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Projet de loi de finances 2027: La pertinence des choix du gouvernement

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Le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried  Léandre Houngbédji Le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji

Croissance d’au moins 8 %, endettement inférieur à 51 % du Pib et près de 46 % du budget consacré au social, le gouvernement justifie ses orientations budgétaires par la solidité de l’économie béninoise et la nécessité de poursuivre les investissements au profit des populations. Ce dimanche, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, est revenu sur les principaux ressorts du projet de budget 2027, notamment la mobilisation des ressources et la prise en compte des risques extérieurs.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 19 oct. 2026 à 06h33 Durée 3 min.
#projet de budget 2027

Pour comprendre les choix opérés dans le budget 2027, le gouvernement invite à regarder au-delà du montant global des ressources prévues. L’essentiel, dans l’argumentaire de Wilfried Léandre Houngbédji ce dimanche, tient à la capacité du Bénin à maintenir sa dynamique économique tout en finançant ses priorités sociales. « Nous réaffirmons la résilience de notre économie et sa robustesse », a déclaré le ministre porte-parole. L’exécutif table sur une croissance d’au moins 8 % et met en avant un niveau d’endettement inférieur à 51 % du produit intérieur brut (Pib). Le ministre a également insisté sur la maîtrise de l’inflation, qu’il situe autour de 1 %. Le projet de loi de finances retient cependant une prévision d’inflation de 2 % pour 2027. Ces indicateurs sont avancés pour illustrer la capacité du pays à poursuivre ses investissements sans compromettre les équilibres macroéconomiques.

Cette confiance ne signifie pas pour autant que les efforts doivent s’arrêter là. Le ministre reconnaît que le pays gagnerait à renforcer davantage sa croissance en mobilisant plus de ressources.

« C’est vrai que nous gagnerons à avoir un taux de croissance plus renforcé en mobilisant plus de ressources », a-t-il expliqué. Par cette déclaration, il laisse voir la préoccupation de disposer de moyens suffisants pour accélérer les investissements, soutenir les activités productives et élargir les possibilités d’emploi. La mobilisation des ressources constitue ainsi un levier important pour accompagner les ambitions économiques du pays. Mais cette stratégie doit également tenir compte des incertitudes internationales. Selon Wilfried Léandre Houngbédji, le projet de budget intègre les chocs exogènes, autrement dit les événements extérieurs susceptibles d’affecter l’activité économique, les prix ou les recettes publiques.

Forte dose de social

L’autre élément mis en avant par le porte-parole est la place réservée aux dépenses sociales. Sur les 4 757,029 milliards de F Cfa prévus dans le projet de budget 2027, 1 597,533 milliards sont consacrés aux dépenses à sensibilité sociale. « Le budget est à forte connotation sociale », a-t-il insisté, en citant notamment les cantines scolaires, les filets sociaux et l’assurance maladie. Cette enveloppe représente près de 46 % du budget, selon la présentation du gouvernement. Elle traduit la volonté affichée de maintenir des dispositifs qui soutiennent directement les ménages et facilitent l’accès à des services essentiels.

Dans les écoles, la poursuite de l’extension des cantines scolaires doit permettre à davantage d’enfants de bénéficier de repas. Dans le domaine de la santé, les mécanismes de protection sociale doivent contribuer à réduire les obstacles financiers à l’accès aux soins. Le programme Arch doit continuer son déploiement, tandis que le dispositif Gbéssoké prévoit un appui aux ménages en situation d’extrême pauvreté, notamment à travers des transferts monétaires destinés à soutenir leurs activités génératrices de revenus. À ces mesures s’ajoutent les investissements annoncés dans les infrastructures sanitaires et éducatives. La construction de cinq hôpitaux de zone est notamment prévue, parallèlement à la réhabilitation et à l’équipement d’autres établissements de santé. Les lycées et les universités figurent également parmi les bénéficiaires des investissements programmés.

Pour le gouvernement, la politique sociale ne peut cependant être dissociée de la capacité de l’économie à produire davantage de richesses. C’est pourquoi le projet de budget accorde aussi une place à la modernisation de l’agriculture, à la promotion industrielle, au tourisme et à la culture, à l’innovation technologique ainsi qu’au renforcement du capital humain. Ces secteurs sont considérés comme des leviers de création de valeur et d’emplois, notamment pour les jeunes. Les communes devraient également bénéficier de mécanismes destinés à renforcer leurs capacités d’investissement et à soutenir les projets de développement local.

Au fond, les explications de Wilfried Léandre Houngbédji mettent en lumière la logique défendue par l’exécutif. Consolider les performances économiques, mobiliser davantage de ressources et préserver une part importante des dépenses au profit des populations. La réussite de cette orientation se mesurera toutefois à ses effets concrets, qu’il s’agisse de l’accès aux soins, de la scolarisation, du soutien aux ménages vulnérables ou de la création d’emplois. C’est sur ce terrain que les choix budgétaires pourront véritablement être appréciés.