La Nation Bénin...
Dans le cadre de la tournée d’explication des actions et réformes du gouvernement, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a échangé, vendredi 11 septembre dernier, avec les populations de Djougou. A la Maison des jeunes de la ville où la rencontre a rassemblé élus locaux, têtes couronnées, leaders religieux, acteurs de la société civile et autres composantes de la population, l’éducation, la santé, l’agriculture, la protection sociale et l’amélioration des conditions de transport des étudiants ont été au cœur des échanges.
La rencontre du ministre porte-parole du gouvernement avec les populations de Djougou s’inscrit dans une démarche de proximité visant à mieux faire connaître les politiques publiques et à recueillir les préoccupations des citoyens. Pour les autorités, il s’agit de maintenir un dialogue direct avec les populations afin de leur permettre de mieux comprendre les réformes engagées et de faire remonter leurs attentes.
Idrissou Yaya, maire de Djougou, a salué cette initiative qui, selon lui, contribue à rapprocher davantage l’action publique des citoyens. « Cette démarche permet non seulement d’expliquer les décisions prises par le gouvernement, mais également de recueillir les préoccupations des populations afin d’apporter des réponses adaptées », a-t-il souligné.
Dans le département de la Donga, plusieurs actions sont déjà engagées dans des secteurs jugés prioritaires. Le maire a notamment évoqué l’accompagnement des producteurs agricoles, la modernisation des infrastructures marchandes, les initiatives d’autonomisation économique des femmes ainsi que les réformes en faveur de la jeunesse et des étudiants.
Maguidi Gbéré Kora, secrétaire général du département de la Donga, a insisté pour sa part, sur l’importance d’expliquer aux populations les transformations engagées dans le pays afin de favoriser leur compréhension et leur appropriation.
Les cantines scolaires au service de la scolarisation
À quelques jours de la rentrée scolaire, l’éducation a occupé une place importante dans les échanges. Wilfried Léandre Houngbédji a notamment annoncé que la Donga devrait atteindre une couverture de 100 % des écoles primaires publiques en cantines scolaires.
« Tous nos enfants qui sont inscrits à la maternelle ou à l’école primaire publique dans la Donga ont un repas chaud par jour », a-t-il expliqué, présentant cette mesure comme un soutien à la scolarisation des enfants et aux familles.
À l’échelle nationale, le dispositif devrait bénéficier à environ 1,9 million d’enfants à la rentrée, contre près de 1,4 million l’année précédente, selon les chiffres communiqués par le ministre. L’objectif est d’étendre progressivement la couverture des cantines scolaires afin de permettre à un nombre croissant d’enfants de bénéficier d’un repas quotidien à l’école.
Au-delà de la dimension éducative, le gouvernement considère cette politique comme un mécanisme de soutien aux ménages, notamment ceux qui rencontrent des difficultés à assurer quotidiennement l’alimentation de leurs enfants.
Autre mesure mise en avant, la gratuité de la scolarité des filles du primaire jusqu’au secondaire. Le ministre a invité les parents à saisir cette opportunité pour maintenir les filles à l’école et leur garantir les mêmes chances de réussite que les garçons.
La question du mariage précoce et du mariage forcé s’est également invitée dans les échanges. Wilfried Léandre Houngbédji a rappelé la nécessité de protéger les filles et de leur permettre de poursuivre leur scolarité plutôt que de les exposer à des unions précoces.
Il a invité les familles à respecter les dispositions légales en vigueur et à contribuer à la lutte contre le mariage des mineures. « Quand ils sont enfants, leur place, c’est à l’école », a-t-il martelé.
Pour le ministre, l’éducation des filles constitue un investissement à long terme, aussi bien pour les familles que pour la société. Une fille scolarisée dispose, selon lui, de davantage de possibilités de contribuer au développement de sa communauté et d’accéder, demain, à des responsabilités.
Prise en charge des urgences vitales
Sur le volet sanitaire, le ministre porte-parole du gouvernement a rappelé le mécanisme de prise en charge des urgences vitales, fondé sur le principe de soigner d’abord et payer ensuite.
L’objectif de cette mesure est d’éviter que l’absence immédiate de moyens financiers ne constitue un obstacle à la prise en charge d’une personne dont la vie est en danger. Elle concerne notamment les victimes d’accidents et les patients souffrant de pathologies graves nécessitant une intervention urgente.
Wilfried Léandre Houngbédji a insisté sur l’importance de la rapidité de la prise en charge. Dans certaines situations, le temps consacré à rechercher de l’argent ou à attendre l’arrivée des proches peut compromettre les chances de survie du patient.
À travers ce dispositif, l’État entend ainsi renforcer l’accès aux soins et réduire la crainte des dépenses qui peut conduire certaines personnes à retarder leur recours aux services de santé.
