La Nation Bénin...
Mercredi 7 janvier dernier, la direction nationale de la Bceao pour le Bénin a organisé par visioconférence la journée de diffusion des comptes extérieurs du pays au titre de l’année 2024. Les échanges ont mis en lumière une amélioration relative de la balance des paiements, portée notamment par la baisse des importations et la dynamique des transferts des migrants.
Tenue par visioconférence, la Journée de diffusion des comptes extérieurs du Bénin au titre de l’année 2024 a mobilisé environ 120 participants issus de l’administration publique, des organisations internationales, du secteur privé, des banques, des universités et centres de recherche, ainsi que les membres du Comité national de la balance des paiements.
Les travaux ont été ouverts par Emmanuel Assilamehoo, directeur national de la Bceao pour le Bénin, et Alban Bienvenu Bessan, représentant du ministre d’Etat chargé de l’Economie et des Finances. Modérés par Laurent Hounsa, directeur général de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD), les échanges ont porté sur l’analyse des résultats de la balance des paiements et de la position extérieure globale du Bénin à fin décembre 2024. Il en ressort que les échanges extérieurs du Bénin en 2024 se sont inscrits dans un contexte international marqué par la persistance des tensions géopolitiques et l’assouplissement des politiques monétaires des grandes banques centrales, notamment dans les économies avancées. Dans ce cadre, la croissance économique mondiale est restée stable à 3,3 % en 2024. Au terme de l’année 2024, le solde global de la balance des paiements du Bénin affiche un déficit de 245,7 milliards de F Cfa, en nette amélioration par rapport au déficit de 405,3 milliards de F Cfa enregistré en 2023. Cette évolution est principalement imputable à l’atténuation du déficit structurel du compte courant, ressorti à 806,5 milliards de F Cfa, contre 975,8 milliards un an plus tôt.
La réduction du déficit courant s’explique essentiellement par une baisse plus prononcée des importations de biens (-7,9%) que celle des exportations (-0,7%), dans un contexte de recul des prix internationaux. A cela s’ajoute une amélioration de l’excédent du revenu secondaire, en hausse de 18,9 milliards de F Cfa, sous l’effet de la progression des transferts de fonds des travailleurs migrants. Cette performance intervient malgré l’aggravation du déficit des services (+37,6 milliards) et du compte du revenu primaire (+17,6 milliards). En valeur, les exportations béninoises se sont établies à 2 439,6 milliards de F Cfa en 2024, contre 2 457,0 milliards en 2023, soit une baisse de 0,7 %. Ce repli est principalement porté par les exportations informelles (-64,1 milliards), partiellement compensées par la progression des exportations formelles (+46,7 milliards).
Les importations de biens ont, quant à elles, reculé de 7,9%, pour s’établir à 2 597,3 milliards de F Cfa, contre 2 820,3 milliards en 2023. Cette évolution résulte notamment de la diminution des achats de produits alimentaires (-10,2 %), de biens d’équipement (-17,6%) et de biens intermédiaires (-6,2%).
Poursuivre les efforts pour renforcer la résilience
Au niveau du compte financier, l’année 2024 a été marquée par des entrées nettes de ressources de 465,3 milliards de F Cfa. Celles-ci sont liées principalement aux flux d’investissements de portefeuille et aux tirages effectués auprès des partenaires techniques et financiers. La position extérieure globale du Bénin fait apparaître un passif financier net de 5 956,9 milliards de F Cfa à fin décembre 2024, contre 5 248,4 milliards un an plus tôt, soit une dégradation de 708,5 milliards de F Cfa. Les actifs financiers détenus par les résidents béninois sont majoritairement constitués d’investissements de portefeuille (51,5 %), de crédits commerciaux et avances (18,7%) et de prêts (12 %). Ils sont principalement localisés dans la zone Uemoa (63,8 %) et dans les pays hors zone euro (31,1 %). Les passifs financiers, quant à eux, sont dominés par les emprunts (43,8%), les investissements directs reçus (26,6 %) et les titres publics émis (23,1 %), contractés majoritairement auprès de non-résidents hors Uemoa et zone euro (62,3 %).
Face au déficit structurel persistant du compte courant, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur la poursuite par le gouvernement des réformes visant l’amélioration du climat des affaires, l’accélération de la diversification de l’économie à travers la transformation locale des produits agricoles et le développement du tourisme, le renforcement de la sécurité dans les zones frontalières, ainsi que l’intensification de l’appui aux Pme/Pmi. Le secteur privé est appelé à se conformer strictement aux règles de rapatriement des recettes d’exportation, tandis que la Bceao est invitée à renforcer les actions de contrôle, d’accompagnement et de sensibilisation, tout en poursuivant ses efforts en faveur de l’inclusion financière.
Emmanuel Assilamehoo, directeur national de la Bceao pour le Bénin