La Nation Bénin...
Impossible d'évoquer le rôle des premières dames du Bénin sans citer le nom de feue Rosine Vieyra Soglo. Épouse du premier président de la République de l'ère du renouveau démocratique, Nicéphore Soglo, elle a brisé tous les codes de la "femme de l'ombre".
Juriste de formation, elle ne s'est pas contentée de peu. En fondant le parti la Renaissance du Bénin (Rb), elle est devenue une actrice politique de premier plan, siégeant à l'Assemblée nationale pendant plusieurs législatures. Elle a prouvé que la Première dame pouvait être un rempart politique pour le chef de l'État, quitte à susciter de vifs débats sur l'influence de la famille au sommet de la pyramide. Rosine Vieyra Soglo a su imposer son point de vue, en dirigeant la Renaissance du Bénin (Rb) avec conviction et en mettant sur pied la Fondation Vidolé qui apportait son assistance aux mères de triplés.
En 2001, le style change radicalement avec le retour au pouvoir de feu général Mathieu Kérékou. Son épouse, Marguerite Kérékou était plutôt une Première dame très effacée. Loin du militantisme apparent ou des sorties médiatisées, sa présence s’est devinée dans une dignité silencieuse et un engagement social muet. Marguerite Kérékou reste, dans la mémoire collective, le symbole d'un pouvoir mûri dans la sobriété, prouvant que la plus grande des influences peut parfois s'exercer sans bruit.
Puis, vint Chantal de Souza Yayi en 2006. Epouse du président Thomas Boni Yayi, elle a transformé sa fonction en un véritable levier d’action politique et sociale. Omniprésente sur le terrain, et très influente au sein du parti ‘’Front républicain pour une alternative citoyenne (Frap)’’, présidé par son frère, feu Marcel de Souza, elle avait bénéficié d'une équipe au sein de l'administration présidentielle, et a mené des actions relativement encadrées, ayant trait notamment au caritatif, à la santé et à l'éducation. Elle s’était imposée comme une actrice majeure des campagnes électorales, n'hésitant pas à monter au front pour défendre le régime de son époux. Son style hypermédiatisé aura durablement redéfini les contours de ‘’l'influence féminine’’ au Bénin. S'agissant de Claudine Talon, elle s'est imposée comme une Première dame de l'ombre et de l'action, privilégiant la discrétion politique au profit d'un engagement humanitaire concret et structuré, notamment en faveur de la santé des femmes et des enfants à travers sa fondation Claudine Talon.
Chacune de ces femmes hors du commun a épaté le peuple béninois et le monde à un moment donné en fonction des circonstances et des évènements.
Il faut souligner qu’avant 1990, le statut d'épouse de président de la République était marqué par un effacement total, en raison du protocole militaire de l’époque. Il faudra attendre le tournant historique de la Conférence nationale pour que la fonction de "Première dame" sorte de l'anonymat et s'affirme telle qu'on la perçoit aujourd'hui.