La Nation Bénin...
L’intelligence artificielle s’installe
dans les amphithéâtres béninois. Comment en profiter sans lui abandonner sa
réflexion, alors que l’Université d’Abomey-Calavi a défini ses règles d’usage ?
Le 16 juillet 2026, l’Université
d’Abomey-Calavi (UAC) a présenté sa stratégie d’intelligence artificielle à
l’horizon 2030, accompagnée d’un cadre éthique et d’une charte d’utilisation
responsable. Pour les étudiants, celle-ci autorise l’IA pour enrichir la
compréhension, générer des idées ou vérifier des informations, à condition de
mentionner l’outil utilisé et la nature de son apport. Elle interdit de
présenter comme personnel un contenu généré par IA sans déclaration ni
contribution intellectuelle significative, ou de s’en servir pour contourner
une évaluation.
Un risque documenté par la recherche
Une étude publiée en 2025 dans la revue
PNAS a suivi près de 1 000 lycéens d’un établissement turc pendant des séances
de mathématiques. Ceux qui utilisaient un assistant d’IA sans garde-fous ont
mieux réussi les exercices, mais ont obtenu 17 % de moins à l’examen sans
l’outil que le groupe témoin. Une version conçue pour donner des indices plutôt
que des réponses a quasiment supprimé cet effet négatif. L’expérience portait
sur un seul établissement et une seule matière : ses résultats ne se
généralisent pas automatiquement aux étudiants béninois.
Cinq réflexes pour garder la main
Le premier réflexe qu’il faut avoir est de chercher d’abord seul. Tenter un exercice avant de solliciter l’IA permet d’identifier ses difficultés. Demander un indice plutôt que la solution complète aide à poursuivre le raisonnement.
Ensuite, il faut se faire interroger. Demander à l’outil de poser des questions sur un cours, puis répondre sans consulter ses notes, permet de vérifier sa compréhension.
Le troisième réflexe est de vérifier les réponses. L’IA peut inventer des références ou se tromper sur les chiffres, le droit et les réalités du pays. Les cours et les sources officielles restent indispensables.
La quatrième astuce est de connaître les consignes. À l’université, chaque enseignant doit préciser en début de cours les usages permis ou interdits. Il faut aussi déclarer l’outil utilisé et son apport, et ne confier à l’IA ni données personnelles de tiers ni documents confidentiels.
Enfin, il faut s’entraîner sans
assistance. Refaire un exercice en temps limité, sans IA ni notes, permet de
mesurer ce qui a réellement été assimilé.
Étudier avec l’intelligence artificielle au Bénin