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Finance à impact: La Cdc Bénin mise sur le leadership et l'entrepreneuriat féminin

Economie
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A l’occasion d’une soirée dédiée au leadership féminin dans la finance à impact, organisée samedi 7 mars à Cotonou, la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) a dévoilé les premiers résultats du programme « Idera » destiné à accompagner l’entrepreneuriat féminin. L’événement a également été marqué par des échanges de haut niveau sur la place des femmes dans la transformation économique en Afrique.

 

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 09 mars 2026 à 14h12 Durée 2 min.
#Cdc Bénin #entrepreneuriat féminin

Ambition, audace et leadership féminin étaient au cœur de la soirée organisée, samedi 7 mars, par la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) du Bénin. C'était un moment fort pour la Caisse dans son engagement et son combat pour la promotion d’une économie inclusive.

Dans son mot de lancement, Maryse Lokossou, directrice générale de la Cdc, a confié l’émotion qui a accompagné la genèse du programme « Idera » conçu pour soutenir les initiatives entrepreneuriales portées par les femmes. « Lors du lancement, nous avions une ambition. Mais j’avais aussi une appréhension : et s’il n’y avait pas de projets ? », a-t-elle reconnu, évoquant la crainte d’un silence qui aurait fragilisé ce pari audacieux sur l’esprit d’initiative des femmes béninoises. Mais les candidatures reçues ont rapidement dissipé ses inquiétudes.

« Elles étaient nombreuses, diversifiées et surtout ambitieuses », s’est-elle réjouie, soulignant que cet engouement révèle l’existence d’un potentiel entrepreneurial réel chez les femmes. Selon elle, si certaines hésitent encore à se lancer, ce n’est pas par manque de compétence mais souvent par prudence face aux risques. D’où la nécessité d’un dispositif d’accompagnement structuré. Le programme « Idera » entend ainsi offrir un environnement propice pour rassurer, structurer les projets et faciliter leur accès au financement.

La cérémonie a également été marquée par le lancement officiel du réseau « Women at Cdc Bénin », présenté par sa présidente, Elvire Houédé Agbo, directrice de la cellule support au management. Selon elle, cette initiative répond à une conviction forte.

« Lorsque les femmes avancent, les organisations progressent et les économies se transforment». Le réseau vise à leur offrir un cadre d’échanges et de solidarité, de renforcement des compétences et de développement du leadership féminin. Plus qu’un simple cercle professionnel, « Women at Cdc Bénin » constitue un espace de mentorat et d’entraide où les femmes peuvent apprendre les unes des autres et se soutenir dans leurs parcours.

Débats sur la finance d’impact et l’entrepreneuriat féminin

La soirée a également été marquée par un panel de discussion réunissant plusieurs figures du secteur financier africain : Sibi Lawson, directrice générale adjointe de Agf West Africa, Yénita Bamba, directrice générale de Fin’Elles et Jocelyne Nguessan, directrice générale adjointe de Banque Atlantique Côte d’Ivoire. Les échanges ont porté sur les défis et opportunités liés à la finance à impact, notamment l’accès des femmes au financement, la bancarisation, ainsi que le rôle de l’entrepreneuriat féminin dans la transformation économique des pays africains.

Dans la même dynamique, une conversation stratégique sur l’entrepreneuriat féminin s’est tenue avec pour modératrice Maryse Lokossou. Placée sous le thème « Entrepreneuriat féminin : briser les plafonds de verre, bâtir des empires », cette discussion a exploré les leviers permettant aux entrepreneures africaines de franchir les barrières invisibles qui freinent leur ascension. Il a été notamment question de structuration des modèles économiques, passage à l’échelle, accès au marché et coopération féminine. « Si nous réussissons à lever les plafonds de verre, nous ne libérons pas seulement des femmes, nous libérons la croissance du Bénin », a souligné Maryse Lokossou.

Le programme « Idera » en phase opérationnelle

Le moment crucial de la soirée a été la présentation détaillée du programme « Idera », assurée par Areta Sacramento, cheffe de projet, et Christelle Gnidéhoué, chargée de la responsabilité sociétale de l’institution. L’appel à projets a suscité un intérêt notable. 137 candidatures ont été enregistrées. Après analyse, 44 projets ont été jugés éligibles, dont 12 ont été retenus pour constituer la première cohorte, considérée comme la plus mature. Les initiatives sélectionnées couvrent plusieurs secteurs clés de l’économie béninoise, dont l’agritech, l’aviculture, la transformation agroalimentaire, le palmier à huile, le karité, l’ananas, le manioc, le packaging ou encore le bois et l’ameublement. La soirée s’est achevée par le pitch de quelques projets emblématiques de cette première cohorte. Parmi eux, celui de Mabel Adékambi, qui développe une unité de transformation d’œufs coquilles en ovoproduits destinés au marché béninois et sous-régional, ou encore celui d’Estelle Ahobadé, promotrice d’une usine de production de jus d’ananas.

À travers cette initiative, la Caisse des dépôts et consignations du Bénin confirme son ambition de faire de la finance à impact un levier de transformation économique et sociale. En soutenant l’audace entrepreneuriale des femmes, l’institution entend contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeantes capables de porter la croissance et l’innovation au Bénin.