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Port de Cotonou: Les premiers effets d’une mutation en profondeur (Trafic en hausse de 52 % en 2025)

Economie
Le port de Cotonou poursuit sa modernisation afin de consolider sa position de plateforme  logistique régionale au service des échanges ouest-africains. Le port de Cotonou poursuit sa modernisation afin de consolider sa position de plateforme logistique régionale au service des échanges ouest-africains.

Avec un trafic global de 14,7 millions de tonnes en 2025, le port de Cotonou confirme sa montée en puissance, malgré les tensions sécuritaires et diplomatiques qui affectent les corridors commerciaux ouest-africains. Les initiatives de rapprochement engagées par le président Romuald Wadagni pourraient contribuer à relancer les échanges avec les pays de l’hinterland.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 19 juin 2026 à 02h29 Durée 3 min.
#Port autonome de Cotonou

Malgré un contexte sécuritaire et diplomatique tendu, le trafic portuaire a connu une progression spectaculaire en 2025. Porté essentiellement par les flux à l’importation et à l’exportation, le trafic global du port de Cotonou est passé de 9,6 millions de tonnes en 2024 à 14,7 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 52 %, selon les données du Port autonome de Cotonou (Pac) contenues dans le Rapport sur l’exécution au 31 décembre du budget, gestion 2025 (Rapex).

Les exportations ont bondi de 74,8 %, soutenues notamment par les expéditions du pétrole brut nigérien. Le transbordement a enregistré une progression exceptionnelle de 312,6 %, confortant le positionnement de Cotonou comme une plateforme logistique régionale. Les importations ont, quant à elles, progressé de 29,7 %, pour atteindre 8,2 millions de tonnes, tandis que le nombre de navires accostés est passé de 725 en 2024 à 841 en 2025, soit une hausse de 16 %.

Ces résultats interviennent pourtant dans un environnement difficile. La fermeture de la frontière entre le Bénin et le Niger depuis la fin de l’année 2023 a fortement perturbé le corridor Malanville-Gaya et affecté les échanges avec les pays de l’hinterland. À cela s’ajoutent les défis sécuritaires dans le nord du Bénin, qui continuent de peser sur les activités économiques et logistiques.

Fruits des investissements

Au-delà des volumes traités, le port de Cotonou récolte progressivement les fruits des investissements engagés ces dernières années. Depuis 2018, sa gestion est accompagnée par Port of Antwerp-Bruges International (Pai), dans le cadre d’une stratégie de modernisation visant à renforcer sa compétitivité régionale.

Le Plan directeur 2021-2026 a prévu un programme d’investissement de 461,6 millions d’euros, soit 302,8 milliards F Cfa, réparti sur douze projets destinés à accroître la capacité du port à plus de 20 millions de tonnes, à réduire les délais d’attente des navires et des camions, à moderniser les infrastructures et à consolider son rôle de port de transit pour le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

Cette dynamique commence à se refléter dans les indicateurs internationaux. Dans l'édition 2024 du Container Port Performance Index (Cppi), élaboré conjointement par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, le port de Cotonou est passé du 402e rang sur 405 ports évalués en 2023 au 303e rang sur 403 ports en 2024, soit près de 100 places gagnées en un an.

Cette progression témoigne des premiers effets des investissements engagés, sans occulter les marges d’amélioration qui subsistent pour rejoindre les plateformes portuaires africaines les plus performantes.

La performance portuaire ne dépend pas uniquement des infrastructures, mais aussi de la fluidité des opérations, de la digitalisation des procédures et de la capacité des ports à résister aux perturbations des chaînes logistiques mondiales.

De nouvelles perspectives avec l’hinterland

Dès son investiture, fin mai, le président Romuald Wadagni a entrepris une tournée diplomatique auprès de plusieurs pays voisins, notamment le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso, le Togo et la Côte d’Ivoire. À Niamey, début juin, les deux pays sont convenus de la mise en place d’un comité d’experts chargé d’examiner les modalités de normalisation des échanges et de relance du corridor Cotonou-Niamey.

Cette dynamique pourrait contribuer à redonner de l’élan aux échanges commerciaux avec les pays de l’hinterland. Véritable poumon économique du Bénin et principale porte d’entrée des échanges extérieurs du pays, le port de Cotonou pourrait ainsi renforcer son rôle de plateforme logistique régionale à la faveur du rétablissement progressif des relations avec ses principaux partenaires sous-régionaux.

L’augmentation des flux portuaires pourrait, à terme, soutenir plusieurs activités connexes, notamment le transport, les services financiers et les télécommunications.