La Nation Bénin...
À Pouraparè, dans
la commune de N’Dali, des réalisations du Projet de Cohésion sociale des
régions Nord du Golfe de Guinée (Coso) améliorent l’accès à l’eau, facilitent
l’élevage et contribuent à la cohésion sociale au sein des communautés. Des
acquis qu’une délégation de la Banque mondiale est allée toucher du doigt dans
le cadre une mission de suivi du Plan d’action de l’allocation pour la
prévention et la résilience (PRA) dans le Borgou.
Après près d’une
heure de route, ce jeudi 5 mars, sur des pistes rurales rocailleuses,
traversant de vastes champs d’anacardiers, de sorgho et de karité, la
délégation de la Banque mondiale s’est rendue dans le village de Pouraparè,
dans la commune de N’Dali. Accueillis dans une chaleureuse ambiance par des
populations sorties nombreuses pour l’occasion, les membres de la délégation conduite
par Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division à la Banque mondiale en
charge du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Togo et de la Guinée, ont constaté,
surplace, un point d’eau multifonctionnel mis en service le 9 décembre 2025.
Réalisée pour un coût de 51 390 000 francs Cfa, cette infrastructure comprend
un château d’eau, deux abreuvoirs pour les grands ruminants, deux borne-fontaines
et une aire de lavage. Elle bénéficie directement à 488 ménages, soit 4 458
habitants, dont 2 219 femmes. Située au carrefour de trois couloirs de passage
du bétail, l’ouvrage permet à environ 56 troupeaux de venir s’abreuver chaque
jour, contribuant ainsi à améliorer les conditions de vie des populations et à
faciliter l’accès à l’eau pour les animaux. A cette occasion, Daouda Saka Méré,
maire de la commune de N’Dali, n’a pas caché sa satisfaction face à cette
réalisation du projet Coso. Il se dit fier de constater que les besoins
exprimés par les populations aient été pris en compte dans cette localité. « Nous
n’avions pas les moyens de réaliser une telle infrastructure au niveau de la
mairie mais grâce à l’accompagnement de la Banque mondiale à travers le
projet Coso, les difficultés des populations ont été largement atténuées »,
a-t-il indiqué.
Mesurer
l’impact concret du programme
Au nom des
populations bénéficiaires, Alice N’tcha, présidente de l’Association de
développement villageois de Pouraparè, a également exprimé sa reconnaissance. «
Nous souffrions du manque d’eau et nos animaux aussi. Aujourd’hui, grâce à ce
projet, nos conditions de vie se sont améliorées », a-t-elle confié après avoir
retracé les différentes étapes de la réalisation de cette infrastructure. Pour Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice
de division à la Banque mondiale en charge du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du
Togo et de la Guinée, cette visite a permis de mesurer l’impact concret du
programme sur les communautés. Elle a notamment salué l’approche participative
adoptée dans la mise en œuvre du projet et qui permet aux populations
d’identifier elles-mêmes leurs priorités de développement. « C’est un
changement de paradigme. Les communautés décident des infrastructures dont
elles ont réellement besoin. Nous sommes fiers de cette démarche qui renforce l’appropriation
des projets par les populations », a-t-elle indiqué. Elle se dit impressionnée
par le fait que tous les acteurs de la communauté soient unanimes sur la pérennisation
de l’approche, Développement conduit par les Communautés ( Dcc), qui consiste à
impliquer les communautés de base dans l’identification et la mise en œuvre des
actions de développement à la base. « Les jalons de la paix et de la
cohésion sont posés et je suis satisfaite en quittant ici », a-t-elle
conclu. Karine Bachongy, représentante résidente du groupe de la Banque mondiale,
a pour sa part insisté sur l’importance de constater les réalisations sur le
terrain. « On peut lire les rapports, mais venir sur place permet de voir les
résultats concrets et de comprendre l’impact réel sur les communautés »,
a-t-elle souligné. Elle a également salué l’engagement des populations qui
qualifient l’infrastructure de véritable « joyau ». Pour Adamou Mama Sambo,
haut-commissaire à la Sédentarisation des éleveurs, ce type d’infrastructure
joue également un rôle important dans la prévention des conflits liés à la
transhumance. « Tant qu’il y aura de l’eau, les éleveurs resteront sur place.
Cela limite les déplacements des troupeaux sur de longues distances et
contribue à réduire les tensions entre éleveurs et agriculteurs », a-t-il
expliqué. A l’en croire, au-delà de l’accès à l’eau, la réalisation de ce point
d’eau multifonctionnel illustre ainsi la dynamique de développement local
impulsée par le projet Coso. Une initiative qui participe à l’amélioration des
conditions de vie des populations rurales tout en consolidant les bases de la
cohésion sociale et de la paix dans les communautés du nord du Bénin.