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Paris : La juge Reine Alapini-Gansou appelle Donald Trump à reconsidérer la Cpi

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Reine Alapini-Gansou Reine Alapini-Gansou

Reine Alapini-Gansou, juge béninoise de la Cour pénale internationale (Cpi), recommande aux États-Unis d'adoucir le ton au sujet de la Cour. Elle a fait son plaidoyer devant l'Assemblée nationale française, évoquant des sanctions de Washington à son encontre et à l'encontre d'autres personnalités de l'institution judiciaire internationale.

Par   Fortuné SOSSA (Coll.), le 24 sept. 2026 à 18h03 Durée 4 min.
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A la tribune des Nations Unies mardi, le président Donald Trump a appelé tous les pays membres à se retirer de la Cour pénale internationale qu'il juge « hors de contrôle ». Le président américain est fâché contre la Cpi à cause de mandats d'arrêt qu'elle a lancés contre Benyamin Netanyahu, Premier ministre israélien, et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant. En dehors des États-Unis qui n'ont jamais adhéré à la Cour, l'institution judiciaire est également sous sanction de la Russie. Moscou a condamné des membres de la Cour, dont la juge béninoise, par contumace dans le cadre de poursuites engagées contre des responsables de la Cpi. Ils sont 13 membres à être sous sanctions de part et d'autre depuis 2025.

 

Face à ce désaveu, la juge internationale béninoise, 2e vice-présidente de la Cour, a saisi la tribune de l'Assemblée nationale française, mercredi 23 septembre, pour alerter sur les menaces qui planent sur cette institution judiciaire. « Voir son nom inscrit sur une liste de hors-la-loi, quand on a consacré sa vie au droit, devrait tout de même choquer », s'indigne Mme Reine Alapini-Gansou, analysant les conséquences de ces sanctions qui la visent depuis 2025. « On ne peut plus utiliser de carte de crédit, voyager [...] Il ne nous reste plus qu'à faire du troc puisque les sanctions interdisent à toute entreprise américaine de fournir des services aux sanctionnés. Depuis ces événements, je fais attention, j'ai peur pour ma personne et surtout pour ma famille ».

Expérience bâtie dans la persévérance

 

Avant son entrée à la Cpi le 11 mars 2018 pour un mandat de neuf ans, la juge Reine Alapini-Gansou a passé 12 ans à la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, qu'elle a présidée de 2009 à 2012. Elle a été, par ailleurs, membre de plusieurs commissions des Nations Unies chargées d'enquêter sur des violations des droits de l'homme. Elle a également présidé le groupe de travail conjoint sur les procédures spéciales des Nations unies et de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples.

 

La juge Reine Alapini-Gansou reste optimiste face aux diverses sanctions dont elle fait l'objet de la part de Washington et Moscou. « Ce qui nous arrive n'arrive qu'aux gens épris de justice », a-t-elle déclaré au cours de son intervention dans la ville parisienne. Pour finir, elle a invité chaque membre de la Cpi à « rester fidèle à son serment ».