La Nation Bénin...
Longtemps attendue par les fonctionnaires concernés, la décision est désormais actée. En Conseil des ministres mercredi 1er juillet, le gouvernement a autorisé l’avancement au 12? échelon des agents de l’État remplissant les conditions d’ancienneté et de mérite. Une mesure qui concerne 1 110 agents en attente de régularisation et qui permettra également de réviser la situation de certains retraités.
Pour plus d’un millier de fonctionnaires béninois, la décision du Conseil des ministres du mercredi 1er juillet sonne comme la fin d’une longue attente. Le gouvernement a autorisé l’avancement au 12? échelon des agents de l’État remplissant les conditions requises. Derrière cette mesure technique se cache une réalité bien concrète qui est celle de 1 110 agents publics qui, au 31 décembre 2025, étaient toujours bloqués au 11? échelon alors qu’ils remplissaient déjà les conditions nécessaires pour accéder au niveau supérieur de leur carrière.
Dans l’administration publique, l’évolution de carrière ne représente pas seulement un changement de position sur une grille. Elle constitue souvent la reconnaissance de longues années de service, de sacrifices et d’engagement au service de l’État. Pour de nombreux fonctionnaires concernés, l’attente avait fini par susciter des interrogations. Certains approchaient de la retraite, d’autres avaient déjà quitté l’administration sans avoir bénéficié de la régularisation attendue. La décision gouvernementale vient donc corriger une situation qui dure depuis plusieurs années.
L’origine de cette situation remonte à la réforme de la Fonction publique engagée avec l’adoption du Statut général des agents de l’État. Cette réforme a profondément modifié l’architecture des carrières en faisant passer le nombre d’échelons de douze à quinze. L’objectif était de moderniser la gestion des ressources humaines, de rendre les parcours professionnels plus progressifs et de mieux valoriser l’expérience acquise au fil des années.
Cette transformation a également créé une période de transition. Sous le régime défunt, l’accès au 12? échelon relevait d’un avancement de grade accordé au mérite et au choix. Avec la nouvelle organisation des carrières, ce niveau est devenu un échelon à part entière, appelé à être atteint selon des critères plus objectifs liés à l’ancienneté et à l’évaluation professionnelle. Toutefois, la mise en œuvre complète de ce nouveau dispositif nécessitait l’adoption de textes complémentaires ainsi que des ajustements techniques dans les outils de gestion administrative.
Pendant ce temps, les dossiers s’accumulaient. Des centaines d’agents remplissaient les critères requis sans que leur promotion ne puisse être formellement actée. À la fin de l’année 2025, ils étaient exactement 1 110 dans cette situation. C’est cette situation que le gouvernement a choisi de corriger à travers la décision prise mercredi 1er Juillet.
Pour les bénéficiaires, l’impact sera immédiat. L’avancement au 12? échelon entraînera une amélioration de leur situation administrative et financière. Les agents concernés bénéficieront de l’incidence salariale correspondant à leur nouvelle position. Ils percevront également les rappels de salaire liés à cette régularisation. Pour beaucoup, cette mesure représente bien plus qu’un ajustement comptable: elle consacre la reconnaissance d’un droit attendu depuis plusieurs années.
Les retraités aussi !
Le Conseil des ministres ne s’est pas limité aux seuls agents encore en activité. Les fonctionnaires admis à la retraite et dont la carrière n’avait pas été entièrement mise à jour bénéficieront également d’une attention particulière. Leur situation administrative fera l’objet d’une reconstitution de carrière afin de permettre, lorsque cela est nécessaire, une révision de leur pension de vieillesse. Cette disposition vise à éviter que certains agents ne soient pénalisés après avoir consacré une grande partie de leur vie au service public.
Au-delà des cas individuels, cette décision s'inscrit dans la poursuite des réformes engagées dans la Fonction publique. Le gouvernement travaille depuis plusieurs années à la modernisation des procédures de gestion des ressources humaines, notamment à travers la digitalisation des carrières et l’intégration progressive des données administratives dans le Système intégré de gestion des ressources humaines et de la paie. La régularisation des agents concernés doit permettre de consolider ce dispositif et de faciliter l’application du mécanisme d’avancement automatique prévu par la réforme.
Pour les 1 110 fonctionnaires concernés, la décision du Conseil des ministres marque surtout l’aboutissement d’un processus longtemps attendu. Dans les bureaux, les écoles, les centres de santé, les services déconcentrés ou les administrations centrales où ils exercent, beaucoup voient dans cette mesure une reconnaissance légitime de leur parcours professionnel. Une reconnaissance qui, au-delà des chiffres, redonne du sens à la promesse d’une carrière publique fondée sur le mérite, l’ancienneté et le respect des droits des agents.
Une mesure sociale pour le bonheur d’un millier de travailleurs