La Nation Bénin...
Face à l’adoption croissante des outils
d’intelligence artificielle générative par les agents publics, l’Agence des
systèmes d’information et du numérique (Asin) alerte sur les risques
juridiques, sécuritaires et stratégiques liés à leur utilisation non encadrée.
Dans un billet juridique publié en ce mois de juin, l’institution propose un
ensemble de mesures visant à garantir un usage conforme, sécurisé et
respectueux des exigences de souveraineté numérique au sein de l’administration
publique.
Pour maîtriser ces risques, l’Asin recommande plusieurs mesures immédiates, notamment la cartographie des usages de l’IA au sein de l’administration, l’identification des agents utilisant des comptes personnels, la migration vers des solutions sécurisées, ainsi que l’adoption d’une charte harmonisée encadrant l’usage de ces outils.
L’agence préconise également un encadrement contractuel rigoureux des prestataires. Celui-ci doit inclure des accords de traitement des données, des clauses interdisant leur utilisation pour l’entraînement des modèles d’IA, des engagements de confidentialité, des mécanismes de réversibilité et des garanties contre les transferts vers des juridictions étrangères soumises à des législations extraterritoriales.
Sur le plan juridique, l’Asin insiste sur la réalisation d’analyses d’impact relatives à la protection des données, la déclaration des traitements auprès de l’Autorité de protection des données personnelles (Apdp), ainsi que la mise en œuvre de mécanismes d’anonymisation ou de pseudonymisation.
L’institution recommande par ailleurs un hébergement souverain des données, leur chiffrement intégral et le respect des normes internationales de sécurité. Elle préconise enfin des audits réguliers des systèmes d’IA et une diversification des fournisseurs afin de limiter les risques de dépendance technologique.
L’Asin conclut que le recours à
l’intelligence artificielle dans l’administration est juridiquement
envisageable, à condition qu’il soit strictement encadré et intégré dans une
stratégie globale de gestion des risques.
L’Asin appelle à un encadrement strict