La Nation Bénin...
Placée sous le Haut Patronnage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 9? édition du Morocco Today Forum s’est tenue du 24 au 26 juillet à Errachidia autour du thème:”Le Maroc des territoires : pour une émergence intégrée et inclusive”. Le forum s’inscrit pleinement dans la vision royale impulsée lors du Discours du Trône 2025, à savoir “qu’Il n’y a de place, ni aujourd’hui, ni demain pour un Maroc avançant à deux vitesses”. Avec comme impératif clair d’oeuvrer pour un développement inclusif et une vie digne pour tous les Marocains.
Du diagnostic établi par Sa Majesté à l’action, le Groupe Le Matin a pris sa part, en mettant à contribution le Forum Morocco Today qui, depuis 2016, s’est imposé comme une plateforme de réflexion sur les grands chantiers du Royaume. Il s’est agi de mobiliser les forces vives pour corriger les gaps de développement notés dans les zones rurales qui souffrent encore de pauvreté et de manque d’infrastructures. Et mettre en relief la réponse de l’État grâce à une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré. L’objectif : placer les besoins exprimés localement au cœur des politiques publiques, et articuler ces nouveaux programmes avec la régionalisation avancée en cours de refonte. À travers cette 9? édition, le Groupe Le Matin réaffirme son ambition de contribuer à l’émergence d’un Maroc harmonieux et solidaire, qui avance avec tous ses territoires. D’où d’ailleurs le choix d’Errachidia.
L’ambition
Les travaux se sont déroulés en présence d’une pléiade de personnalités nationales et internationales. Au nombre des personnalités de premier plan, à l’ouverture, figurent Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Jelloul Samsseme, Wali, directeur général des Collectivités Territoriales, Abdellatif Maâzouz, vice-président de l’Association des Régions du Maroc et président du Conseil de la région Casablanca-Settat, Mohammed Haitami , Président-Directeur Général du Groupe Le Matin, Ilaria Carnevali, représentante résidente du Pnud au Maroc... La cérémonie d’ouverture a notamment été marquée par la projection d’une capsule vidéo mettant en avant les grands chantiers et projets de développement lancés dans les différentes régions du Royaume, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Pour le Groupe Le Matin, l’ambition dépasse l’organisation d’un événement. “La presse doit attirer l’attention sur les difficultés, faire entendre les différentes voix et participer à la recherche de solutions, sans céder ni au pessimisme ni à la complaisance”, éclaire Mohammed Haitami.
L’objectif est de contribuer à la réflexion nationale sur les conditions d’une émergence plus équilibrée, où le développement se mesure autant par la performance économique que par son impact concret sur la vie quotidienne des citoyens.Aussi, lors du forum, les débats se sont-ils articulés autour de trois panels pour un Maroc à une seule vitesse.
Think tank
Le premier panel a porté sur ”De l'architecture à l’impact: la régionalisation avancée à l’aune des nouvelles orientations royales”. Il s’agit de voir comment traduire la régionalisation en résultats concrets. Ce, à travers la gouvernance, le financement, le transfert de compétences, le suivi et évaluation. Avec l’État en position d’“architecte” accompagnant des régions aux prérogatives élargies. Le deuxième panel a statué sur “L’attractivité des territoires pour les citoyens et les entreprises : la formule pour un véritable changement”. Au-delà des infrastructures de base, il s’agit de créer des territoires capables d’attirer les populations et les investissements. L’idée force : l’État doit évoluer vers un rôle “d’architecte et d’accompagnateur”. Et la réussite d’un programme ne se mesurera plus seulement aux budgets engagés, mais à l’utilité, à l’accessibilité et à la durabilité des équipements pour les populations. L’attractivité et qualité de vie sont les deux faces d’une même pièce, dans cette dynamique. Cela passe par un cadre de vie de qualité, des services, un climat des affaires favorable et une vision valorisant les atouts de chaque région. En somme, comment faire des régions des espaces capables d’attirer, de créer de l’emploi et d’offrir une qualité de vie. L’investissement public reste indispensable, mais il ne suffit pas. Pour attirer le privé, il faut des vocations économiques claires, un cadre juridique stable, de la logistique, des compétences. Une entreprise qui s’implante doit trouver les profils dont elle a besoin. Ses collaborateurs doivent avoir des écoles, des services de santé, des logements, rappellent les experts. L’attractivité économique devient donc indissociable de la qualité de vie.
Quant au troisième panel portant sur “Le digital et l’IA au service de l’humain et de la gouvernance :pour une révolution du service public et de son pilotage”, ses animateurs ont traité des enjeux liés à la télémédecine, à l'e-administration, à l’enseignement à distance. L’IA peut, conviennent les experts, optimiser le pilotage des projets. À condition d’investir dans les compétences et une gouvernance inclusive pour éviter de nouvelles fractures. Le rôle central des territoires est ainsi consacré. Ils ne sont plus des espaces à “mettre à niveau” mais des leviers de création de valeur et d’innovation. Et il appert que le numérique et l’intelligence artificielle contribuent à réduire les distances et améliorer l’efficacité de l’action publique. Le numérique et l’intelligence artificielle peuvent contribuer à réduire les distances et à accélérer la transformation des territoires. L’enjeu est d’éviter une nouvelle fracture: celle entre les zones connectées et celles qui ne le sont pas. Pour cela, le déploiement doit être pensé avec les spécificités locales.
Invité spécial du Forum, l’économiste Tariq Akdim propose de changer de grille de lecture. Il ne faut plus seulement penser “attractivité”, mais “habitabilité”. Car, “Le territoire d’aujourd’hui n’est pas seulement un espace où se produisent des politiques publiques. C’est un espace du vécu, un espace où vivent les gens”, affirme-t-il. Pour lui, chaque territoire a sa trajectoire. On ne peut pas appliquer le même modèle à une métropole, à une province rurale ou à une zone de montagne en stress hydrique. Il plaide par conséquent pour une différenciation territoriale” et un minimum territorial garanti par l’État : eau, électricité, route, santé, même dans les villages les plus isolés.