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Assemblée générale de la Cada à Cotonou: La coopération avicole africaine au cour des travaux

Economie

Organisée en marge de la première édition du Salon expo avicole du Bénin, l’Assemblée générale ordinaire de la Confédération des organisations africaines pour le développement de l’aviculture (Cada) a permis entre autres aux participants d’examiner les rapports moral et financier de l’organisation ainsi que sa situation financière et d’échanger sur les défis de la filière, vendredi 26 juin dernier, à Cotonou.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 29 juin 2026 à 06h56 Durée 3 min.
#coopération avicole africaine

En marge de la première édition du Salon expo avicole, le Bénin a abrité l’assemblée générale ordinaire de la Confédération des organisations africaines pour le développement de l’aviculture (Cada), une première dans la vie de l’organisation. Au cœur des échanges figuraient la sécurité alimentaire, l’autosuffisance en protéines animales, la coopération régionale ainsi que les difficultés auxquelles restent confrontés les producteurs. « L’aviculture s’impose aujourd’hui comme l’un des moteurs les plus dynamiques de l’agriculture africaine », a déclaré Dr Yao Akpo, directeur de l’Élevage, soulignant l’engagement des acteurs en faveur d’une agriculture africaine durable, moderne et intégrée. Au-delà de sa contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’aviculture constitue, selon lui, un puissant vecteur de création d’emplois et d’inclusion économique, notamment pour les jeunes et les femmes. Mais malgré les progrès enregistrés dans plusieurs pays, la souveraineté alimentaire reste un objectif à consolider. Le directeur de l’Élevage a rappelé plusieurs contraintes auxquelles sont confrontés les producteurs à savoir, la volatilité des prix des intrants, les maladies aviaires, les effets du changement climatique, les difficultés d’accès au financement ainsi que la concurrence des produits importés.

Pour lui, la réponse à ces défis doit être collective. Yao Akpo a plaidé pour un renforcement de la coopération régionale, une mutualisation des expériences et la mise en œuvre de politiques publiques adaptées aux réalités du secteur.

Youssef Alaoui, président de la Cada, a pour sa part félicité l’interprofession avicole du Bénin pour l’organisation du premier salon avicole national avec l’appui du ministère de l’Agriculture. A l’en croire, les pays africains partagent les mêmes difficultés et les mêmes ambitions. « Nous avons tous le souci de développer la sécurité et la souveraineté alimentaire dans nos pays », a-t-il déclaré. Le président de la confédération a indiqué que certains pays du continent ont déjà atteint l’autosuffisance dans la production avicole. L’objectif est désormais de partager les expériences afin de permettre à l’ensemble des pays africains d’accéder à une production suffisante de protéines avicoles. Youssef Alaoui formule le vœu de voir la production locale béninoise progressivement se substituer aux importations. Pour lui, le développement de la filière permettra d’offrir aux populations des produits de qualité à des prix accessibles. Les travaux ont également permis d’identifier plusieurs domaines de coopération entre les pays membres. Certains États disposent d’excédents dans la production d’œufs à couver, tandis que d’autres connaissent des besoins importants en poussins d’un jour. Les questions sanitaires ont également été au centre des discussions. Les participants ont échangé sur les pathologies aviaires et les moyens de renforcer la prévention et la surveillance sanitaire.

Dr El Hadji Mamadou Diouf, président de l’Interprofession de la filière avicole du Sénégal, a salué la décision de délocaliser pour la première fois l’assemblée générale de la Cada. Pour lui, cette rencontre permet aux acteurs africains de partager leurs difficultés et d’identifier ensemble des solutions adaptées au développement de l’aviculture sur le continent. Il a également estimé que « la filière avicole du Bénin est en train de prendre son envol ». Pour Léon Anago, président de l’Interprofession avicole du Bénin, l’accueil de cette assemblée générale constitue une reconnaissance pour le secteur avicole béninois.

Il a rappelé que la Cada regroupe près de vingt-cinq pays dont les niveaux de développement sont très différents. Des pays comme le Maroc ont déjà atteint l’autosuffisance aussi bien en œufs de consommation qu’en poulets de chair. Pour lui, les échanges entre professionnels permettront d’identifier les formes d’accompagnement dont le Bénin pourrait bénéficier afin d’accélérer le développement de sa propre filière.

Au terme de l’assemblée générale, les participants ont examiné le rapport moral, le rapport financier ainsi que la situation financière de la confédération. Mais au-delà des aspects statutaires, la rencontre de Cotonou aura surtout confirmé la volonté des acteurs africains de faire de l’aviculture un levier majeur de sécurité alimentaire, de création d’emplois et de souveraineté économique sur le continent.