La Nation Bénin...
Les organes d’autorégulation des médias du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal et du Togo se réunissent du jeudi 29 au samedi 31 octobre à Cotonou. Cette rencontre vise à renforcer leur coopération, à harmoniser les pratiques éthiques et déontologiques et à réfléchir à une réponse commune aux défis qui fragilisent les médias dans la sous-région.
L’harmonisation des pratiques professionnelles et le renforcement de la coopération entre les instances d’autorégulation des médias sont au cœur de la rencontre des organes d'autorégulation des médias ouverte ce jeudi 29 octobre à Cotonou. Organisée à l’initiative de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem), elle rassemble des délégations de cinq pays autour des enjeux liés à la responsabilité journalistique dans un environnement médiatique en pleine mutation.
Pour le président de l’Odem, Thanguy Agoï, cette rencontre concrétise un projet porté depuis plusieurs années. Il y voit une occasion de rapprocher les procédures, les attitudes et les critères d’appréciation des pratiques journalistiques dans les différents pays de la sous-région. Selon lui, les défis auxquels sont confrontés les médias dépassent désormais les frontières nationales. L’intelligence artificielle, la désinformation, l’insécurité liée au terrorisme et les tensions géopolitiques constituent autant de facteurs qui influencent le travail des professionnels des médias. Face à ces réalités, il estime nécessaire de renforcer les échanges d’expériences afin que les journalistes puissent s’appuyer sur des principes éthiques et déontologiques communs, qu’ils exercent à Cotonou, Bamako, Dakar, Lomé ou Abidjan. Au-delà de l’harmonisation des pratiques, Thanguy Agoï souhaite voir émerger une dynamique collective permettant aux instances d’autorégulation de parler d’une même voix à l’échelle ouest-africaine. Il a également salué l’accompagnement de la Fondation Hirondelle, partenaire de cette initiative.
Le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), Hervé Prudence Hessou, a rappelé que la confiance du public constitue le fondement du métier de journaliste. Une confiance qui, selon lui, peut être rapidement compromise par un titre sensationnel, une information non vérifiée ou la diffusion précipitée d’une rumeur, particulièrement dans un contexte marqué par l’influence des réseaux sociaux. Pour lui, la déontologie ne représente pas une contrainte, mais un élément essentiel qui distingue le travail journalistique de la rumeur. Il a ainsi invité les participants à privilégier des échanges ouverts et à formuler des engagements concrets. Il a également plaidé pour la création d’instances d’autorégulation dans les pays qui en sont dépourvus et pour le renforcement de celles qui rencontrent des difficultés. La possibilité de créer une organisation sous-régionale ou de relancer une structure ayant existé depuis les années 2000 figure parmi les pistes évoquées. L’objectif est de permettre aux professionnels des médias de mieux faire face à la désinformation, à la précarité des rédactions et aux pressions exercées sur leur travail.
Représentant le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), le secrétaire général François Awoudo a, pour sa part, insisté sur la complémentarité entre la régulation et l’autorégulation. Il a souligné que les deux mécanismes ont besoin l’un de l’autre pour favoriser le respect des règles professionnelles et consolider la responsabilité des médias. Évoquant les transformations numériques, la démocratisation de la production de contenus et l’essor de l’intelligence artificielle, il a relevé la complexité croissante de l’environnement dans lequel travaillent les journalistes. Il a encouragé les participants à poursuivre leurs efforts afin de faire aboutir cette initiative de coopération régionale. Les travaux, prévus pour s’achever le 31 octobre, devront permettre aux délégations de partager leurs expériences et d’explorer des pistes d’action communes en faveur de médias plus responsables, plus libres et dignes de la confiance du public.
Cette rencontre vise à renforcer leur coopération, à harmoniser les pratiques éthiques et déontologiques