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Inclusion des jeunes: Le Prodij évalue cinq années d’action et d’impact

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Les autorités dressent le bilan du Projet d’inclusion des jeunes  après cinq années de mise en œuvre Les autorités dressent le bilan du Projet d’inclusion des jeunes après cinq années de mise en œuvre

Lancé en 2021 avec l’appui financier de la Banque mondiale, le Projet d’inclusion des jeunes (Prodij) a ciblé les jeunes peu ou pas instruits, en situation de sous-emploi ou d’inactivité. Cinq années après son lancement, les premiers résultats de l’évaluation de ses indicateurs ont été présentés et soumis, mardi 29 septembre à Cotonou, à l’appréciation du public et de la communauté universitaire.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 01 oct. 2026 à 11h34 Durée 4 min.
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Le rendez-vous de l’évaluation du Projet d’inclusion des jeunes (Prodij), mardi dans les locaux de l’Ecole nationale d’économie appliquée et de management (Eneam) n’était pas simplement destiné à dresser un bilan. Il s’agissait surtout de confronter les résultats obtenus au regard des chercheurs et des universitaires. Coordonnateur dudit projet, et directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe), Urbain Amègbédji a rappelé sa singularité. « Pour la première fois dans notre pays », a-t-il relevé, un programme de cette ampleur s’est intéressé à des personnes « qui n’ont jamais été à l’école ou qui ont au plus le niveau primaire », avec l’ambition de leur ouvrir une perspective d’insertion économique.

Le projet cible spécifiquement les jeunes de 15 à 30 ans, peu ou pas instruits, en situation de sous-emploi ou d’inactivité avec pour triple ambition de favoriser leur insertion dans l’emploi salarié ou l’auto-emploi, renforcer durablement les services publics de l’emploi et améliorer les dispositifs de formation technique et professionnelle. Déployé dans les douze départements, il a notamment mis l’accent sur les zones vulnérables. Une attention particulière a également été accordée aux femmes, avec un objectif d’au moins 50 % de bénéficiaires féminines. L’un des programmes phares, Azoli, a ainsi proposé aux jeunes différents parcours combinant formation en compétences de vie, stage en entreprise, accompagnement à l’entrepreneuriat, élaboration de plans d’affaires, subventions et appui à l’installation. Le volet consacré à la formation professionnelle a, pour sa part, porté sur des métiers identifiés comme porteurs, avec l’objectif de faciliter l’accès des jeunes à une qualification répondant aux besoins du marché.

Le défi d’une inclusion durable des jeunes socialement vulnérables

 

La présentation s’est ainsi articulée autour du contexte, de la méthodologie, des résultats quantitatifs et qualitatifs, avant d’aborder les enseignements, les recommandations et les perspectives de collaboration avec le monde universitaire. Pour mesurer les performances du projet, l’évaluation a été conduite autour des cinq critères du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques que sont pertinence, efficacité, efficience, impact et viabilité.

Selon les résultats présentés par le cabinet Centre de recherche et d’appui-conseils pour le développement (Crad-Sarl), le dispositif a notamment atteint une proportion élevée de jeunes correspondant à son public cible. L’objectif était qu’au moins

80 % des bénéficiaires soient, au moment de leur entrée dans le programme, en situation de sous-emploi ou sans activité. L’enquête révèle une proportion de 96 %. « La cible a donc été largement dépassée », a souligné le statisticien Cephas Akpa, lors de la présentation. L’évaluation a porté sur 716 bénéficiaires pour le volet quantitatif, avec un échantillonnage organisé par catégories de bénéficiaires et par sexe. Les enquêteurs ont travaillé avec un niveau de confiance de 95 % et une marge d’erreur de 5 %. Le volet qualitatif a, lui, permis de recueillir les perceptions de différents acteurs, notamment des jeunes, des stagiaires, des conseillers en emploi et des entreprises. La collecte a fait l’objet de plusieurs mécanismes de contrôle depuis la supervision des agents enquêteurs, la vérification des données, « back-checks » et les contrôles pour renforcer la fiabilité des résultats, ont laissé entendre les évaluateurs du projet.

Malgré les résultats encourageants enregistrés, l’exercice ne s’est pas voulu une simple cérémonie d’autosatisfaction pour les responsables du projet. Le choix de présenter les résultats à la communauté universitaire traduit une volonté de soumettre les acquis et les limites du programme à une expertise extérieure. «Peut-être avons-nous mal pris les éléments, peut-être avons-nous bien fait les choses. Nous avons pris le risque de nous soumettre à votre appréciation », a expliqué Urbain Amègbédji aux universitaires. Une posture saluée par les participants, mais qui appelle surtout à une implication plus précoce de l’université dans les projets publics. Le directeur de l’Eneam, professeur Albert N’Lédji Honlonkou, a ainsi plaidé pour que l’université soit davantage associée à l’avenir aux différentes étapes des projets, notamment dès leur conception. Selon lui, la présence des chercheurs en amont permettrait d’apporter plus tôt le regard scientifique, mais aussi de mieux documenter les résultats et les effets des interventions publiques.

Pour Moustapha Gibi Gaye, directeur du cabinet Crad-Sarl, l’évaluation ne constitue pas un aboutissement. Elle doit également ouvrir de nouvelles pistes. Au-delà des statistiques, le projet entend ainsi laisser une trace dans les parcours individuels. Dans plusieurs localités, des jeunes qui se trouvaient sans activité et sans perspective ont pu bénéficier d’un accompagnement leur permettant d’envisager autrement leur avenir et en ont témoigné à l’occasion. Le Prodij aura en tout cas, permis d’expérimenter une approche qui place au cœur de l’action publique des jeunes souvent éloignés de l’école, de la formation et de l’emploi. L’étape suivante sera de capitaliser les acquis, corriger les insuffisances relevées par l’évaluation et surtout inscrire les enseignements de cette expérience dans la conception des futures politiques d’inclusion économique