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Café scientifique de la Cour suprême: L'évolution de la notion de conjoint au Bénin débattue

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Les échanges ont offert l’occasion d’un intéressant débat d'idées et de doctrines sur l’évolution de la notion de conjoint dans la jurisprudence de la Cour suprême du Bénin Les échanges ont offert l’occasion d’un intéressant débat d'idées et de doctrines sur l’évolution de la notion de conjoint dans la jurisprudence de la Cour suprême du Bénin

La notion de conjoint, selon la jurisprudence de la Cour suprême du Bénin était au cœur d'un Café scientifique co-organisé par la Cour suprême et l'Association béninoise du droit de la Famille (Abdf). Les échanges se sont déroulés, vendredi 8 mai dernier, au siège de la haute juridiction à Porto-Novo. 

Par   Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau, le 12 mai 2026 à 00h17 Durée 3 min.
#Cour suprême

Au Bénin, la notion de conjoint n’a pas résisté aux différentes mutations que connait le monde contemporain. Elle a évolué dans le temps, se révélant plus complexe avec les nouveaux modes de vie, l'évolution des mentalités, l'émergence de nouvelles formes d'union ainsi que les exigences de protection des droits fondamentaux. La question était au cœur d'un café scientifique co-organisé par la Cour suprême et l'Association béninoise du droit de la Famille sur le thème: « Evolution de la notion de conjoint dans la jurisprudence de la Cour suprême du Bénin». Les échanges ont mobilisé un aréopage d’acteurs dont de hauts magistrats, des juristes, des avocats, des auditeurs, des greffiers, des universitaires et autres praticiens du droit. Les travaux ont permis de clarifier les concepts juridiques autour de la notion de conjoint pour une unicité de leur interprétation surtout par le juge qui, dans ce contexte mouvant, se trouve investi de la lourde responsabilité d'interpréter la loi.  

Les travaux ont été ouverts par le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou. Les communications ont mis l'accent sur des points qui suscitent souvent des polémiques et interprétations diverses, parfois controversées. Les échanges ont offert l’occasion d’un intéressant débat d'idées et de doctrines, puis de propositions, voire de suggestions d'alignement sur certains modèles africains. Les questions relatives à la polygamie, à la succession, aux épouses et enfants légitimes, au mariage entre conjoints de même sexe et autres ont été abordées lors du débat intellectuel.  

Le président Victor Dassi Adossou mesure toute la gravité institutionnelle, juridique et sociale de la thématique. Selon lui, ce thème ne relève pas d'un simple intérêt académique mais constitue plutôt une démarche essentielle pour comprendre la manière dont le droit appréhende les réalités familiales contemporaines pour mesurer l'apport du juge dans la construction progressive de cette notion. «Le droit de la famille, plus que tout autre peut-être, requiert une approche pluridisciplinaire et une écoute attentive des évolutions sociales. Il ne saurait être figé, sous peine de se trouver en décalage avec les réalités qu’il prétend régir », a souligné Victor Dassi Adossou.

Le président de la Cour suprême n’a pas manqué de préciser que l’organisation de ce Café scientifique, comme les précédents, s’inscrit dans la droite ligne de sa vision, depuis son premier mandat quinquennal, de faire de la Cour suprême, une juridiction moderne, ouverte sur le monde et sur son environnement. Il se réjouit de la tenue de cette causerie qui est de nature à nourrir la réflexion jurisprudentielle et doctrinale sur la notion de conjoint, dans un esprit d’ouverture et de rigueur. Le président de la Cour suprême a salué la démarche de l’Association béninoise du droit de la Famille (Abdf) de co-organiser ce Café scientifique familial. Les membres de la haute juridiction ainsi que les universitaires et autres praticiens du droit ont été félicités aussi pour leur participation active et leurs riches contributions apportant une plus-value à la qualité des échanges, augurant d’une coopération féconde entre la Cour suprême et l'Abdf.