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L’avenir de l’agriculture se joue aussi dans les laboratoires, les centres de recherche et désormais dans les technologies intelligentes. La World agriFood innovation conference (Wafi) 2026 a ouvert ses travaux jeudi 17 septembre à Pinggu, à Pékin, autour du thème « Transformation verte et saine des systèmes agroalimentaires ». Pendant trois jours, décideurs publics, chercheurs, entreprises, agriculteurs, investisseurs et innovateurs venus de différents horizons ont exploré les solutions susceptibles de rendre les systèmes alimentaires plus durables, résilients et inclusifs.
À Pinggu, l’agriculture de demain se donne à voir. Dans l’espace d’exposition de la World AgriFood Innovation Conference (Wafi) 2026, les visiteurs découvrent des semences, des solutions numériques, des équipements agricoles intelligents et des robots capables d’intervenir dans certaines tâches traditionnellement réalisées par l’homme. Parmi les démonstrations qui attirent l’attention, un robot montre notamment ses capacités à cueillir des fruits, tandis qu’un autre dispositif est présenté pour la récolte des pêches. Loin de se limiter à une vitrine technologique, le rendez-vous entend favoriser les échanges sur les grands défis auxquels sont confrontés les systèmes agroalimentaires à savoir sécurité alimentaire, changement climatique, durabilité des ressources, nutrition, financement et accès aux innovations. L’intelligence artificielle, l’agriculture numérique et la biotechnologie figurent parmi les principaux domaines explorés au cours de cette édition. Le programme prévoit notamment des discussions consacrées à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’agriculture et aux conditions nécessaires pour que ces technologies puissent bénéficier aux exploitations de différentes tailles. Dans les espaces d’exposition, cette évolution est déjà perceptible. Des robots agricoles, des plateformes numériques et différentes solutions destinées à améliorer la production ou la gestion des exploitations témoignent d’une agriculture de plus en plus connectée. L’enjeu est toutefois de dépasser la seule fascination pour la technologie. Les échanges de la Wafi mettent également l’accent sur la nécessité d’adapter les innovations aux réalités des agriculteurs, notamment en matière d’accès aux données, de financement, de conseil agricole et d’utilisation à grande échelle.
La question de l’utilisation responsable des ressources occupe également une place importante dans les discussions. Une session du forum est notamment consacrée à l’économie circulaire et à la réduction des pertes et du gaspillage alimentaire. L’objectif est de considérer les pertes alimentaires non seulement comme une perte de nourriture, mais aussi comme un gaspillage de terres, d’eau, d’énergie, de travail et d’investissements mobilisés tout au long de la chaîne de valeur. Les discussions portent ainsi sur la prévention des pertes, mais également sur la valorisation des déchets alimentaires et des sous-produits agricoles en aliments pour animaux, fertilisants, bioénergie ou autres produits à valeur ajoutée. Cette approche illustre l’ambition du Wafi de favoriser une transformation globale des systèmes agroalimentaires, depuis la production jusqu’à la consommation.
De l’innovation au terrain
La cérémonie d’ouverture a réuni des participants issus de plusieurs secteurs et de différents pays. Kenneth Quinn, coprésident du comité consultatif de la Wafi, et président émérite de la World Food Prize Foundation, figure parmi les personnalités intervenues à l’ouverture. Il fait partie d’un comité consultatif qui rassemble notamment des responsables de la recherche agricole, des experts des systèmes alimentaires et des personnalités engagées dans les questions de sécurité alimentaire. La Wafi se présente comme une plateforme internationale destinée à rapprocher gouvernements, monde scientifique, entreprises, investisseurs, institutions de recherche et acteurs de terrain autour de l’innovation agroalimentaire. L’édition 2026 a prévu des sessions parallèles, des forums thématiques, des rencontres, des événements connexes, des démonstrations d’innovations et une exposition.
Au-delà des robots et des plateformes numériques présentés à Pékin, l’un des principaux défis demeure le passage de l’innovation à son adoption effective dans les exploitations agricoles. Cette question est particulièrement importante pour les pays où les petits exploitants constituent une part essentielle du secteur agricole. L’accès au financement, aux équipements, aux infrastructures, aux connaissances et aux marchés conditionne largement la capacité des agriculteurs à tirer parti des nouvelles technologies. Le Wafi 2026 entend précisément créer cet espace de dialogue entre innovation et besoins du terrain. Sa vision, résumée par la formule « Innovating AgriFood, Sharing Future », mise sur la coopération entre les différents acteurs pour construire des systèmes alimentaires plus résilients et durables. À Pinggu, l’agriculture ne se conjugue donc plus seulement avec la terre, la semence et la récolte. Elle s’ouvre également à l’intelligence artificielle, à la robotique, à la donnée et à de nouvelles formes de coopération. Autant de pistes explorées pour répondre à une question devenue mondiale, comment produire suffisamment et mieux nourrir les populations tout en préservant les ressources et l’environnement .