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FADeC VI : Investir davantage pour développer les communes

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Gouvernement et partenaires engagés pour le développement des communes Gouvernement et partenaires engagés pour le développement des communes

Le sixième acte du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC), lancé mardi dernier à cotonou, entend améliorer l’impact des investissements locaux. Le programme mise sur des infrastructures de qualité, un meilleur accompagnement des communes et le renforcement de la cohésion sociale, notamment dans les territoires du Nord.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 30 oct. 2026 à 01h18 Durée 2 min.
#FADeC

Une route praticable, une école mieux équipée, un centre de santé adapté aux besoins des habitants ou encore un meilleur accès aux services essentiels. C’est à travers ces réalisations concrètes que les populations jugent les effets des politiques de développement local. C’est aussi à cette exigence que veut répondre le sixième acte du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC), lancé mardi 27 octobre dernier à Cotonou. L’enjeu est de faire en sorte que les ressources mobilisées au profit des communes se traduisent par des améliorations visibles et durables dans le quotidien des habitants.

Organisé par le Fonds d’investissement communal (Fic), avec l’assistance technique du consortium Dorsch Impact – Label Conseils, l’atelier de lancement s’est étendu sur deux jours. Il doit permettre aux différents acteurs de prendre connaissance des orientations du FADeC VI, d’examiner les conditions de mise en œuvre du programme et d’identifier les mesures nécessaires pour atteindre les résultats attendus. Au-delà de la présentation d’un nouveau dispositif, l’enjeu des échanges est de mieux préparer les projets communaux, renforcer leur exécution et s’assurer qu’ils répondent effectivement aux besoins des populations.

Pour le directeur général du Fic, Réginal Koumagbèafidé, l’objectif général est de favoriser un accès équitable à des infrastructures de base adéquates et durables. Pour y parvenir, le programme s’appuie sur le mécanisme national de transfert de ressources aux communes à travers le FADeC, dans le respect des principes de bonne gouvernance. L’ambition est de donner aux collectivités locales les moyens de porter des investissements utiles, tout en veillant à une utilisation rigoureuse des ressources disponibles. La qualité des ouvrages, leur pertinence et leur capacité à répondre aux besoins des habitants constituent ainsi des enjeux majeurs.

Le programme concerne les 77 communes du Bénin et s’articule autour de deux composantes. La première porte sur les investissements financés à travers le FADeC non affecté. Ce mécanisme permet d’accompagner les collectivités dans la réalisation de leurs projets de développement. La seconde composante concerne la résilience, à travers le guichet Sahel du FADeC, qui cible 27 communes du Nord confrontées à la progression de l’extrémisme violent dans les zones proches des frontières.

Dans ces territoires, les besoins de développement se conjuguent avec la nécessité de préserver la cohésion sociale et de renforcer la résilience des communautés. Le programme entend donc soutenir des projets élaborés avec la participation des populations et susceptibles d’améliorer les conditions de vie. L’approche retenue accorde une place importante aux choix exprimés localement, afin que les investissements ne soient pas seulement réalisés dans les communes, mais qu’ils correspondent aussi aux priorités des habitants.

Mieux accompagner

La réussite de cette ambition dépend également de la capacité des administrations communales à concevoir et à conduire des projets de qualité. Une infrastructure utile suppose en amont des études solides, une bonne préparation technique, une planification cohérente et un suivi rigoureux. Des insuffisances à ces différents niveaux peuvent retarder les travaux, compliquer leur exécution ou réduire les bénéfices attendus pour les populations.

C’est pourquoi le renforcement de l’accompagnement des communes occupe une place importante dans le FADeC VI. Le gouvernement et les partenaires veulent améliorer la qualité des études et de l’ingénierie des projets, tout en mettant à la disposition des collectivités une assistance technique mieux adaptée à leurs besoins. L’objectif est de leur permettre de passer plus efficacement de l’identification d’un besoin à la réalisation d’un investissement répondant aux exigences de qualité et de durabilité.

