La Nation Bénin...
Le dernier rapport annuel sur la gouvernance des entreprises publiques met en lumière les efforts engagés par les sociétés d’État dans la lutte contre le changement climatique. Entre actions d’atténuation et stratégies d’adaptation, des progrès sont enregistrés. Mais l’absence d’indicateurs chiffrés et de cadres structurés limite encore l’évaluation précise de leur contribution aux engagements climatiques du Bénin.
La transition climatique ne relève plus du seul registre des politiques publiques. Elle s’impose désormais comme un critère d’évaluation de la performance des entreprises d’État. Selon le rapport annuel sur la gouvernance des entreprises publiques, plusieurs sociétés ont intégré des mesures d’atténuation et d’adaptation dans leurs stratégies. Toutefois, si la dynamique est enclenchée, l’impact réel de ces actions reste difficile à quantifier. Les initiatives les plus structurées en matière d’atténuation concernent principalement les secteurs de l’énergie et de la gestion des déchets, identifiés comme fortement émetteurs de gaz à effet de serre (Ges). La Société béninoise d'énergie électrique (Sbee) investit dans la modernisation et la mise aux normes de son réseau de distribution afin de réduire les pertes en ligne. Une meilleure efficacité énergétique signifie une baisse indirecte des émissions liées à la production d’électricité. Dans le secteur environnemental, la Société de gestion des déchets et de la salubrité (Sgds) développe des projets de récupération du gaz issu des casiers d’enfouissement et encourage le tri des déchets pour leur valorisation. Ces initiatives contribuent à limiter les émissions de méthane, gaz au pouvoir réchauffant élevé. Du côté de la production énergétique, la Société béninoise de production d'électricité (Sbpe) diversifie le mix énergétique à travers des projets solaires. Cette orientation vers les énergies renouvelables constitue un levier stratégique pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles. Le secteur aéroportuaire n’est pas en reste. La Société des Aéroports du Bénin (Sab) investit dans l’éclairage Led et développe des installations photovoltaïques pour réduire sa consommation énergétique. Même des structures à faible empreinte carbone directe, comme la Loterie nationale du Bénin (Lnb), participent à l’effort collectif en misant sur la dématérialisation de leurs services, limitant ainsi l’usage du papier et les déplacements physiques. Si ces initiatives témoignent d’une volonté réelle, le rapport souligne une lacune préoccupante. Il s’agit de la rareté des données quantitatives. Très peu d’entreprises publiques sont aujourd’hui capables d’évaluer précisément la réduction des émissions générée par leurs actions. L’absence d’indicateurs climatiques formalisés et de systèmes de reporting dédiés empêche d’établir un lien clair entre les stratégies mises en œuvre et les Contributions déterminées au niveau national (Cdn). Cette situation rend difficile l’appréciation de la contribution effective des entreprises publiques aux objectifs d’atténuation.
L’adaptation
Parmi les principaux freins identifiés figurent le manque de financements spécifiquement dédiés aux actions climatiques et l’insuffisance des capacités techniques en matière de mesure et de suivi des émissions. Pourtant, le rapport note une volonté politique affirmée au plus haut niveau de l’État. Les leviers existent. On peut citer un cadre réglementaire plus incitatif, l’intégration d’objectifs climatiques dans les contrats de performance, et surtout un accès facilité aux financements climatiques internationaux et régionaux. La transition climatique suppose en effet des investissements structurants, souvent coûteux à court terme mais bénéfiques à long terme. Si l’atténuation progresse lentement, les mesures d’adaptation apparaissent plus répandues. Elles répondent en grande partie à des risques déjà tangibles. La Société des Aéroports du Bénin intègre désormais des critères de résilience climatique dès la conception de ses projets avec des systèmes de drainage renforcés, le choix de matériaux adaptés aux fortes chaleurs, la prise en compte des données climatiques régionales. La Sbee adapte ses infrastructures pour mieux résister aux vents violents et aux inondations, phénomènes de plus en plus fréquents. La Société de gestion des déchets et de la salubrité doit quant à elle composer avec des épisodes climatiques extrêmes qui compliquent l’assainissement et perturbent les plannings opérationnels. Les mesures structurelles sont également notables au Port autonome de Cotonou (Pac), qui procède à la surélévation et au renforcement de ses infrastructures face aux risques côtiers. La Société des infrastructures routières et de l'aménagement du territoire (Sirat) conçoit des routes plus résilientes, avec un dimensionnement adapté des ouvrages de drainage pour faire face aux inondations. Dans le secteur de l’eau, la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb) sécurise ses ressources et protège ses installations de traitement contre les crues. Même le secteur sanitaire s’adapte. La Société béninoise d’approvisionnement en produits de santé (SoBAPS) a construit des entrepôts à double mur permettant un confort thermique sans recours excessif à l’énergie électrique. Le rapport souligne que ces mesures d’adaptation sont efficaces pour gérer les risques actuels. Toutefois, il appelle à des études de vulnérabilité plus approfondies afin d’anticiper les impacts climatiques futurs.
Les entreprises publiques béninoises participent aux efforts nationaux d’adaptation et d’atténuation du changement climatique