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Sciage de bois : l'utilisation de la tronçonneuse désormais interdite sur tout le territoire

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l'utilisation de la tronçonneuse désormais interdite sur tout le territoire l'utilisation de la tronçonneuse désormais interdite sur tout le territoire

C'est la fin programmée du sciage artisanal motorisé en pleine forêt et au bord des voies. Par la loi n° 2026-16 du 23 juillet 2026 portant Code des forêts et de la faune, le Bénin frappe d’une interdiction totale l’usage de la tronçonneuse pour transformer les troncs d'arbres abattus en madriers et chevrons. Visant à mettre un terme au gaspillage effréné de matière première et au pillage forestier, le texte verrouille à la fois la coupe sur le sol national et l'importation de bois transformé selon ce procédé.

Par   Roméo TOSSOU (Coll.), le 11 oct. 2026 à 09h57 Durée 3 min.
#Sciage de bois

Pratique très répandue dans les zones rurales et périurbaines pour alimenter rapidement les ateliers de menuiserie et les chantiers de construction, le débitage direct d'arbres à la tronçonneuse; dit « sciage de long artisanal »; constituait une plaie écologique majeure. En plus de massacrer les essences protégées dans l'opacité, cette méthode informelle génère d'immenses pertes de sciure et échappe à tout contrôle fiscal. Le législateur a donc choisi l'éradication pure et simple de cette filière parallèle.

Le principe ne souffre d’aucune dérogation. L’article 101 du code de la forêt et de la faune tranche en une seule phrase : « L’utilisation de la tronçonneuse aux fins de sciage du bois est interdite sur toute l’étendue du territoire national ». Désormais, seul l'abattage ou le billonnage autorisé subsiste, le sciage en planches devant impérativement passer par des scieries et unités mécanisées agréées.

Pour éviter que des flux frauduleux ne contournent l'interdiction via les pays voisins, l’article 131 élargit le verrou au cordon douanier : l’importation et la circulation de produits forestiers sciés à la tronçonneuse sont strictement interdites, quelle que soit leur provenance géographique.

La sanction est dissuasive. Tout bois transformé de manière irrégulière est saisi d'office avec le matériel qui a servi à son débitage (art. 269), tandis que l'exploitant s'expose à de lourdes amendes et à des peines d'emprisonnement prévues aux articles 275 et 292. Pour les artisans et bûcherons, le message est net : le bois béninois doit désormais être valorisé dans les règles de l'art industriel sous peine de confiscation immédiate.