Christiane Kuadjo, représentant le ministre chargé du Budget et de la Fonction publique, a insisté sur cette dimension. Selon elle, le programme doit soutenir le Fic dans l’amélioration de la qualité des études, de l’ingénierie des projets et de l’appui-conseil aux communes. Cette assistance est déterminante pour permettre aux collectivités de mieux préparer leurs investissements et d’en assurer une mise en œuvre satisfaisante.

La responsable a également rappelé l’ambition assignée au Fic, appelé à devenir « la banque des communes ». Cette orientation traduit la volonté de disposer d’un instrument capable d’accompagner davantage les collectivités territoriales, non seulement dans l’accès aux financements, mais aussi dans la structuration de leurs projets et la diversification de leurs sources de ressources. Pour les communes, l’enjeu est de pouvoir mobiliser les moyens nécessaires à leurs ambitions tout en renforçant la qualité de leur gestion.

Partenaires engagés

Le lancement du FADeC VI reste dans une dynamique de coopération autour de la décentralisation et du développement local. Les partenaires techniques et financiers veulent continuer à soutenir les efforts engagés par le Bénin pour renforcer les administrations communales et améliorer les services rendus aux populations.

Stéphanie Kürsten, directrice de la Coopération financière allemande à travers la KfW, a souligné la continuité de cet engagement. « Aujourd'hui, nous lançons une nouvelle phase, mais surtout nous réaffirmons une même ambition : celle de renforcer les administrations communales et de consolider la cohésion sociale », a-t-elle déclaré. Son intervention met en avant deux priorités complémentaires. Il s’agit de donner aux collectivités les moyens de mieux remplir leurs missions et préserver les liens sociaux, particulièrement dans les zones exposées à des fragilités.

Dans le même esprit, Rike Sohn, cheffe de Coopération à l’Ambassade d’Allemagne, s’exprimant au nom des partenaires, dont l’Union européenne et la Coopération suisse, a réaffirmé leur soutien au processus de décentralisation. Elle a également rappelé l’importance de l’ambition portée par le gouvernement béninois à travers la création du Fic, appelé à offrir de nouvelles perspectives aux communes.

Cet accompagnement repose sur une conviction partagée que le développement territorial ne peut produire des résultats durables sans des collectivités locales disposant de capacités suffisantes pour identifier les besoins, élaborer des projets pertinents et assurer une gestion efficace des ressources. Le renforcement des administrations communales constitue donc un levier essentiel pour rapprocher l’action publique des citoyens.

Pendant les deux jours de travaux, les participants sont appelés à examiner les conditions de mise en œuvre du programme et à proposer des mesures concrètes pour améliorer ses performances. Il s’agit notamment de tirer les enseignements de l’expérience acquise, de repérer les difficultés susceptibles de freiner l’exécution des projets et de définir des pistes d’action pour rendre les interventions plus efficaces.

Pour Christiane Kuadjo, les travaux doivent déboucher sur des engagements partagés et des mesures opérationnelles permettant d’accélérer la mise en œuvre du programme. Cette attente souligne la nécessité de dépasser les orientations générales pour aboutir à des décisions applicables par les différents acteurs concernés.

Au final, le FADeC VI sera surtout jugé à l’aune de ses réalisations. Pour les habitants, les effets attendus se mesureront à la disponibilité et à la qualité des infrastructures, à l’amélioration de l’accès aux services de base et à la capacité des projets à répondre aux préoccupations locales. Dans les communes du Nord, la contribution du programme à la résilience et à la cohésion sociale constituera également un indicateur important.

En donnant une place centrale à la qualité des investissements et à l’accompagnement des collectivités, cette nouvelle phase du FADeC entend renforcer le rôle des communes dans le développement du pays. Le défi reste désormais de transformer les financements, l’expertise et les engagements annoncés en réalisations utiles, durables et perceptibles dans la vie quotidienne des populations.