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Programme Tadamon: Une nouvelle voie pour renforcer l’autonomie financière

Economie

Face aux difficultés persistantes d’accès au financement, les Organisations de la société civile (Osc) explorent de nouvelles approches pour soutenir leurs actions. Le programme Tadamon s’impose aujourd’hui au Bénin comme un levier innovant en introduisant le financement participatif comme alternative stratégique au service du développement local.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 03 avr. 2026 à 11h53 Durée 3 min.
#élection présidentielle d’avril 2026 #autonomie financière

L’un des principaux obstacles auxquels font face les Organisations de la société civile reste la mobilisation des ressources financières. Dépendantes de financements extérieurs souvent limités ou conditionnés, de nombreuses Ong peinent à assurer la continuité et l’impact de leurs interventions. Face à cette difficulté, le programme Tadamon est né et ambitionne de transformer les modes de financement traditionnels en proposant des solutions alternatives adaptées aux réalités actuelles. Le programme est financé par la Banque islamique de développement (BIsD) et le Fonds de solidarité islamique pour le développement (Fsid), et mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). À travers ce programme, il s’agit non seulement de combler un déficit de ressources, mais aussi de repenser les mécanismes de financement du développement à la base. L’une des innovations majeures du programme repose sur l’introduction du financement participatif, ou crowdfunding, comme outil de mobilisation de ressources. Cette approche permet aux organisations de solliciter directement des contributions auprès d’un large public, en s’appuyant sur des plateformes numériques. Le programme vise ainsi à renforcer les capacités des Osc afin qu’elles puissent concevoir, structurer et conduire efficacement des campagnes de collecte de fonds. Selon les orientations du programme, les organisations participantes sont appelées à développer des projets pertinents, capables de mobiliser des contributions tout en répondant à des besoins concrets dans des domaines tels que la santé, l’éducation, l’environnement ou encore le développement communautaire. Pour accompagner cette transition, le programme prévoit la mise en place d’une académie dédiée au financement participatif. Cette plateforme de formation constitue un cadre d’apprentissage destiné à professionnaliser les organisations dans la mobilisation de ressources. Le processus d’intégration de cette académie repose sur plusieurs étapes, allant de l’inscription en ligne à la soumission de projets, suivies d’une sélection rigoureuse des candidats sur la base de critères précis. Les organisations retenues bénéficient ensuite d’un accompagnement technique et stratégique pour développer leurs campagnes de financement, avec un accent particulier sur la structuration des projets, la communication et la mobilisation des partenaires. Dans ce cadre, le Bénin a abrité un atelier en 2024 où le programme avait été présenté à une cinquantaine d’Organisations de la société civile.

Levier pour l’atteinte des Odd

Le programme s’appuie sur un dispositif d’évaluation rigoureux afin de garantir la qualité des projets sélectionnés. Les critères portent notamment sur la pertinence des initiatives, leur faisabilité, leur impact potentiel ainsi que la capacité des équipes à mener à bien les campagnes de financement. Les projets doivent atteindre un seuil minimum de qualité pour être éligibles, traduisant une exigence élevée en matière de conception et de mise en œuvre. Cette approche vise à promouvoir des initiatives solides, capables de produire des résultats concrets et durables sur le terrain. Au-delà du financement, le programme Tadamon s’inscrit dans une dynamique plus large de contribution aux Objectifs de développement durable (Odd). En soutenant les initiatives locales, il participe à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie des populations. Les domaines d’intervention couvrent un large spectre, notamment l’éducation à la santé, l’environnement, l’énergie et l’agriculture. Cette diversité reflète la volonté de répondre aux multiples défis auxquels sont confrontées les communautés. En facilitant l’accès aux ressources, le programme permet aux organisations de jouer pleinement leur rôle d’acteurs du développement. L’un des enjeux majeurs du programme réside dans le renforcement de l’autonomie des Osc. En diversifiant leurs sources de financement, celles-ci peuvent réduire leur dépendance vis-à-vis des bailleurs traditionnels et gagner en flexibilité dans la mise en œuvre de leurs actions. Le financement participatif apparaît ainsi comme un levier stratégique pour renforcer leur résilience et leur capacité d’adaptation. En parallèle, le programme encourage les organisations à développer des partenariats locaux et à mobiliser des ressources complémentaires, contribuant ainsi à une approche plus intégrée du financement du développement. Le succès de Tadamon dépendra de la capacité des organisations à s’approprier les outils proposés et à s’inscrire dans une logique de professionnalisation continue.