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Saison pluvieuse : le paludisme néonatal, un danger silencieux pour les nouveau-nés

Environnement

La naissance d’un enfant est une joie immense. Mais en pleine saison des pluies, cette joie peut être assombrie par une menace invisible : le paludisme néonatal. Souvent ignoré, ce paludisme qui touche les bébés de 0 à 28 jours peut entraîner de graves complications s’il n’est pas détecté à temps. Le pédiatre Camille Awokou tire la sonnette d’alarme et rappelle les gestes essentiels pour protéger les nourrissons.

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 12 août 2026 à 12h54 Durée 3 min.
#Lutte contre le paludisme

Chez le nouveau-né, les signes du paludisme sont trompeurs et souvent confondus avec d’autres affections : fièvre, refus de téter, pâleur, ictère, difficultés respiratoires, somnolence inhabituelle ou irritabilité. « Le paludisme est rare mais potentiellement mortel pour les nouveau-nés. En saison pluvieuse, la prolifération des moustiques due aux eaux stagnantes fait grimper le risque de transmission », alerte le Dr Camille Awokou.

Au Bénin, pays d’endémie palustre, toute fièvre chez un nourrisson de moins d’un mois doit conduire à une consultation médicale. Un Test de diagnostic rapide, le TDR, peut alors être réalisé si le médecin le juge nécessaire.

Prévenir : des gestes simples qui sauvent

Pour le spécialiste, la prévention commence par la moustiquaire. « Il faut faire dormir le bébé, de jour comme de nuit, sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide et adaptée à sa taille. Ce sont les seules barrières vraiment efficaces », recommande-t-il. Il insiste aussi sur l’assainissement du cadre de vie : vider les eaux stagnantes, couvrir les récipients d’eau, poser des moustiquaires aux portes et fenêtres, et vérifier l’état des moustiquaires utilisées.

Autre conseil : protéger le bébé du froid avec un bonnet, des gants et des chaussettes. En revanche, il déconseille formellement l’usage de pommades ou de répulsifs antimoustiques, aussi bien sur la peau de la mère allaitante que sur celle du nourrisson, sans avis médical.

La vigilance, première arme des parents

« Toute fièvre, tout changement de comportement chez un nouveau-né doit amener les parents en urgence dans un centre de santé. L’automédication est à proscrire absolument », martèle le pédiatre. En cette période de pluies, la vigilance des parents est décisive. Une prévention rigoureuse et une prise en charge précoce peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Le paludisme néonatal ne doit plus rester un sujet tabou. En parler, c’est déjà protéger.