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Niger : un nouveau Code pénal criminalise l’homosexualité et les identités LGBTQIA+

International

Le Niger a adopté, ce jeudi 11 juin, un nouveau Code pénal qui criminalise explicitement l’homosexualité et plusieurs identités liées à la communauté LGBTQIA+. Désormais, les relations entre personnes de même sexe sont passibles de lourdes sanctions, pouvant aller jusqu’à vingt ans de prison.

Par   Isidore GOZO, le 11 juin 2026 à 19h16 Durée 2 min.
#LGBTQIA+

Jusqu’à présent, bien que l’homosexualité demeure largement taboue dans cette société majoritairement musulmane et conservatrice, elle n’était pas formellement interdite par la loi nigérienne. La réforme, dont les travaux avaient été engagés sous le régime du président Mohamed Bazoum avant son renversement par un coup d’état militaire en juillet 2023, marque ainsi une rupture importante dans le paysage juridique du pays. Selon les dispositions du nouveau Code pénal, toute personne reconnue coupable d’avoir commis ou tenté de commettre un « acte impudique ou contre nature », ou encore d’entretenir ou de tenter d’entretenir des relations sexuelles avec une personne du même sexe, s’expose à une peine de prison allant de cinq à dix ans.

Le texte prévoit également une amende pouvant atteindre 100 millions de francs Cfa.

La législation vise également les pratiques et identités qualifiées de lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer, intersexes et asexuelles (LGBTQIA+), élargissant considérablement le champ des comportements et situations susceptibles d’être poursuivis.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays africains. Ces dernières années, des États comme le Burkina Faso, le Sénégal ou encore le Ghana ont adopté ou envisagé des mesures renforçant les restrictions à l’encontre des personnes LGBTQIA+, au nom de la préservation des valeurs culturelles et religieuses.

Avec cette nouvelle loi, le Niger rejoint désormais la liste des pays africains où les relations entre personnes de même sexe sont explicitement réprimées par le Code pénal, suscitant déjà de vives réactions parmi les défenseurs des droits humains et les organisations internationales.