La Nation Bénin...
La phase opérationnelle de la réforme du système de gestion des marchés au Bénin se poursuit avec le lancement du processus de relocalisation des activités du marché Dantokpa. Entre nouvelles infrastructures, redistribution des espaces et amélioration des conditions d’exercice, cette transformation vise à structurer durablement le commerce et à répondre aux défis d’un secteur en pleine mutation.
La transformation du système de gestion des marchés du Bénin démarrée depuis plusieurs mois se poursuit. Au cœur de cette dynamique, la relocalisation progressive des activités du marché Dantokpa, principal centre névralgique du commerce à Cotonou, apparaît comme un chantier stratégique. Face aux préoccupations exprimées par les acteurs du secteur, la directrice générale de l’Agence nationale de gestion des marchés (ANaGeM), Eunice Loisel Kiniffo, est montée au créneau, vendredi 27 mars dernier, pour apporter des clarifications. Elle a rappelé d’abord que cette réforme s’inscrit dans une volonté de modernisation durable des infrastructures marchandes, visant à améliorer les conditions de travail des commerçants tout en renforçant la sécurité, l’assainissement et l’organisation des espaces commerciaux. En effet, le marché Dantokpa est devenu victime de son évolution au fil des années. Saturation des espaces, difficultés d’accès, problèmes d’assainissement et risques sécuritaires constituent autant de défis qui ont motivé la mise en œuvre de cette réforme. L’objectif du gouvernement est de décongestionner ce pôle historique en redistribuant les activités vers des infrastructures modernes, mieux adaptées aux exigences actuelles du commerce. Dans cette perspective, de nouveaux espaces marchands ont été conçus et réalisés. Le pôle commercial du stade Général Mathieu Kérékou à Kouhounou, désormais baptisé « Tokpa Yoyo », constitue l’une des principales destinations pour les commerçants relocalisés. Eunice Loisel Kiniffo a annoncé également le changement de dénomination du pôle agroalimentaire du Grand Nokoué, désormais appelé «Tokpa Dahô ». « Le chef de l’État a souhaité garder l’esprit de Tokpa », a-t-elle précisé. Ces infrastructures modernes offrent des boutiques, des stands et des restaurants répondant aux normes actuelles. Les tarifs de location sont fixés à 10 500 FCfa/m² pour les boutiques, 7 500 FCfa/m² pour les stands et 9 500 FCfa/m² pour les restaurants.
Relocalisation ciblée
La relocalisation des commerçants s’effectuera de manière progressive et sectorisée. À Tokpa Yoyo, quatre principales activités sont concernées. Il s’agit de la bijouterie, des cosmétiques, la maroquinerie et le textile. Les commerçants de gros du secteur alimentaire seront tous installés à Tokpa Dahô. Quant aux détaillants du secteur alimentaire, ils seront répartis dans les marchés de détail existants. « Tous les détaillants du secteur alimentaire de l’actuel marché de Dantokpa seront ventilés dans neuf marchés de détail à Cotonou », a expliqué la directrice générale, précisant que les commerçants auront la liberté de choisir leur site d’accueil. Cette approche vise à garantir une transition fluide et à éviter toute perturbation majeure des activités économiques. La délocalisation entre dans sa phase opérationnelle le 28 mars, avec l’affichage de la liste provisoire des attributaires des nouvelles places, marquant le lancement du processus d’installation. Ces infrastructures seront mises en service dans les semaines à venir avec la galerie marchande de Tokpa Yôyô le 9 mai à Cotonou, le marché de gros Tokpa Dahô à Akassato le 16 mai. Aussi, le marché de Ouando à Porto-Novo ouvrira ses portes le 26 avril 2026. Cette réforme s’inscrit dans le cadre du Programme d’action du gouvernement, qui prévoit la construction de 30 marchés modernes à travers le pays. «Sur les 30 marchés prévus, 21 sont déjà construits et finalisés, dont 20 sont actuellement en exploitation », a souligné la directrice de l’ANaGeM. Le marché de Ouando constitue ainsi la dernière infrastructure de ce programme à entrer en service. Ces investissements traduisent la volonté du gouvernement de structurer le secteur commercial, en le dotant d’infrastructures modernes, compétitives et adaptées aux standards internationaux. Consciente des enjeux sociaux liés à cette transformation, l’ANaGeM insiste sur le caractère inclusif du processus. La réforme est conduite en étroite collaboration avec les associations de commerçants, afin de prendre en compte les préoccupations et d’assurer l’adhésion des acteurs. L’objectif est de faire de cette transition une réussite collective, au service du développement économique du pays.
La réforme du système de gestion des marchés marque un tournant dans l’organisation du commerce au Bénin