La Nation Bénin...
Lors de son investiture le 24 mai au Palais des Congrès de Cotonou, Romuald Wadagni, président de la République, a posé le principe que la croissance ne vaut que si elle change la vie des citoyens. Une phrase forte qui est centrée sur le quotidien des ménages. Moins de deux semaines après, les premières décisions du Conseil des ministres traduisent déjà cette ambition en actions concrètes dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de la protection sociale et de l’agriculture.
« Notre économie a progressé. C’est une réalité. Mais nous savons tous qu’une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations, lorsqu’un jeune trouve une opportunité dans son milieu de vie habituel... C’est dire que le développement du Bénin doit se vivre dans chaque composante de la Cité et dans chaque territoire de la République. » Cette déclaration du président de la République Romuald Wadagni sert désormais de grille de lecture aux premières décisions prises par l’exécutif. L’idée n’est pas seulement d’investir ou de réformer, mais de produire des effets perceptibles dans la vie de tous les jours. C’est dans cet esprit que les mesures sociales annoncées ont été structurées, en ciblant des secteurs où les besoins restent les plus sensibles.
Ainsi, dans le domaine de l’éducation, la décision de rendre entièrement gratuite la scolarité des filles dans l’enseignement secondaire général et technique public à partir de la rentrée 2026-2027 apparaît comme une mesure à fort impact social. Dans de nombreux foyers, la poursuite des études des filles est encore freinée par des contraintes économiques. En levant ce frein, la mesure vise à élargir les chances de réussite et à renforcer la place des filles dans le système éducatif.
Mais au-delà de la question de l’accès, c’est aussi la qualité du cadre de vie et d’apprentissage des apprenants qui est visée. Le gouvernement a mobilisé 20 milliards de FCfa pour permettre aux établissements publics dépourvus d’eau potable et d’électricité d’en être dotés. Dans certaines écoles, les conditions d’apprentissage restent marquées par des difficultés perceptibles, avec des salles de classe sans éclairage suffisant, l’absence d’eau pour l’hygiène, ou encore des difficultés à faire fonctionner les équipements pédagogiques modernes. Cette enveloppe vise à corriger progressivement ces insuffisances qui pèsent sur le quotidien des élèves et des enseignants.
Dans le même registre, les universités publiques font l’objet d’une attention particulière. Un comité a été mis en place pour examiner les conditions de relance et d’amélioration des œuvres sociales universitaires, notamment le transport, l’hébergement et la restauration des étudiants. Derrière cette décision, se pose une réalité connue : celle d’étudiants parfois confrontés à des trajets longs, à des difficultés de logement ou à une alimentation irrégulière. L’objectif affiché est de proposer des solutions applicables dès la rentrée académique 2026-2027, afin de rendre les campus plus accueillants.
Répondre aux situations urgentes
Le secteur de la santé occupe une place centrale dans les décisions prises. Une enveloppe d’un milliard de FCfa est destinée à renforcer la disponibilité des intrants nécessaires à la prise en charge des urgences vitales dans les hôpitaux publics. Cette mesure répond à la question de la rapidité d’intervention. Dans les situations critiques, chaque minute compte, et l’objectif est de permettre aux structures sanitaires de réagir sans délai, sans que des considérations administratives ou financières ne freinent la prise en charge.
Dans la même logique, 10 milliards de FCfa sont consacrés à l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans les centres de santé qui en sont encore dépourvus. Dans plusieurs localités, ces insuffisances constituent encore un obstacle au bon fonctionnement des structures sanitaires. EIles affectent aussi bien l’hygiène que la capacité des équipes médicales à travailler dans de bonnes conditions. L’investissement annoncé vise donc à améliorer simultanément la qualité des soins et les conditions de travail du personnel.
L’accélération du programme de supplémentation nutritionnelle des 1000 premiers jours vient compléter ce dispositif. Cette période, qui couvre les débuts de la vie de l’enfant, est considérée comme déterminante pour son développement futur. En renforçant les actions dans ce domaine, l’exécutif cherche à agir en amont, là où se jouent souvent les inégalités les plus durables.
Des revenus mieux sécurisés pour les producteurs
Dans le secteur agricole, les décisions prises traduisent une volonté de stabiliser et de renforcer les revenus des producteurs. Des subventions spécifiques sont prévues pour les filières coton, riz, soja et cajou dès la campagne 2026-2027. L’objectif est de soutenir les producteurs et sécuriser l’approvisionnement des unités de transformation locales.
Pour le coton, une prime de 10 FCfa par kilogramme sera accordée lorsque la production nationale dépassera 700 000 tonnes. Pour les filières cajou, soja et riz, une prime similaire sera versée dès que les capacités de transformation locales seront pleinement utilisées. Ces capacités sont fixées à 200 000 tonnes pour le cajou, 450 000 tonnes pour le soja et 350 000 tonnes pour le riz.
Ces mesures traduisent une volonté d’encourager la transformation locale et de mieux répartir la valeur créée. Elles s’inscrivent dans une vision où l’agriculture ne se limite pas à la production brute, mais s’intègre dans une chaîne économique plus large, génératrice de revenus et d’emplois.
Une réflexion stratégique sur la restructuration des filières concernées a également été engagée, afin de renforcer leur compétitivité et leur organisation. L’ambition affichée est de rendre ces secteurs plus performants, tout en améliorant durablement les conditions de vie des producteurs.
Le début de la concrétisation des promesses du président Romuald Wadagni