américaines ou chinoises, soulignant que les futurs systèmes d’intelligence artificielle joueront un rôle croissant dans l’accès à l’information et l’organisation de la vie quotidienne.