La Nation Bénin...
Faux profils plus réalistes, voix clonées, messages
automatisés et identités fabriquées de toutes pièces : l’intelligence
artificielle (Ia) est en train de transformer en profondeur les méthodes des
cybercriminels. Dans son rapport 2026 sur les cybermenaces en Afrique, Interpol
alerte sur une nouvelle génération d’escroqueries plus rapides, plus crédibles
et particulièrement difficiles à détecter.
La cybercriminalité africaine change de visage. Les simples courriels frauduleux et les faux comptes sur les réseaux sociaux laissent progressivement place à des techniques beaucoup plus sophistiquées, rendues possibles par les progrès de l’intelligence artificielle.
Dans son African Cyberthreat Assessment Report 2026, Interpol décrit une montée en puissance préoccupante des usages criminels de l’IA. L’organisation internationale de police criminelle souligne que l’intelligence artificielle est désormais associée à une part importante des cyberattaques signalées sur le continent. Elle précise que cette technologie permet notamment aux fraudeurs d’automatiser leurs campagnes, de personnaliser leurs messages et de concevoir des contenus capables de tromper plus facilement la vigilance des victimes.
Toutefois, estiment les experts d'Interpol, l’Ia ne crée pas nécessairement de nouvelles formes de criminalité : ils soutiennent qu'elle agit plutôt comme un accélérateur. Les techniques traditionnelles à l'instar de l'hameçonnage, des escroqueries sentimentales, des faux investissements ou de l'usurpation d’identité, gagnent une redoutable efficacité grâce à des outils capables de produire instantanément des textes, images, voix ou vidéos criants de vérité.
Parmi les menaces émergentes, l'organisation met en garde contre la hausse des identités synthétiques : des profils numériques construits à partir d’un mélange d’informations réelles et fictives. Renseigne la police internationale, ces fausses identités permettent aux criminels de gagner la confiance d’une victime, de contourner certaines vérifications de sécurité ou de orchestrer des fraudes financières complexes.
Le Bénin n’est pas à l’écart de cette évolution. Avec la progression des usages numériques, des services en ligne et des transactions électroniques, observent les analystes, la protection des citoyens contre les fraudes numériques devient un enjeu national majeur.
Sur le terrain local, rappelle le rapport, le Bénin dispose déjà d’une structure spécialisée : le Centre national d'investigation numérique (Cnin), ex-Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc). Il incombe à ce centre de coordonner les enquêtes liées aux infractions numériques et d’apporter un appui technique décisif aux autres services compétents.
Face à des criminels qui exploitent rapidement les
vulnérabilités technologiques, concluent les spécialistes, la réponse ne peut
plus reposer uniquement sur la répression. La sensibilisation des citoyens, la
formation des acteurs publics et privés ainsi que la coopération internationale
deviennent des armes essentielles. Dans cette nouvelle bataille numérique,
affirment-ils, la première protection reste encore la capacité de chacun à
reconnaître la manipulation.
Effets pervers de l’IA