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Au Rwanda, une innovation portée par une entreprise américaine pourrait transformer les pratiques de production de pommes de terre. Grâce à des graines botaniques hybrides, les besoins en matériel de plantation pourraient passer de plusieurs tonnes à quelques dizaines de grammes par hectare. Une perspective qui suscite l’intérêt des autorités agricoles du pays.
Produire des pommes de terre avec quelques dizaines de grammes de graines au lieu de plusieurs tonnes de tubercules. C’est la possibilité présentée par l’entreprise américaine Ohalo, spécialisée dans les technologies de sélection végétale. Le 2 novembre 2026, sa délégation a échangé avec la ministre d’État rwandaise chargée de l’Agriculture, Solange Uwituze, sur les perspectives de cette innovation.
La technologie repose sur les semences hybrides botaniques, également appelées « True Potato Seeds » (TPS). Contrairement à la méthode traditionnelle, qui consiste à planter des tubercules pour obtenir de nouvelles récoltes, ce procédé utilise les graines produites par les fruits du plant de pomme de terre. Selon les chiffres communiqués par Ohalo et relayés par le ministère rwandais, 20 à 50 grammes de ces graines pourraient suffire pour cultiver un hectare, contre 2 000 à 2 500 kilogrammes de tubercules avec la méthode habituelle.
Une alternative aux contraintes de production
Cette différence de volume pourrait alléger certaines difficultés rencontrées par les producteurs. Les graines botaniques sont plus faciles à transporter et à stocker que les tubercules. Elles présentent également un intérêt sanitaire, car elles réduisent les risques de transmission de maladies par le matériel de plantation.
Avec sa technologie de sélection baptisée « Boosted Breeding », Ohalo ambitionne de développer des semences hybrides aux caractéristiques génétiques recherchées. L’entreprise annonce notamment des perspectives d’amélioration des rendements et de la conservation des récoltes. Ces performances restent toutefois à vérifier dans les conditions agricoles rwandaises.
Le pays connaît déjà cette technique. En janvier 2020, l’entreprise néerlandaise Solynta avait engagé des essais de semences botaniques avec le Rwanda Agriculture Board. Ces expérimentations visaient notamment à évaluer leur adaptation aux conditions locales et leur intérêt pour les producteurs.
Pour la nouvelle initiative, les autorités rwandaises envisagent de faciliter les essais d’Ohalo, dans le respect des exigences nationales. La formation des producteurs, l’adaptation des variétés et le coût des semences resteront déterminants pour une éventuelle adoption à grande échelle.