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Lutte contre la malnutrition: La construction d'une usine de suppléments nutritionnels actée

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Un autre pas vers le renforcement du parc industriel Un autre pas vers le renforcement du parc industriel

Avec une capacité de 9 000 tonnes par an, la future usine de suppléments nutritionnels doit renforcer la lutte contre la malnutrition infantile au Bénin. Le projet mise aussi sur les productions agricoles locales pour garantir un approvisionnement durable et mieux maîtriser les coûts des interventions de l’État.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 14 oct. 2026 à 07h33 Durée 3 min.
#Lutte contre la malnutrition

Mieux nourrir les jeunes enfants tout en donnant davantage de valeur aux productions agricoles locales. C’est le double objectif poursuivi par le gouvernement avec la mise en place annoncée d’une unité industrielle de production de suppléments nutritionnels. Le Conseil des ministres a donné son accord pour la construction et l’exploitation de cette usine, qui devrait afficher une capacité de production de 9 000 tonnes par an. Le gouvernement entend ainsi renforcer la lutte contre la malnutrition chronique chez les enfants de moins de cinq ans et assurer la continuité des actions engagées en faveur des populations les plus vulnérables.

A travers cette initiative, il y a un enjeu de santé publique; celui de permettre aux enfants de bénéficier, dès les premières années de leur vie, des apports nutritionnels nécessaires à leur croissance. La période des 1 000 premiers jours, qui commence pendant la grossesse et se poursuit jusqu’aux deux ans de l’enfant, est particulièrement importante. Les carences alimentaires durant cette étape peuvent compromettre le développement physique et cognitif des tout-petits, avec des conséquences qui peuvent se prolonger bien au-delà de l’enfance. C’est pour mieux répondre à ces besoins que le gouvernement prévoit de renforcer les moyens de production des suppléments nutritionnels destinés aux femmes enceintes, aux mères allaitantes et aux jeunes enfants. L’usine annoncée doit ainsi accompagner la mise en œuvre du Projet de supplémentation nutritionnelle des 1 000 premiers jours. L’objectif est de disposer d’une capacité nationale de production permettant de soutenir les interventions prévues dans ce cadre et de mieux assurer leur continuité. Pour les pouvoirs publics, il ne s’agit donc pas seulement de construire une infrastructure industrielle, mais aussi de se doter d’un outil pour inscrire les actions contre la malnutrition dans la durée.

L’autre particularité du projet est la place accordée à l’agriculture locale. Pour faire fonctionner l’usine, le gouvernement prévoit des accords avec des producteurs agricoles chargés de contribuer à son approvisionnement. Ce choix doit permettre de rapprocher les besoins de l’industrie des productions disponibles sur le territoire national. Il pourrait aussi offrir aux agriculteurs de nouveaux débouchés et davantage de visibilité sur les marchés à approvisionner. Pour les producteurs concernés, la perspective de contrats avec une unité industrielle représente une possibilité de mieux écouler leurs récoltes, sous réserve des conditions qui seront retenues pour les achats et de leur capacité à répondre aux exigences de qualité et de volume. Pour l’usine, la disponibilité régulière des matières premières sera essentielle au maintien de la production. Cette organisation doit ainsi contribuer à structurer les chaînes de valeur agricoles locales, en reliant davantage les producteurs aux activités de transformation. Elle permettra également de valoriser les ressources nationales plutôt que de considérer la lutte contre la malnutrition comme une action dépendant uniquement de l’approvisionnement en produits finis. La réussite de cette orientation reposera toutefois sur une collaboration efficace entre les acteurs agricoles et industriels, ainsi que sur le respect des normes sanitaires applicables aux produits destinés aux jeunes enfants et aux femmes.

Réduction du coût

Au-delà de la production, le gouvernement vise un autre résultat : rendre ses interventions nutritionnelles plus soutenables financièrement. Le compte rendu du Conseil des ministres souligne en effet la nécessité de maîtriser les coûts et de garantir la durabilité des actions de l’État. Une production nationale organisée autour des ressources locales pourrait contribuer à cet objectif, même si les économies réellement obtenues dépendront des coûts de fabrication, de l’approvisionnement, du transport et de la distribution des suppléments. La capacité annoncée de 9 000 tonnes par an donne une idée de l’ampleur du dispositif envisagé. Reste à traduire cette ambition en résultats concrets pour les bénéficiaires. La disponibilité des produits devra s’accompagner d’une distribution efficace afin que les femmes enceintes, les mères allaitantes et les enfants concernés puissent effectivement en profiter. Après avoir donné son accord pour la construction et l’exploitation de l’unité, le Conseil des ministres a instruit les ministres concernés d’accomplir les diligences nécessaires à la réalisation du projet. Les prochaines étapes devront permettre d’en préciser les modalités de mise en œuvre. À terme, il s’agira de renforcer les moyens de prévention de la malnutrition chronique et faire de cette réponse sanitaire une opportunité pour l’agriculture béninoise. La portée du projet se jugera surtout à sa capacité à améliorer durablement l’accès aux suppléments nutritionnels et à soutenir la croissance des enfants dès les premiers mois de leur vie.