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Marchés agricoles: Des prix globalement en baisse, des disparités persistantes

Economie

L’activité sur les marchés agricoles est restée soutenue au mois de janvier 2026, avec une disponibilité appréciable des principales denrées de base. Toutefois, l’analyse des prix révèle des évolutions variées selon les produits et les localités, dans un contexte marqué par la transition vers la saison sèche.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 04 mars 2026 à 11h02 Durée 3 min.
#Marchés agricoles

Entre abondance des stocks issus des récoltes récentes et premières productions de saison sèche, les marchés maintiennent leur dynamique, malgré des fluctuations tarifaires.

Le maïs, céréale de grande consommation, a enregistré une tendance globalement baissière par rapport au mois précédent. Au niveau national, le kilogramme s’est vendu en moyenne à 153 F Cfa, avec des écarts notables selon les marchés. Le prix le plus bas a été observé à Bembèrèkè (85 F Cfa/kg), tandis que le plus élevé a été enregistré à Dantokpa (220 F Cfa/kg). Comparativement à la même période de l’année écoulée, les prix affichent des baisses significatives pouvant atteindre plus de 40 % sur certains marchés. Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, les niveaux actuels traduisent également une amélioration relative de l’accessibilité, confirmant une disponibilité satisfaisante des stocks issus des dernières récoltes.

Quant au gari, il conserve une stabilité relative malgré quelques hausses localisées. En janvier, son prix ordinaire oscillait entre 135 F Cfa/kg à Kétou et 500 F Cfa/kg à Dantokpa, avec un prix moyen national estimé à 314 F Cfa/kg. Si plusieurs marchés ont enregistré des baisses mensuelles pouvant atteindre 20 %, notamment à Kétou, d’autres ont connu de légères hausses, comme à Bohicon et Parakou. Sur une base annuelle, la tendance reste majoritairement orientée à la baisse dans de nombreuses localités, même si certaines zones affichent des progressions modérées.

Ces variations traduisent des dynamiques locales liées aux volumes disponibles, au coût de transport et à la demande urbaine, explique la Cellule technique de Suivi et d’appui à la gestion de la Sécurité alimentaire (Ct-Sagsa) du ministère de l’Agriculture.

Niébé, des écarts importants entre marchés

Le niébé s’est négocié entre 335 F Cfa/kg à Glazoué et 735 F Cfa/kg à Ouando, avec un prix moyen national de 517 F Cfa/kg, note le Bulletin d’information et d'alerte précoce sur la Sécurité alimentaire et nutritionnelle du mois de janvier 2026. En comparaison au mois précédent, les évolutions sont restées modérées, alternant baisses légères et hausses ponctuelles suivant les marchés. Sur un an, les prix affichent globalement une diminution, traduisant une amélioration de l’offre. Toutefois, les niveaux observés dans certains centres urbains et marchés de transit demeurent relativement élevés, ce qui peut peser sur le pouvoir d’achat des ménages vulnérables.

Le riz local présente également des disparités marquées. Les prix relevés varient entre 270 F Cfa/kg à Bembèrèkè et 655 F Cfa/kg à Dantokpa. En glissement mensuel, la tendance est globalement stable, bien que des hausses allant jusqu’à 10 % aient été enregistrées sur certains marchés. Par rapport à la moyenne quinquennale, des flambées ponctuelles sont observées, en particulier dans les grands centres commerciaux, où la demande reste soutenue.

Dans l’ensemble, les marchés agricoles présentent une offre relativement suffisante en cette période de transition vers la saison sèche. Les baisses enregistrées sur certaines denrées favorisent l’accès alimentaire, tandis que les hausses localisées appellent à une vigilance continue. Les écarts de prix entre zones rurales et centres urbains s’expliquent en grande partie par les coûts logistiques et la concentration de la demande. Les dispositifs de suivi des marchés restent mobilisés afin d’anticiper d’éventuelles tensions dans les semaines à venir.

L’évolution des stocks et l’impact progressif de la saison sèche seront déterminants pour la stabilité des prix au cours des prochains mois.