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Régulation des flux financiers dans l'espace Uemoa: Les transferts des résidents étrangers encadrés

Economie
L’encadrement des paiements extérieurs des résidents étrangers renforcé afin d’assurer la transparence et la traçabilité des flux financiers L’encadrement des paiements extérieurs des résidents étrangers renforcé afin d’assurer la transparence et la traçabilité des flux financiers

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) précise désormais les modalités de traitement des paiements extérieurs des ressortissants étrangers devenus résidents de l’Uemoa. Un dispositif qui vise à mieux encadrer les flux financiers tout en garantissant la traçabilité et la conformité des opérations.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 22 avr. 2026 à 07h16 Durée 3 min.
#Espace Uemoa

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) renforce le cadre réglementaire des relations financières extérieures dans l’espace Uemoa. L’institution monétaire apporte des précisions sur le traitement des paiements extérieurs effectués par les ressortissants étrangers ayant acquis le statut de résident dans l’Union. Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du Règlement n°06/2024/Cm/Uemoa relatif aux relations financières extérieures des États membres. Elle vise à clarifier les règles applicables à une catégorie d’acteurs économiques de plus en plus présents dans l’espace communautaire, notamment les expatriés et investisseurs étrangers installés durablement. Selon la note de la Bceao à cet effet, toute personne de nationalité étrangère résidant dans un pays de l’Uemoa et exerçant une activité professionnelle de manière durable est considérée comme résident de l’Union. Cette reconnaissance ouvre des droits, mais impose également des obligations en matière de gestion des flux financiers. Ainsi, les revenus issus d’activités exercées dans l’Union doivent être domiciliés dans des comptes bancaires libellés en francs Cfa auprès d’intermédiaires agréés. Dans cette logique, la Bceao insiste sur un principe fondamental. Les paiements entre résidents de l’Union doivent être effectués exclusivement en monnaie locale. Cette mesure vise à renforcer la souveraineté monétaire et à limiter les pratiques de contournement des circuits financiers officiels. La note détaille également les opérations autorisées au titre des paiements extérieurs. Les résidents étrangers peuvent ainsi effectuer des transferts vers l’étranger pour couvrir des dépenses courantes telles que le paiement de loyers, d’impôts, de frais de scolarité ou encore d’aides familiales. Les opérations en capital, notamment le remboursement d’emprunts contractés à l’étranger, sont également permises, sous réserve du respect des conditions prévues par la réglementation. Toutefois, ces transferts ne sont pas totalement libres. Ils doivent être justifiés par des documents probants et exécutés par des intermédiaires agréés, qui en assurent le contrôle. Pour les opérations récurrentes, un dossier unique peut être constitué, facilitant ainsi les démarches administratives tout en garantissant la traçabilité des flux.

Ouverture économique

Un point particulier concerne le transfert d’épargne vers l’étranger. La Bceao précise que ces opérations sont soumises à une autorisation préalable des autorités compétentes, notamment lorsqu’elles concernent des revenus salariaux ou des pensions de retraite. La période de constitution de l’épargne doit être d’au moins six mois, et chaque demande doit être dûment justifiée. Par ailleurs, la note introduit des dispositions relatives au transfert du solde des comptes des ressortissants étrangers quittant définitivement l’Union. Ceux-ci peuvent, sous certaines conditions, transférer l’intégralité de leurs avoirs vers l’étranger, à condition d’en justifier l’origine, qu’il s’agisse de revenus perçus dans l’Union ou du produit de la liquidation d’investissements. La Bceao met également un accent particulier sur les critères d’éligibilité. Les bénéficiaires doivent notamment prouver leur statut de résident, justifier la perception effective de revenus dans l’Union et établir un lien avec le pays de destination des transferts. Cette exigence vise à prévenir les flux illicites et à renforcer la transparence du système financier. En matière de contrôle, les responsabilités sont clairement définies. Les intermédiaires agréés, notamment les banques, sont chargés de vérifier la conformité des opérations et de transmettre les informations nécessaires aux autorités compétentes. De leur côté, les clients restent responsables de l’exactitude des informations fournies et de la légalité de l’origine des fonds.

Enfin, toutes les opérations réalisées dans ce cadre demeurent soumises aux obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La Bceao rappelle ainsi que les dispositifs de vigilance, de contrôle interne et de déclaration doivent être strictement respectés. À travers cette décision, la Banque centrale entend renforcer l’ouverture économique tout en restant rigoureuse face aux dérives. Cet encadrement apparaît comme un levier essentiel pour sécuriser les transactions et renforcer la crédibilité du système financier de l’Uemoa, surtout avec l’intensification des échanges et la mobilité accrue des capitaux.