La Nation Bénin...
Une semaine après sa nomination en Conseil des ministres, Laurent Zomaï a officiellement pris le commandement des neuf communes du Zou ce mercredi 10 juin, lors d’une cérémonie solennelle à la préfecture d’Abomey. Sous l’égide du ministre de tutelle, Janvier Yahouèdèhou, le nouveau préfet a succédé à Daniel Valère Sètonnougbo avec l’ambition de faire du Zou un pôle d’attractivité et un modèle de développement régional.
La passation de charges, perçue comme une page neuve qui s’ouvre pour l’administration territoriale dans le Zou, a mobilisé, ce mercredi, en masse les autorités locales, les têtes couronnées, les forces vives ainsi que de nombreux proches des préfets sortant et entrant, venus du département hôte mais aussi du Mono et du Plateau. Au-delà de l’échange symbolique de paraphes entre Daniel Valère Sètonnougbo, le préfet sortant, et son successeur Laurent Zomaï, le moment fort de la cérémonie a été l’installation du nouveau préfet, prononcée par le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouèdèhou. À l’occasion, l’autorité ministérielle de tutelle a rappelé l’immensité de la tâche du préfet, caractérisée par de « fortes charges opérationnelles », dans le cadre de la mise en œuvre de la politique gouvernementale de territorialisation du développement.
Dynamique d’accélération
« Dépositaire de l’autorité de l’État dans le département, vous représentez chacun des ministres pris individuellement sur votre ressort territorial de compétence », a martelé le ministre Janvier Yahouèdèhou à l’endroit du récipiendaire. Le ministre l’a ainsi exhorté à s’inscrire dans une dynamique d’accélération : « Tout en consolidant les acquis, vous devez impulser les réformes prioritaires du gouvernement dans la perspective de donner corps aux pôles régionaux de développement ». Opérateur économique et membre fondateur du parti Bloc républicain, Laurent Zomaï aborde cette mission avec une conscience aiguë des responsabilités qui lui incombent. Après avoir exprimé sa gratitude envers le président de la République, Patrice Talon, pour la confiance placée en sa personne, il a rendu hommage à ses prédécesseurs, dont le travail accompli constitue à ses yeux « un socle important ».
Pour le nouveau préfet, le Zou, terre d’histoire et berceau du prestigieux royaume de Danxomè, transcende le simple cadre administratif. C’est un espace hautement stratégique pour la transformation économique et sociale du Bénin. Laurent Zomaï entend s’appuyer sur la vitalité de la jeunesse locale, la richesse culturelle et touristique unique de la région, ainsi que sur son immense potentiel agricole pour maximiser la contribution des neuf communes à la prospérité nationale.
Un agenda de taille
Afin de concrétiser cette vision, Laurent Zomaï a dévoilé un agenda ambitieux visant avant tout à renforcer l’attractivité du Zou. Il a exposé les grands chantiers sectoriels qui guideront son action : l’amélioration continue et la proximité des services sociaux de base, le développement des infrastructures économiques locales, la promotion de l’industrialisation territoriale et la transformation locale des produits agricoles, ainsi que la protection rigoureuse de l’environnement, la gestion durable des ressources naturelles, la préservation de la paix sociale et le renforcement de la cohésion communautaire. Pour mener à bien ces réformes, le préfet Zomaï prône un modèle de gouvernance territoriale participative. Rompant avec les méthodes verticales, il a promis de faire de « l’écoute permanente, du dialogue et de la proximité » sa méthode de travail avec l’ensemble des forces vives, afin de stimuler une action collective et unie. Rappelons qu’en ouverture de cette cérémonie, le préfet sortant, Daniel Valère Sètonnougbo, s’est plié au traditionnel exercice du bilan. Nommé à la tête du Zou le 28 avril 2025, une fonction qu’il cumulait avec ses charges de préfet du Plateau, il a exprimé sa reconnaissance à l’ancien chef de l’État, Patrice Talon, pour la « grande confiance » qu’il lui avait accordée. M. Sètonnougbo a également salué la collaboration franche et l’accompagnement des forces vives et des cadres administratifs du Zou, des appuis précieux qui lui ont « facilité sa mission d’administration territoriale ».