Davantage de soutien aux producteurs
L’agriculture a également occupé une place centrale dans les échanges. Wilfried Léandre Houngbédji a rappelé les mesures d’accompagnement mises en place au profit des producteurs, notamment la mise à disposition de machines agricoles à des conditions préférentielles.
Il a cité l’exemple des tracteurs dont le prix, selon les explications fournies, peut être réduit de moitié pour les agriculteurs, avec des possibilités de paiement échelonné.
Le gouvernement entend également stimuler la production à travers des mécanismes de primes liés aux volumes destinés à la transformation locale. Pour le coton, le ministre a évoqué une prime potentielle de 10 francs Cfa par kilogramme si la production nationale atteint 700 000 tonnes. Cette performance pourrait correspondre à une enveloppe de 7 milliards de francs Cfa à partager entre les producteurs concernés.
Un mécanisme similaire est envisagé pour d’autres filières. Pour le soja, par exemple, une production destinée aux unités de transformation locales pourrait donner lieu à un bonus de 10 francs Cfa par kilogramme. Pour 450 000 tonnes destinées aux usines locales, l’enveloppe annoncée s’élèverait à 4,5 milliards de francs Cfa.
Ces mesures visent à accroître la production agricole, à améliorer les revenus des producteurs et à garantir un approvisionnement plus important des industries locales en matières premières.
La protection sociale des producteurs agricoles figure également parmi les chantiers évoqués. Le gouvernement entend progressivement mettre en place un mécanisme permettant aux agriculteurs de bénéficier à la fois d’une assurance maladie et d’une protection pour leur retraite.
Une phase pilote doit être expérimentée avec des producteurs de maïs. Elle devrait concerner 2 000 producteurs sur une superficie de 3 000 hectares. L’expérience reposera notamment sur l’utilisation de semences hybrides, d’engrais et sur un accompagnement technique destiné à améliorer les rendements.
Le ministre a expliqué que cette phase pilote permettra d’évaluer les résultats avant une éventuelle extension à d’autres cultures et, à terme, à l’ensemble du pays.
L’ambition affichée est de faire de l’amélioration de la productivité agricole un levier permettant également de faciliter l’accès des producteurs à la couverture maladie et à une épargne destinée à leur retraite.
63 nouveaux bus pour le transport universitaire
Les conditions de transport des étudiants ont constitué un autre point fort de la rencontre. Wilfried Léandre Houngbédji a annoncé la mise en circulation prochaine de 63 bus neufs destinés au transport des étudiants des universités publiques.
Selon le ministre, ces véhicules seront répartis entre les différents centres universitaires et leur mise en service est annoncée à partir de cette rentrée.
À Djougou, la mesure devrait notamment profiter aux étudiants du centre universitaire d’agriculture rattaché à l’Université de Parakou. Le bus affecté à ce pôle pourra desservir les différents centres qui lui sont rattachés, notamment Djougou et Natitingou.
Pour le gouvernement, cette initiative doit contribuer à améliorer les conditions d’études et à réduire les difficultés liées au transport des étudiants.
Au-delà de la présentation des réformes, la rencontre de Djougou s’est voulue un véritable exercice de proximité. Wilfried Léandre Houngbédji a rappelé que l'objectif de ces tournées est d’expliquer les choix du gouvernement aux citoyens, mais aussi recueillir leurs préoccupations.
« Le président nous a particulièrement instruits depuis son investiture de maintenir le contact avec les populations pour leur expliquer nos choix, nos décisions, nos actions, mais aussi pour les écouter », a-t-il déclaré.
Les échanges ont ainsi permis de revenir sur plusieurs mesures touchant directement la vie quotidienne des populations, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de la protection sociale et du transport universitaire.
Les autorités locales ont, de leur côté, reconnu les efforts engagés, tout en rappelant les attentes persistantes des populations en matière d’infrastructures, d’emploi des jeunes, d’accompagnement du monde agricole et de développement économique local.
Pour El Hadj Abdel WahabDjassaman, leader d’opinion, la démarche du gouvernement est à saluer.
« Sincèrement, nous l’avons aimée. Nous avons la confirmation aujourd’hui que le gouvernement est pour le peuple. Non seulement le ministre a parlé aux populations, mais il a donné le temps à tous les intervenants d’exprimer leurs préoccupations auxquelles il a donné une réponse satisfaisante », a-t-il témoigné.
La rencontre de Djougou aura ainsi constitué à la fois une tribune d’explication des politiques publiques et un cadre d’écoute des attentes locales. Pour le gouvernement, l’enjeu reste désormais de traduire les mesures annoncées et les réformes engagées en améliorations durables des conditions de vie des populations.
Wilfried Léandre Houngbédji, ministre porte-parole du gouvernement