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Le Programme d’appui à la gouvernance économique et au développement du secteur privé affiche des résultats encourageants. Devenu un pilier de la stratégie de réformes du Bénin, ce dispositif soutient une transformation reposant sur l’investissement privé, l’agro-industrie et la résilience climatique.
Améliorer le climat des affaires, accélérer l’industrialisation et donner au secteur privé un rôle moteur dans la croissance, tels sont les objectifs du Programme d’appui à la gouvernance économique et au développement du secteur privé (Page-Dsp), l’un des principaux instruments de réforme économique du Bénin depuis 2023. Conçu comme un appui budgétaire en deux phases, le programme vise à renforcer la contribution du secteur privé à l’économie à travers l’amélioration du climat des affaires, le développement de l’agro-industrie et l’intégration des enjeux climatiques dans les politiques publiques.
La première phase approuvée en décembre 2023 par le Fonds africain de développement (Fad) du Groupe de la Bad, s’élevait à 31,3 millions d’unités de compte, soit environ 24 milliards F Cfa. Une seconde phase validée en juillet 2024 a porté l’appui à 46 millions d’unités de compte, soit près de 35,2 milliards F Cfa.
L’avancement rapide des réformes engagées a conduit les partenaires à envisager un renforcement du dispositif. Ainsi, en octobre 2025, un financement supplémentaire de 20,5 millions d’unités de compte, soit environ 15,7 milliards F Cfa, a été proposé afin de consolider les mesures en cours.
Satisfecit à mi-parcours
Selon le rapport d’évaluation de la Banque africaine de développement (Bad, octobre 2025), les douze mesures prévues dans la première phase ont été mises en œuvre, soit un taux d’exécution de 100 %. Dans la deuxième phase, dix des douze réformes prévues ont déjà été réalisées, correspondant à un taux d’achèvement de 83 %.
Certaines réformes produisent déjà des effets concrets pour les entreprises. Le délai maximal de paiement des créances des micro, petites et moyennes entreprises (Mpme) par l’Etat est en voie d’être ramené à 60 jours, contre environ 200 jours auparavant. L’objectif est d’améliorer la trésorerie des entreprises et de fluidifier leurs relations avec l’administration.
Le programme soutient également la modernisation du cadre économique, notamment à travers la mise en place d’un guichet électronique destiné à faciliter les investissements et les exportations, ainsi que la réforme du dispositif national de concurrence.
Le Page-Dsp ambitionne de faire du secteur privé le principal moteur de la croissance. La part des investissements privés dans le produit intérieur brut (Pib) devrait ainsi atteindre 35,5 % en 2025 contre 29,9 % en 2022. Dans le même temps, les investissements cumulés dans la zone économique spéciale de Glo-Djigbé devraient atteindre 23 milliards F Cfa contre 11 milliards en 2021.
La stratégie vise également à diversifier l’appareil productif. La contribution des industries agroalimentaires au Pib devrait atteindre 7,7 % en 2025, contre 6,1 % en 2022.
Climat, nouvel enjeu économique
Le programme comporte aussi un volet environnemental croissant. Plusieurs réformes concernent la gestion des risques climatiques, l’adaptation de l’agriculture ou encore l’évolution du cadre réglementaire en matière environnementale.
Cet axe s’explique par la vulnérabilité du secteur agricole béninois aux effets du changement climatique.
Le programme s’inscrit par ailleurs dans un dispositif plus large d’appuis budgétaires mobilisant plusieurs partenaires. Pour 2025, il bénéficie notamment d’un cofinancement de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) et du Fonds de l’Opep pour le développement international (Ofid), ainsi que d’appuis parallèles de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (Fmi), de l’Agence française de développement (Afd) et de l’Union européenne.
Le véritable test résidera désormais dans la capacité des réformes engagées à produire, dans la durée, une croissance plus diversifiée et portée par un secteur privé capable de résister aux chocs économiques et climatiques.
En renforçant le secteur privé et en soutenant l’agro-industrie, le programme vise à consolider les bases d’une croissance inclusive et durable