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IA en Afrique : des pistes de solution pour que le continent impose sa souveraineté numérique

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Dans son ouvrage intitulé « Les dangers de l’intelligence artificielle en Afrique », Eric Houénafa Soglo, un ingénieur béninois au Cameroun, plaide pour une adoption lucide et souveraine de l’IA. Entre transformation des emplois, risques de fuite de données et menace des deepfakes, il détaille des recommandations concrètes pour les entreprises et les États africains, tout en présentant MiaIA, un projet innovant dédié à la préservation de la mémoire humaine.

Par   Fortuné SOSSA (Coll.), le 04 nov. 2026 à 05h56 Durée 4 min.
#IA en Afrique

Face à l’essor de l’intelligence artificielle, l’ingénieur plaide pour une adoption lucide et encadrée de l’intelligence artificielle (IA) en Afrique. Dans son livre, il entend susciter une prise de conscience face aux risques liés à la confidentialité, à la désinformation et à la dépendance technologique.

 

Le continent possédant une jeunesse et des universités nécessaires pour bâtir des solutions adaptées à ses propres réalités, il leur conseille de maîtriser leur domaine de spécialité pour identifier les erreurs de la machine, tout en développant des compétences pratiques pour vérifier les résultats et protéger les données.

 

Pour contrer les risques de fuite de données liés au copier-coller dans les outils d’IA, Eric Houénafa Soglo recommande d’analyser systématiquement les conditions d’utilisation des services externes. Il propose aux PME d’adopter une charte reposant, entre autres, sur la définition des données partageables, l’imposition d’une vérification humaine et la désignation d’un référent interne.

 

Face à la menace grandissante des deepfakes, l’ingénieur avertit qu’une voix ou une image familière ne suffit plus à garantir l’authenticité d’un interlocuteur. Pour ce faire, il conseille d’analyser la provenance des messages et, en cas de demande suspecte ou urgente, de recontacter la personne par un autre canal de communication.

 

Sur le plan de la souveraineté numérique, l’essentiel réside dans la maîtrise des prestataires et la capacité à en changer sans paralyser l’organisation. L’auteur estime que l’hébergement local des données est insuffisant s’il ne s’accompagne pas d’infrastructures fiables et de compétences locales. Il appelle à une synergie où les États soutiennent la recherche, les entreprises gèrent leurs dépendances et les universités forment des experts, tout en encourageant les coopérations équilibrées entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.

 

Enfin, Eric Houénafa Soglo présente MiaIA, un projet visant à préserver la mémoire et les valeurs d’un individu pour permettre des interactions numériques après son décès. Ce système, basé sur une collecte volontaire de souvenirs de son vivant, reste une simulation et non un transfert de conscience. Il nécessite un cadre éthique strict pour éviter la falsification de souvenirs et garantir le consentement, un domaine où les institutions maghrébines pourraient collaborer par la recherche.